Le Syndicat Agricole 27 février 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Pommes de terre - Accord en vue sur l’autoproduction de plants

Lors du congrès de l’UNPT les 12 et 13 février, les producteurs ont procédé à un état des lieux des perspectives des différents segments du marché.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
« Un accord entre producteurs et obtenteurs est en passe d’être trouvé sur l’autoproduction de plants », a-t-on appris lors du Congrès de l’UNPT à Saint-Malo.
« Un accord entre producteurs et obtenteurs est en passe d’être trouvé sur l’autoproduction de plants », a-t-on appris lors du Congrès de l’UNPT à Saint-Malo. - © UNPT

Pour la première fois, le congrès de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) s’est tenu en Bretagne, à Saint-Malo, les 12 et 13 février. Un congrès qui s’est déroulé « malgré nos assurances, en l’absence du ministre ou de son représentant », a déploré le président Patrick Trillon. Pendant ces deux jours de travaux, les congressistes ont pu faire l’état des lieux de la production de pommes de terre sous ses diverses composantes : la fécule, la transformation, la primeur et la pomme de terre de conservation.


Alerte sur la fécule
Pour la production féculière, l’état d’alerte a été constaté. Représentant ce secteur au bureau de l’UNPT, Pascal Foy a souligné la forte baisse des surfaces et du nombre de producteurs : « Le secteur féculier est en situation relativement dangereuse : 27 000 ha en 2004, 17 000 ha aujourd’hui. Nous sommes au bord du seuil critique pour faire vivre l’outil industriel ». Malgré tout, la filière ne se démobilise pas et manifeste sa « volonté de prendre des parts de marché au niveau européen », constate Patrick Trillon. À condition que les pouvoirs publics soient en mesure de débloquer le minimum de soutien nécessaire. C’est chose faite pour 2014 avec 7 millions d’euros pour les producteurs sous contrats. Mais après ? « Il paraît que les perspectives de recouplage pour les années 2015-2020 ne sont pas du même ordre, s’inquiète Patrick Trillon. Or, il nous faut absolument enrayer la perte des surfaces féculières sur le court et le moyen terme. C’est vital pour toute la production de pommes de terre françaises et le maintien de l’équilibre de nos productions ». Ainsi, l’UNPT maintient sa demande de recouplage à hauteur de 7 millions d’euros. De son côté, le président de la section nationale primeur et régional de l’étape, André Mainguy a souligné le « rôle économique majeur de la primeur qui vient s’intercaler entre les deux campagnes de consommation ». Il a, par ailleurs, annoncé le renouvellement de la campagne radio « La pomme de terre primeur ? Il n’y a rien de meilleur ! » au printemps prochain.


Des emblavements en forte hausse pour la conservation
Un point a également été fait sur la campagne 2013-2014 de pommes de terre de conservation : les emblavements ont connu une hausse de 3,4 % pour un total de 117 150 ha. Trois régions connaissent une forte hausse : le Nord-Pas-de-Calais avec 2 130 ha supplémentaires (+ 5,2 %), la Champagne-Ardenne (+ 530 ha, + 5,4 %) et le Centre (+ 500 ha, + 4,8 %). La campagne de transformation semble également bien partie : « Les coefficients de transformation sont bons, voire très bons, constate François-Xavier Broutin de l’UNPT. Il faut moins de pommes de terre à l’entrée des usines pour un même volume de transformation ». Les calibres et la qualité sont, eux aussi, de bons niveaux. Enfin, les congressistes ont débattu du dossier de l’autoproduction de plants. Cette pratique est légale pour les variétés sous protection française « à condition de rémunérer les obtenteurs », a rappelé Patrick Trillon. Un accord entre producteurs et obtenteurs est en passe d’être trouvé. Il pourrait même être signé, ces jours-ci, dans le cadre de l’interprofession des semences, le Gnis.


Interprofession et représentativité
Élu en décembre dernier président du CNIPT, l’interprofession de la pomme de terre, Patrick Trillon a plaidé pour des systèmes « capables de conquérir des marchés et de conserver une part de la valeur ajoutée ». Il s’est montré inquiet face au projet de Bruxelles d’asseoir la représentativité des organisations dans les interprofessions sur le critère des deux tiers de la production. « Comment prouver que l’UNPT représente les deux tiers de la production ? », se demande un observateur juriste, à l’issue du congrès. « Le CNIPT ne connaît ni les volumes globaux, ni les volumes de chacun des adhérents des organisations représentatives », a poursuivi Patrick Trillon. La crainte de ce dernier est que les rouages des interprofessions se trouvent grippés par ce problème de représentativité des organisations professionnelles qui les composent et qu’au lieu de s’attaquer aux dossiers économiques, elles se déchirent sur des enjeux politiques.

Zoom sur... Les exportations des pommes de terre de conservation

En décembre 2013, 186 100 t de pommes de terre de conservation ont été exportées par la France, ce qui porte le total des sorties pour les cinq premiers mois de la campagne à 579 200 t contre quelque 600 000 t pour la moyenne des trois précédentes campagnes. Notre traditionnel premier client, l’Espagne, a pris du retard, avec 156 500 t, mais fait quand même mieux qu’en 2012/2013 (138 700 t). La bonne surprise vient de l’Italie qui, après cinq mois de campagne, se retrouve pratiquement au même niveau que l’Espagne, avec 156 400 t. L’an dernier, le débouché italien avait été largement capté par les exportations allemandes, alors que cette campagne, l’Allemagne se révèle comme un bon client pour la France, avec 30 800 t contre une moyenne de l’ordre de 20 000 t les campagnes antérieures.
Autre bonne surprise, celle des ventes aux pays de l’Est (y compris ceux membres de l’UE) qui reprennent une cadence très positive, avec 49 100 t, après avoir chuté à 9 700 t pour les cinq mois de la précédente campagne. La République tchèque, 20 800 t, et la Roumanie, 12 000 t, ont été nos principaux acheteurs pour cette zone, alors que la Russie est complètement absente. On pouvait craindre qu’avec le retour d’une récolte normale en Grande-Bretagne, les exportations françaises se trouvent fortement déséquilibrées, cette campagne, le débouché britannique retrouvant des proportions habituelles : 9 000 t contre 125 700 t au 31 décembre 2012. Mais la reprise des ventes vers des débouchés plus traditionnels a permis de pallier la réduction spectaculaire du débouché d’outre-Manche. En valeur, grâce au maintien de prix élevés depuis le début de la campagne, le chiffre d’affaires de l’exportation conserve un niveau confortable de 145 M€, mais la baisse des prix engagée depuis les derniers mois de l’année dernière risque de réduire ce bilan, sauf si l’augmentation espérée des volumes se concrétisait.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui