Le Syndicat Agricole 29 juillet 2016 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Plus de deux milliards de pertes estimées en France

Les dégâts causés sur les terres agricoles se chiffreraient à plus de 2 milliards d’euros. C’est ce qu’a annoncé le président de la FNSEA, Xavier Beulin, lors d’un déplacement dans l’Aube.

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« Dans les champs, on parle de récolte en blé oscillant entre 7 et 60 quintaux à l’hectare (au lieu des 74 quintaux en moyenne en 2015 pour le blé tendre) », indique Pierre Goujard.
« Dans les champs, on parle de récolte en blé oscillant entre 7 et 60 quintaux à l’hectare (au lieu des 74 quintaux en moyenne en 2015 pour le blé tendre) », indique Pierre Goujard. - © V. Marmuse, CAIA

En France, un nombre important d’exploitations impactées par les épisodes d’inondations, affichent un état des cultures très fortement dégradé. Blé, maïs, betterave, mais aussi colza, chanvre et autres espèces ont été directement touchés par l’eau stagnante. Après le gel au printemps et la grêle, la nature semble s’acharner sur le monde agricole. Venu rencontrer le lundi 25 juillet un couple d’exploitants au bord du gouffre dans le département de l’Aube, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, en appelle au rassemblement de toutes les parties prenantes. « Il faut montrer de la collégialité autour de ces sujets » a-t-il insisté. Un traitement exceptionnel de l’assurance doit, selon lui, être mis sur pied. En outre, Xavier Beulin a réitéré, lors du dernier Conseil supérieur d’orientation (CSO) tenu le 21 juillet dernier, sa demande d’exonération de la TFNB (taxe foncière sur non-bâti) pour tous les professionnels concernés.

Problèmes de quantité et de qualité
Les inondations ont causé des ravages aux conséquences encore difficiles à évaluer. Le président de la FNSEA annonce néanmoins une estimation chiffrée à plus de deux milliards d’euros de perte pour l’agriculture française, en considérant uniquement la partie « grain ». Les dommages dans les secteurs des légumes, des fruits et en horticulture viennent alourdir l’addition. « Il faut repenser le financement global de l’agriculture pour traiter cette campagne et les prochaines » conclut-il.
Tant en quantité qu’en qualité, les experts tablent sur des moissons 2016 désastreuses. Dans les champs, on parle de récolte en blé oscillant entre 7 et 60 quintaux à l’hectare (au lieu des 74 quintaux en moyenne en 2015 pour le blé tendre), indique Pierre Goujard, président des Jeunes agriculteurs (JA) de l’Aube. Le président du directoire du Groupe Soufflet, Jean-Michel Soufflet, annonce des récoltes globales divisées par deux voire trois. « En blé, l’année dernière, nous étions à 42 millions de tonnes (Mt), cette année, on estime une récolte entre 29 et 32 Mt », précise l’industriel. À cela s’ajoutent des problèmes de qualité.

« Zone d’expansion des crues » : qui est responsable ?
Lorsque l’on traite du sujet des inondations, très vite, le système assurantiel est questionné. Les « zones d’expansion des crues » sont des zones volontairement inondées sous l’action de l’Homme dans le but de préserver les zones habitables. Si le monde agricole dit comprendre parfaitement qu’il est préférable d’inonder des terres que des maisons, il pose la question de la responsabilité et des indemnisations en conséquence. « Ce n’est pas à l’agriculteur seul de financer ce qui est un service rendu », souligne Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA. Selon lui, il faudra faire attention à ne pas faire passer en perte de fonds – incluses dans le fonds des calamités agricoles – les « zones d’expansions des crues ». Le fonds de solidarité national devrait, d’après le représentant de la FNSEA, prendre en charge les indemnités à octroyer aux agriculteurs concernés. Pour l’heure, sur toute la France, une centaine de dossiers de pertes de fonds ont été transmis assure Julien Turenne, le représentant du ministre présent sur place. D’autres dossiers devraient être envoyés dans les prochaines semaines. Le lundi 26 juillet s’est tenu un comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA) exceptionnel pour examiner ces cas. Concernant les pertes de récolte, les experts attendent la fin de la moisson. Les premiers dossiers seront étudiés à partir du mois d’octobre (cf. article ci-dessus sur la procédure de reconnaissance du caractère de calamité agricole en cours dans la région).

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