Le Syndicat Agricole 24 janvier 2013 à 09h35 | Par Le Syndicat Agricole

OP AGRÉÉES - « L’enjeu de demain sera la gestion des collectes »

Gilles Durlin et Emmanuel Lepecquet reviennent sur la reconnaissance officielle de leurs groupements.

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Selon Gilles Durlin, Danone ne demande pas l’exclusivité
entre les producteurs et l’entreprise.
Selon Gilles Durlin, Danone ne demande pas l’exclusivité entre les producteurs et l’entreprise. - © S. Leitenberger

Huit mois après la publication officielle du décret OP le 20 avril 2012, les premières organisations de producteurs (OP) ont reçu des pouvoirs publics l’agrément officiel. Parmi les heureux élus, 2 groupements de la région : celui des producteurs livrant Danone Bailleul et celui des producteurs livrant Novandie Vieil Moutier.

« Une étape importante »
D’après Gilles Durlin, « l’agrément OP est une étape importante qui s’inscrit dans la démarche d’officialisation et de formalisation juridique du groupement, lancée 3 ans auparavant ». L’objectif était de mettre en place une structure reconnue par la laiterie comme un interlocuteur représentatif des producteurs. « On est dans la suite logique, nous disposions déjà de quasiment tous les éléments pour obtenir la reconnaissance officielle d’OP. À présent, nous avons toute légitimité pour discuter avec Danone », explique le président du groupement des producteurs livrant à Danone Bailleul.
Reste à finaliser la signature du contrat, notamment la convention de fonctionnement qui lie l’OP avec la société. « Nous avons encore 4 ou 5 points à revoir, dit-il. Cette convention permettra de rendre plus digeste l’application du contrat cadre, ainsi que d’intégrer certaines spécificités régionales. » Emmanuel Lepecquet partage ce sentiment d’avoir fait le job « pour protéger les éleveurs face à l’industriel ». Pour le président du groupement de producteurs livrant Vieil Moutier, la priorité est aussi de finaliser la signature du contrat avec Novandie, et « traiter la question des excédents de lait par un rapprochement avec les coopératives qui font soit du beurre, soit de la poudre. Et ce, afin de maintenir les équilibres de marché. »

Un prélude aux OP commerciales ?
Aussi, le mandat de facturation s’avère-t-il un élément crucial dans la négociation commerciale avec l’industriel. Cet outil a été donné aux OP par les producteurs qui le subdélègue à l’industriel. En contrepartie, le groupement obtient de l’industriel les informations relatives aux producteurs (volumes, prix, primes). « Nous avons l’autorisation de nos adhérents pour récupérer ces données, qui vont nous permettre de mieux les connaître ; de mieux apprécier d’éventuelles difficultés en matière de saisonnalité ou de qualité, et de leur apporter des réponses technico-économiques adaptées. » Et d’ajouter « Il n’est pas impossible qu’un jour nous fassions directement la facturation ». Pour Emmanuel Lepecquet : « il va falloir très vite la faire soi-même. Aujourd’hui, on met en place des outils. Intellectuellement, on raisonne encore en quotas ; on hésite un peu, on marche encore à tâtons. Demain, il va falloir aller plus loin avec des démarches plus audacieuses ».
L’étape suivante pourrait donc être une évolution des groupements en OP commerciales, capables « d’offrir des services supplémentaires à leurs adhérents » (facturation, optimisation de la saisonnalité, qualité). « Ce processus se fera avec l’accord des adhérents, en fonction de leurs attentes », précise Gilles Durlin.

« Poursuivre dans l’organisation de la production »
Du reste, « il faut poursuivre dans l’organisation de la production », affirme Emmanuel Lepecquet. Ce dernier semble convaincu qu’à terme, les industriels ne voudront plus se charger de la collecte du lait. « L’enjeu de demain pour les groupements sera la gestion des collectes », lance-t-il.
De son côté, Gilles Durlin indique que la direction de Danone ne demande pas l’exclusivité entre les producteurs et l’entreprise. « Cela nous a été confirmé, confie-t-il. Si demain, des éleveurs du groupement souhaitaient livrer une partie de leur lait à d’autres transformateurs de la région, ils le pourront. C’est l’objet du groupement de chercher la meilleure valorisation du lait là où elle se trouve. En sachant que dans un premier temps, son rôle sera de sécuriser l’approvisionnement de l’usine de Bailleul et de garantir le revenu de ses adhérents. » Dans cette optique, le groupement doit être en capacité de répondre aux opportunités de marché qui se présenteront après 2015. Selon lui, « C’est ce qu’attendent de nous les producteurs ».

MDS

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