Fertilisation azotée du colza
Avec une moisson qui s’est prolongée et une première semaine de septembre pluvieuse, de nombreuses parcelles de colza ont été semées tardivement. Ces implantations perturbées, des conditions automnales plutôt froides et un début d’hiver rigoureux n’ont pas permis un développement important sur la plupart des parcelles de colza. Cela doit inciter à estimer au mieux l’azote absorbé par les plantes à la sortie de l’hiver pour adapter la fertilisation azotée aux conditions spécifiques de 2009.
Gérer la fertilisation du colza, c’est estimer l’azote absorbé à l’automne
Pour déterminer avec précision la dose d’azote à apporter, l’utilisation de la méthode des bilans est incontournable. Pour le colza, il est important d’estimer l’azote absorbé courant de l’automne à partir du développement des plantes. Pour ce faire, la réalisation de pesées de matière verte du colza est une nécessité. Il faut couper au niveau du collet chaque plante de colza se trouvant dans un cadre de 1 mètre carré, peser les feuilles et les cœurs des plantes, et renouveler la pesée plusieurs fois pour avoir une valeur moyenne.
Pour des colzas fortement développés, il est préférable de réaliser une pesée à l’entrée et à la sortie de l’hiver afin de pouvoir estimer les pertes de feuilles dues au gel. Ceci permet de ne pas sous-estimer la quantité d’azote absorbé et stocké au niveau du pivot. Cette année, avec une fin décembre et un début janvier particulièrement froid, les parcelles fortement développées vont présenter des pertes de feuilles importantes. Il faudra en tenir compte si vous n’avez pas réalisé de pesées à l’entrée de l’hiver.
Cependant, les parcelles sont en général peu développées et une grande majorité présente des biomasses inférieures à 1 kg/m2. Seules les parcelles semées à la fin du mois d’août peuvent présenter des biomasses plus importantes.
Doses préconisées en fonction des pesées
Dans le cas d’une pesée unique en sortie d’hiver avec une perte importante de feuilles, les doses préconisées peuvent être revues à la baisse de 10 à 20 unités d’azote.
Ne pas oublier de fractionner l’azote
Pour des besoins de plus de 170 u. d’azote au total, il sera préférable de fractionner en 3 apports, avec un premier apport de 50 unités réalisé de façon assez précoce, en attendant cependant le début du redémarrage des colzas et des conditions permettant l’assimilation de cet apport (dès la mi-février). Le deuxième apport
se fera en début de montaison (80 à 100 u.) et le troisième en fin de montaison (30 à 80 u.).
Pour les parcelles à moins de 170 u. d’azote au total, c’est-à-dire de gros colzas, le fractionnement peut alors se faire en 2 apports : le premier se faisant fin février/début mars au début de la montaison (60 à 100 u.), et le second en fin de montaison pour solder l’apport (40 à 80 u.).
Nathalie LANDE, Cetiom
Mathieu DULOT, Chambre d’agriculture 62
Améliorer le bilan du biodiesel
Le biodiesel restitue 3,7 fois plus d’énergie que ce qui est utilisé pour produire du colza. Ce bilan s’est amélioré depuis 5 ans, mais l’objectif affiché désormais par la filière oléagineuse, à travers une démarche de progrès, est d’atteindre un bilan de 5.
Pour l’étape agricole, cette amélioration passe bien sûr par le rendement, mais aussi par l’optimisation de la fertilisation azotée. Le coût énergétique de l’engrais azoté représente à lui seul 60 à
70 % de l’énergie consommée
pour la partie culture.
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