Le Syndicat Agricole 18 septembre 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

« Nous aimerions développer les partenariats avec les agriculteurs »

À l’occasion de l’ouverture de la chasse, le 20 septembre, nous avons rencontré les Jeunes chasseurs du Nord.

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Maxence Bossaert, secrétaire général des Jeunes chasseurs du Nord.
Maxence Bossaert, secrétaire général des Jeunes chasseurs du Nord. - © DR

L’association des Jeunes chasseurs du Nord a été créée en 2006. Ces deux dernières années, elle a gagné pas moins de 200 adhérents, entrant dans une nouvelle dynamique après plusieurs années de ralentissement. Son secrétaire général Maxence Bossaert répond à nos questions à l’occasion de l’ouverture de la chasse, prévue ce dimanche 20 septembre. Le jeune homme, qui a intégré le monde agricole dès son plus jeune âge et projette de s’installer, souhaite promouvoir une chasse éthique et respectueuse.

Pouvez-vous nous résumer les objectifs de l’association ?
Notre rôle est de faire découvrir de nouveaux modes de chasse aux jeunes et de défendre les intérêts des jeunes chasseurs, notamment en faisant baisser le prix du permis. Il s’élevait auparavant à 150 € environ ; lors de la dernière assemblée générale de la Fédération, nous sommes parvenus à obtenir un permis à moins de 100 €. Nous proposons aussi beaucoup de formations ; nous incitons notamment nos adhérents à participer au brevet grand gibier. Nous menons des actions en faveur de la biodiversité et jouons un rôle dans la gestion du territoire : nous nous tenons par exemple à disposition pour faires des comptages. Enfin, nous communiquons envers le grand public pour défendre notre passion.

Il y a encore quelques années, l’association ne comptait que 5 à 6 adhérents. Comment avez-vous procédé pour la relancer et qui sont principalement vos adhérents ?
En moins de deux ans, l’association a gagné 200 adhérents. Nous sommes repartis de zéro et avons réussi grâce à un changement d’équipe, de la motivation et beaucoup de communication, notamment à travers les réseaux sociaux.
Nos adhérents sont des jeunes chasseurs de 15 à 35 ans. Aujourd’hui ils sont nombreux à ne pas être originaires du milieu de la chasse. Mais ce qu’il faut avant tout, ce sont des gens qui ont l’envie, l’éthique. Je constate aussi que le monde agricole est de moins en moins chasseur ; il y a très peu d’adhérents qui sont des fils d’agriculteurs. Se sont beaucoup de « néo-ruraux ». En Allemagne et aux États-Unis ce phénomène est encore plus frappant, il y a un rapport à la nature qui a changé. Enfin, il y a moins d’une dizaine de femmes.
En France, il y a 1,2 à 1,3 millions de chasseurs. Nous en avons perdu beaucoup ces 50 dernières années et il est important de ne pas passer en dessous de 1 million. Il est donc encourageant de voir que le nombre de passages de permis augmente à nouveau, notamment dans les trois plus gros départements de chasse, la Gironde, le Pas-de-Calais et le Nord. Il y a un véritable potentiel.

Quelles seront les particularités de cette nouvelle saison de chasse ?
Il y a eu beaucoup de changements dernièrement. Les principaux concernent le gibier d’eau et le lièvre : le prélèvement maximal autorisé (PMA) par hutte est passé de 25 oiseaux à partir d’octobre à 30 dès l’ouverture du gibier d’eau, le 22 août (sauf pour le colvert). Autre exemple, les GoPro, que les chasseurs utilisent de plus en plus : elles sont désormais interdites sur l’arme pour des raisons de sécurité mais peuvent quand même être utilisées, sur une casquette par exemple.

Quelles sont les différentes actions prévues par l’association ?
Environ 700 journées de chasses sont prévues. Comme l’année dernière, nous allons organiser des formations, des rencontres. Le 7 novembre nous allons reconduire notre échange à la hutte : en 2014 l’action s’était déroulée avec les départements du Maine-et-Loire, du Loir-et-Cher et du Loiret. Cette année, nous allons faire découvrir de nouveaux modes de chasse à des jeunes des départements de l’Aube et des Vosges. Une dizaine de jeunes vont venir et en contrepartie, nos adhérents vont découvrir le grand gibier. Le 1er novembre nous serons par exemple dans les Vosges. Fin février, nous organisons trois journées à Mormal en partenariat avec la Fédération des chasseurs, comme l’année dernière. Au programme : formation pratique, sécurité en battue, et le dernier jour, la battue. Beaucoup de journées aux lapins sont également prévues ; environ 250 participations sont possibles. Nous prévoyons aussi une journée de chasse commerciale (chasse de lâchés). Comme en 2014 également, nous irons trois jours à Belval, dans les Ardennes, au sein de la Fondation François Sommer. 15 jeunes participeront à cette formation théorique, accompagnée de soirées d’observations. Et encore plein d’autres journées… Nous arrivons à pratiquer tous les modes de chasse ; gibier d’eau, petit gibier, nuisible, etc.

Quelles sont les actions que vous prévoyez de mener auprès du grand public ?
Ce mois-ci, nous avons été présents dans les Décathlon de la région (et encore ce week-end) pour rencontrer le public à l’occasion de journées spéciales chasse. Le 18 octobre aura lieu l’opération nationale « Un dimanche à la chasse » ; nous incitons nos adhérents à participer, à accueillir le grand public. Enfin, nous participerons, pour la 3e année consécutive, au Salon de la chasse qui se tiendra à Lille, en mai.

Dans nos colonnes, nous évoquons régulièrement le partenariat nécessaire entre agriculteurs et chasseurs. Qu’en est-il sur le terrain ?
Nous aimerions avoir un partenariat plus fort avec les agriculteurs. Concernant le gibier en particulier il y a un point d’entente à trouver ; nous rappelons que nous sommes à leur disposition. De nombreuses solutions existent comme les barres d’effarouchement ou encore le respect des périodes de non-broyage. Nous souhaiterions aussi développer la régulation des corvidés. Des agriculteurs nous font déjà confiance : ils nous appellent et nous envoyons, gratuitement, deux ou trois jeunes sur l’exploitation. Différents partenariats peuvent être mis en place.

Propos recueillis par Laura Béheulière

Vous êtes agriculteur, jeune chasseur ou gestionnaire de territoire… Pour plus d’informations sur les Jeunes chasseurs du Nord, n’hésitez pas
à les contacter : ajc59@gmail.com.

Zoom sur... Qui sont les jeunes et nouveaux chasseurs de France ?

L’Association nationale des Jeunes chasseurs a réalisé en 2014 une enquête auprès de jeunes et de nouveaux jeunes chasseurs afin de mieux les connaître. La répartition des répondeurs était de 1 femme pour 9 hommes, avec 68 % de moins de 26 ans et 4 % âgés de plus de 35 ans. Concernant la répartition géographique, tous les départements ont été représentés hormis le Cantal.
Plus d’un tiers (35 %) sont encore étudiants et la moitié (49 %) sont salariés, avec 90 % gagnant moins de 2 500 € par mois (la moitié moins de 1 250 €/ mois).
L’âge de l’obtention du permis de chasser est équivalent pour chaque tranche d’âge proposée (15, 16 et plus de 16 ans).
67 % vont à la chasse plus d’une fois par semaine en moyenne, contre 13 % moins d’une fois par semaine. Budget chasse : 65 % mettent moins de 1 000 € tout compris pour leur saison. Pour cela, une grande majorité s’autofinance (75 %), le reste utilise leurs économies ou reçoit une aide des parents.
La moitié des répondeurs chasse sur des sociétés communales ou ACCA contre 1/3 dans des chasses privées. Concernant le type de chasse pratiquée, la battue arrive en tête devant la chasse devant soi et concerne avec 42 % le grand gibier contre 39 % le petit gibier.

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