Le Syndicat Agricole 06 février 2017 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Mutualiser les tracteurs pour réduire les charges

Le tracteur en Cuma serait une des solutions pour réduire les charges de mécanisation et accéder à de nouvelles technologies. Précision avec la FRCuma des Hauts-de France.

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Sur une exploitation, le coût horaire d’un tracteur de moins de deux ans est de 22 € en moyenne. © J.C. Gutner Rencontre hivernale de la FRCuma à Le Parcq, le 24 janvier. © DR

La mécanisation représente environ 30 % des charges totales d’une exploitation. Et parmi les différents postes, c’est la traction qui coûte le plus cher (50 €/ha), soit environ la moitié des charges de mécanisation. C’est ce que rappelait Christophe Guille, ingénieur conseil, lors de la première des six rencontres hivernales organisées par la FRCuma Hauts-de-France à Le Parcq, dans le Pas-de-Calais (voir les deux dernières dates en encadré). Daniel Desruelles, directeur de la FRCuma, va plus loin : « 50 % du matériel dans les exploitations des Hauts-de-France est superflu. Il va falloir maîtriser les charges de mécanisation tout en continuant à se moderniser. » Un véritable challenge.
Dans la région, on dénombre 407 tracteurs de Cuma, soit en moyenne deux tracteurs par Cuma. « La moitié des Cuma n’a pas de tracteur et certaines en ont jusqu’à 16 », précise Christophe Guille. La puissance moyenne de ces tracteurs est de 157 CV (de 70 à 400 CV) et ils sont âgés de 4,7 ans en moyenne. Le prix moyen s’élève à 70 000 €. « Pour un tracteur de moins de deux ans, le coût moyen est de 22 € par heure, hors gasoil et hors chauffeur », souligne le conseiller.

Accéder aux nouvelles technologies
Le parc de tracteurs en Cuma représente moins d’1 % du parc total dans la région. « Or, la partie mécanisation est la plus grosse charge, insiste Chistophe Guille. En Cuma, vous pouvez agir pour réduire ces charges. » En un mot, mutualisez les tracteurs pour réduire les charges. « Mutualisation, location, Cuma… il y a différentes possibilités, souligne-t-il. Bien sûr, il y a un aspect affectif et beaucoup d’agriculteurs ne s’imaginent pas sans leur propre tracteur. Il y a aussi le besoin de se sécuriser en ayant toujours son matériel à disposition. Mais tout cela a un coût, ce n’est pas un raisonnement technico-­économique. On doit s’adapter aux contraintes. »
Au-delà d’une baisse des charges de mécanisation, mutualiser un tracteur permet d’accéder plus facilement à l’innovation, aux nouvelles technologies. « Cela peut être un moyen d’accéder à de grosses puissances pour un coup minimum, ou de renouveler plus facilement son matériel. Avoir plusieurs tracteurs en Cuma permet aussi de revendre des tracteurs vieillissants sur les exploitations, poursuit Christophe Guille. Attention cependant, un seul tracteur en Cuma entraîne parfois des difficultés d’organisation. Il faut raisonner avec l’ensemble des adhérents de la Cuma. »
Cela nécessite bien sûr de s’entendre avec les autres personnes qui utilisent le tracteur, et de s’organiser davantage. « Les groupes qui ont un tracteur en commun n’ont pas la même façon de travailler. C’est un véritable état d’esprit à avoir. » Travailler à plusieurs ou encore utiliser du matériel neuf sont autant de raisons qui peuvent pousser à mutualiser un tracteur.

« Les gens doivent se lancer ! »
À Achiet-le-Grand, dans le Pas-de-Calais, la Cuma Amandine compte 22 adhérents. Didier Laboure, le président de la structure, témoigne : « Nous avons tout acheté en neuf, un nouveau semoir et un tracteur équipé d’un autoguidage RTK. Au début, c’était un peu l’usine à gaz, car nous avons acheté les éléments chez des concessionnaires différents. Le mieux est de tout prendre au même endroit », conseille-t-il. Quoi qu’il en soit, avec un coût du tracteur à 20 € de l’heure, la Cuma est satisfaite. « Il n’y a pas à hésiter, les gens doivent se lancer ! » encourage le président. « Les nouvelles technologies étant parfois difficiles à utiliser, nous avons choisi d’avoir un chauffeur attitré qui va sur les différentes exploitations, souligne le vice-président Damien Guise. Au début, c’est compliqué à gérer. En 2016 nous avons essuyer les plâtres mais en 2017 tout devrait bien rouler. »
Il existe aussi des « Cuma intégrales », une cinquantaine dans les Hauts-de-France dont une grosse part dans la Somme, qui ont absolument tout leur matériel en commun. « Leur coût de mécanisation défie toute concurrence ! » confie Christophe Guille.

Laura Béheulière

Hivernales : Les prochaines dates à retenir

Deux autres rencontres organisées par la FRCuma Hauts-de-France, sur le même thème, auront lieu prochainement dans la région (de 10 h à 16 h 30) :
- Mardi 7 février au lycée agricole d’Hazebrouck (59) ;
- Jeudi 9 février à la Chambre d’agriculture à Estrées-Mons (80).
Et le 18 mai, ce sera l’assemblée générale de la FRCuma Hauts-de-France, à Vimy (62).

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