Le Syndicat Agricole 13 mai 2013 à 10h54 | Par Le Syndicat Agricole

Météo - Hausse des températures : la nature devrait rattraper son retard

La saison hivernale 2012-2013 a été particulièrement longue et marquée par de très fortes précipitations, notamment sur les littoraux de la région.

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La végétation accuse un retard de pousse de 4 semaines.
La végétation accuse un retard de pousse de 4 semaines. - © G. Ehrmann

Lors de l'hiver 2011-2012, nous avions connu un début de saison plutôt doux et des mois de janvier et février très froid. L'hiver 2012-2013, lui, s'est caractérisé par un froid moins intense, mais un hiver très long. En fait, au cours des 3 derniers hivers, la température moyenne sur l'ensemble de la saison est relativement stable, par contre les périodes de froid ne se répartissent pas de la même façon. « De plus, dès novembre, les périodes de froid et de redoux se sont alternées », explique Grégory Langlet, ingénieur météorologue chez Agate France. L'hiver s'est poursuivi jusqu'en mars dans le Nord-Pas de Calais, avec des températures entre 1 et 2° en dessous des normales de saison, comprises entre - 10° pour le minimum et 17,3° pour le maximum. Le froid s'est accompagné d'un important épisode neigeux, d'une ampleur qui reste rare pour notre région à cette période de l'année.
Dans la foulée de cet hiver particulièrement long, la fraîcheur et le manque d'ensoleillement ont perduré durant le printemps. « Cela s'explique par un vent quasi-permanent de secteur Nord/Nord-Est, avance Grégory Langlet. La température ressentie a donc été particulièrement basse pour la saison. » Si l'on prend les 4 dernières années, on constate qu'en 2009 et 2010, les printemps ont été beaucoup plus doux qu'en 2012 et 2013.
Dans ces conditions, la végétation, au champ comme ailleurs, accuse un retard de pousse de 4 semaines. « Rien d'alarmant, affirme le météorologue, dans les semaines à venir, la nette remontée des températures va permettre à la nature de rattraper son retard. »

Des précipitations supérieures à la normale
Côté pluviométrie, les précipitations de l'hiver ont permis de recharger correctement les nappes phréatiques. Dans la région, leur niveau est supérieur à la normal (cf. encadré « Précisions »). « On peut constater que la majeure partie des postes ont relevé des hauteurs de pluie excédentaires, excepté le poste de Cambrai. Les mois d'octobre, novembre et décembre ont été bien arrosés, ce qui avait provoqué de fortes crues, notamment sur les cours d'eau de la Liane, de la Hem et de l'Aa », détaille Grégory Langlet (cf. tableau). Ce sont surtout les secteurs du littoral qui ont subi les débordements des cours d'eau.
Concernant les mois et les semaines à venir, les modèles de prévisions météorologiques d'Agate France laissent présager un mois de juin chaud et ensoleillé, malgré quelques épisodes orageux en deuxième quinzaine. En juillet, la chaleur et le soleil devraient persister. « Pour l'instant, nous n'avons aucune inquiétude concernant une éventuelle sécheresse, quant aux épisodes caniculaires, ils sont impossibles à prévoir », estime le météorologue. Le mois d'août pourrait être un peu plus frais. Ensuite, les modèles saisonniers indiquent que l'on pourrait avoir une belle arrière saison, même si cela reste à confirmer. Le météorologue rappelle en effet que concernant les prévisions à moyen et long termes, « le niveau de fiabilité diminue d'environ 15 % par mois ».

Virginie Charpenet

- © Le Syndicat Agricole

Précisions : Le niveau des eaux souterraines en nette amélioration


Ouf, pourrait-on dire de façon brève ! La situation en avril 2013 n'a rien à voir avec celle constatée exactement un an plus tôt, peut-on préciser pour faire un peu plus long !
Et en effet, quel changement : sur les deux cartes présentées le 24 avril 2013 par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), les effets couleurs parlent d'eux-mêmes : en avril 2013, le bleu et le vert (synonymes respectivement de situation supérieure à la normale et niveau normal) l'emportent largement et surtout constrastent vraiment, de façon positive, avec avril 2012 où le jaune et le rouge (synonymes respectivement de niveau inférieur à la normale et niveau très inférieur à la normale) couvraient quasiment toute la carte de France métropolitaine. En clair, c'est beau fixe sur la recharge des eaux souterraines pendant la période de recharge hivernale, c'est-à-dire grosso modo de septembre 2012 à avril 2013.
Sur les 31 points représentant les bassins Artois-Picardie, Seine-Normandie, Rhin-Meuse, Loire-Bretagne, Adour-Garonne, Rhône-Méditerranée et Corse, un seul (nappes alluviales côtières de la région Paca) signale une situation très supérieure à la normale et 29 autres montrent des états de niveau normal ou supérieur à la normale. Et pour l'ensemble de ces points, le Bulletin de situation hydrogéologique (BSH) indique seulement 4 indicateurs locaux (les 3 du bassin Rhin-Meuse et le sud Vendée) en légère baisse, mais dans une logique de niveaux normaux ou supérieurs à la normale. Tout le contraire d'avril 2012, qui présentait seulement 2 points avec un niveau normal et 29 en dessous, et une tendance où la moitié des indicateurs sur 31 était à la baisse.

Pluie efficace
« La recharge hivernale a été efficace pour la période 2012-2013 par rapport à la normale. Et cette normale correspond à une moyenne calculée entre 1981 et 2010, soit 30 ans », précise Laurence Gourcy, hydrogéologue au BRGM en charge du suivi quantitatif et qualitatif des eaux souterraines. Cette recharge est dite efficace car elle permet aussi de recharger les sols, ce qui permet de publier un indice d'humidité des sols qui, lui aussi, montre une belle progression pour cette saison hivernale comparé à une moyenne de 30 ans.
Enfin, pour Nathalie Dörfliger, directrice de la direction Eau, environnement et écotechnologies du BRGM, et Laurence Gourcy, si la recharge hivernale a bien fonctionné cette année, il faut garder à l'esprit qu'on partait de points bas suite à plusieurs années déficitaires en eau hivernale. Il faudrait donc plusieurs années consécutives similaires à celle qui vient de s'écouler pour reconstituer une espèce de matelas de sécurité. Et sans faire de « météo-fiction », il apparaît que l'été pourrait être plus aisé à passer avec les niveaux d'eau actuels, sauf élément exceptionnel. Un épisode de type canicule remettrait sans doute en cause le bon niveau actuel des nappes souterraines.

Thierry Michel


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