Le Syndicat Agricole 26 mai 2016 à 12h00 | Par Le Syndicat Agricole

« La pérennité de nos Cuma est indispensable à nos exploitations et à l’agriculture régionale »

La Fédération régionale des Cuma Hauts-de-France a tenu sa première assemblée générale à Vimy (62).

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La première assemblée générale de la FRCuma version « grande région » a rassemblé 111 Cuma issues des cinq départements. © DR Une table ronde dédiée au marché du matériel agricole a réuni plusieurs représentants de machinistes, concessionnaires et spécialistes de l’agroéquipement. © DR Thierry Bailliet, président de la FRCuma Hauts-de-France. © DR

La FRCuma version « grande région » est en ordre de marche. « C’est un choix pragmatique pour une mise en place immédiate, efficace et économique », a déclaré Alexandre Purnelle, secrétaire général de la FRCuma Hauts-de-France, en ouverture de l’assemblée générale le 19 mai. L’organisation fédérative devient une des plus importantes de France puisqu’elle regroupe désormais 9 000 adhérents et 430 Cuma réparties sur les cinq départements du Nord-Pas de Calais et de la Picardie.

32 adhérents nommés au conseil d’administration
Créée le 4 février dernier en assemblée constitutive, la nouvelle fédération régionale est le fruit d’un an de chantier. « Nous avons mesuré les différences de services apportées aux Cuma, comparé nos structurations et nos modes de fonctionnement, explique Thierry Bailliet, président de la FRCuma. La régionalisation regroupe des productions, des agriculteurs et des adhérents différents mais qui se retrouvent tous sur des points essentiels : la performance technique et les relations humaines ». Sur le plan opérationnel, le conseil d’administration réunit dorénavant 32 administrateurs issus de chaque département. « Pour mettre en place notre organisation, nous avons décidé de nous réunir une fois par mois, explique Alexandre Purnelle. Nous travaillons si nécessaire en sous-groupes et définissons les orientations et les choix stratégiques de notre fédération ». La FRCuma a regroupé ses équipes d’animateurs sur deux antennes – Cité de l’agriculture de Saint-Laurent-Blangy (siège social) et Maison des agriculteurs à Amiens – et envisage un renforcement de son personnel au cours de l’année. « La Cuma est un outil au service des agriculteurs, complète Thierry Bailliet. C’est une vision partagée et unanime au sein de notre conseil d’administration et nous nous inscrivons dans la continuité de nos prédécesseurs».

Se positionner rapidement sur les dispositifs d’accompagnement
Si le regroupement des fédérations en une seule structure s’est voulu immédiat, c’est pour pouvoir rapidement se positionner et répondre à différents appels à projets. À commencer par le « Dinacuma » (Dispositif national d’accompagnement des projets et initiatives des Cuma) lancé par la Draaf à l’échelon de la nouvelle région. « Il remplace les anciens prêts moyen terme spéciaux (MTS) Cuma, explique Thierry Bailliet. Concrètement, c’est un fonds alloué aux Cuma qui leur permet de solliciter un accompagnement spécifique pour analyser leur situation, faire émerger des projets, repenser leur structuration, leur gouvernance… » La disposition peut être sollicitée pour mettre en place l’organisation d’un chantier complexe, faire évoluer les règles de fonctionnement d’un groupe, étudier l’opportunité de construire un bâtiment, ou encore pour définir la capacité de la coopérative à embaucher un salarié. « Pour assurer cette mission, nous saurons faire appel à des compétences externes et complémentaires auprès des centres de gestion, des Chambres d’agriculture ou d’autres structures », indique le président. Dans le cadre du Programme de développement rural (PDR) 2014-2020, les Cuma ont aussi accès aux aides à l’investissement. « En 2015 dans le Nord-Pas de Calais, 127 Cuma ont déposé un dossier de demande de subventions pour une enveloppe totale de 4 411 700 €, ce qui représente pour leurs 3 300 adhérents une aide moyenne de 1 337 € par exploitation », précise Dominique Carnel, vice-président de la FRCuma.

Le dynamisme des Cuma régionales
Le bilan des activités 2015 de la désormais révolue FRCuma Nord-Pas de Calais a été présenté aux adhérents. Deux nouvelles coopératives ont été constituées l’année dernière : la Cuma Vesnes, regroupant des propriétaires forestiers de l’Artois et du ­Ternois, et la Cuma « la Libaude » à Marquillies (59) pour un déchaumeur et un chargeur automoteur. « D’autres groupes nous ont contactés pour des projets, atteste Dominique Carnel. L’un aboutira prochainement et les autres sont restés au stade de réflexion ». Malgré ces constitutions, le nombre de Cuma reste stable dans la région puisque trois dissolutions ont été recensées. Parmi les 18 Cuma ayant obtenu le label GIEE (Groupements d’intérêt économique et environnemental, mis en place par le gouvernement), deux figurent dans le Nord : la Cuma de Villers-Plouich et la Cuma des Quatre chemins à Abancourt. « Cette démarche s’inscrit pleinement dans les travaux et les orientations prises par le réseau », note le vice-président.
Créer des projets novateurs et créateurs d’emplois est une priorité renouvelée pour la FRCuma. « L’évolution des Cuma passe et passera de plus en plus par le développement de l’emploi au sein de nos coopératives », affirme Dominique Carnel. Nos matériels sont plus sophistiqués, les périodes de travaux sont souvent tendues et la main-d’œuvre disponible sur nos exploitations diminue ». Afin de favoriser la création d’emplois en agriculture, la FRCuma s’est portée chef de file d’une action partenariale avec la Chambre d’agriculture et l’AFPA Transition (organisme de formations professionnelles). Quatorze agriculteurs vont être formés à devenir employeurs sur le territoire du Boulonnais. Une initiative expérimentale pionnière dans la région, reproductible sur d’autres territoires. Le Nord-Pas de Calais compte actuellement 33 Cuma employant des salariés, représentant 29 emplois permanents, 33 emplois saisonniers. Quatre nouveaux postes ont été créés en 2015.

Simon Playoult

Zoom sur... Crise agricole : « La FRCuma a pris la responsabilité de ne déposer aucune demande d’aides »

Dans une situation de crise qui touche notamment les exploitations d’élevage, la fédération a obtenu l’éligibilité des Cuma au FAC (Fonds d’allégement des charges) afin de soutenir les agriculteurs qui ont fait le choix d’une mécanisation raisonnée et collective. Dans le Nord-Pas de Calais, 69 Cuma répondaient aux critères d’éligibilité, représentant 1 800 agriculteurs, pour une enveloppe d’environ 1,4 million d’euros d’aides (19 000 € par Cuma en moyenne). « En décembre, après interpellation et concertation avec les organisations agricoles membres de la cellule régionale de crise, alors que tous les dossiers étaient sur le point d’être montés, la FRCuma a pris la responsabilité de ne déposer aucune demande d’aides de Cuma pour laisser la disponibilité des fonds aux exploitations les plus nécessiteuses », a annoncé Dominique Carnel. « Il y a pourtant des situations critiques dans plusieurs Cuma, dont les conséquences pourront impacter l’ensemble des adhérents, poursuit-il. Les Cuma ne sont pas des sociétés de profit et lorsqu’un adhérent ne peut pas payer, ce sont les autres qui paient pour lui ! Il faut prendre en compte cet effort, s’en souvenir et reconnaître que les Cuma sont une réponse efficace à la limitation de l’endettement individuel ». « Dans le contexte actuel, la pérennité de nos Cuma est indispensable à nos exploitations et à l’agriculture régionale, a conclu Thierry Bailliet. La FRCuma Hauts-de-France se construit sur cet adage : seul on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin».

WeFarmUp.com : première plate forme de partage du matériel agricole

À l’image de BlaBlaCar, AirBnB (location d’appartement), Drivy (location de voiture), WeFarmUp.com est le premier site de partage de matériel entre agriculteurs. « Les agriculteurs sont souvent sur-équipés avec des outils qui ne servent parfois que lors d’une courte période dans l’année », souligne Jean-Paul Hébrard, co-fondateur de WeFarmUp et présent lors de l’assemblée générale de la FRCuma Hauts de France. Un matériel qui «dort» sous les hangars alors qu’il pourrait générer des revenus complémentaires grâce au partage avec d’autres agriculteurs. Coté propriétaire, il suffit de mettre à disposition son matériel (tracteurs, remorques, charrues…) sur le site internet aux dates souhaitées, lorsqu’on a par exemple fini les travaux ou lorsque l’on sait que l’outil n’est pas utilisé. Coté locataire, en quelques clics, on peut rechercher sur WeFarmUp.com, le matériel dont on a besoin lorsqu’on en a besoin. Un matériel qui est proposé à des tarifs avantageux à l’instar des prix qui sont proposés sur le site de partage des voitures ou des appartements. Cette plateforme peut intéresser par exemples les jeunes agriculteurs qui n’auront pas besoin de trop s’endetter dans la mesure où ils pourront utiliser les matériels disponibles chez leurs voisins. Une opération sans risques qui est assurée par Groupama.

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