Le maïs : première céréale mondiale
La moitié de la production américaine est concentrée dans une zone appelée « Corn Belt ». - © M.H. Vincent
Le maïs est la céréale la plus produite dans le monde avec 820 millions de tonnes (Mt) récoltées en 2010. En ce moment, l’attention se porte sur cette céréale, qui a vu sa récolte déjà bien commencer de part et d’autre de l’Atlantique.
La production de maïs dans le monde
Le maïs est essentiellement produit dans 4 grandes zones géographiques : les États-Unis, la Chine, l’Amérique du Sud et l’Europe.
Les États-Unis sont les premiers producteurs de maïs, avec plus de 320 Mt, soit près de 40 % de la production mondiale. La Chine arrive en 2e position, avec environ 170 Mt. Néanmoins, elle n’est pas exportatrice nette, puisqu’elle autoconsomme la totalité et importe même depuis deux campagnes 1 à 2 Mt pour satisfaire ses besoins croissants.
L’Europe est dans la même position : déficitaire en maïs, elle importe selon les années de 3 à 7 Mt. La production européenne est essentiellement localisée en France (14 Mt), en Italie, Hongrie et Roumanie (tous trois à 9 MT).
Enfin, le Brésil et l’Argentine produisent respectivement 60 et 25 Mt, et sont les principaux exportateurs derrière les États-Unis.
Les flux de maïs dans le monde
75 % des volumes échangés dans le monde sont originaires des États-Unis, du Brésil et de l’Argentine. À eux seuls, les États-Unis représentent plus de 50 % des exports mondiaux de maïs ! Notons que pour la campagne 2011/2012, l’Ukraine sera probablement le 3e exportateur mondial de maïs.
Les débouchés du maïs sont dépendants de la qualité OGM ou non de la céréale. La quasi-totalité des maïs en provenance des États-Unis est transgénique. A contrario, le Brésil et surtout l’Argentine produisent à la fois du maïs OGM, mais également des lignées non OGM, dans le but de répondre aux normes européennes à l’importation.
Les cultures ne sont pas récoltées à la même période dans les différents pays producteurs. Ainsi, les États-Unis sont particulièrement présents à l’export à partir du mois d’octobre. La concurrence avec le Brésil et l’Argentine s’accentue avec l’arrivée de la récolte dans ces deux pays en mars.
Les principaux importateurs de maïs se trouvent en Asie (Japon, Corée du Sud, Taïwan), en Afrique du Nord (Égypte, Algérie), en Europe (Espagne, Italie) et au Moyen-Orient (Iran, Iraq).
Anne Van Schaftingen
Zoom sur...La filière éthanol
La production américaine d’éthanol a fortement augmenté ces 10 dernières années, provoquant un accroissement exponentiel de la demande de maïs. Sur le graphique ci-contre, nous constatons que la consommation de maïs pour l’éthanol atteint plus de 120 Mt, soit plus d’1/3 de la production de maïs américaine. Cette nouvelle demande en maïs n’est pas neutre sur les cours des céréales. Ainsi, les stocks américains sont actuellement à un niveau critique pour cette céréale. Son prix est d’ailleurs supérieur au cours du blé meunier, ce qui est tout à fait exceptionnel.
Aux États-Unis, l’éthanol à base de maïs est rentable par rapport aux carburants fossiles grâce à une exonération d’impôts (« crédit tax ») attribuée aux producteurs de carburants. Cette déduction, accordée par le gouvernement américain, avait été mise en place dans un programme sur 5 ans et avait été prolongée en 2011. Étant donnés les déficits, cette subvention pourrait être remise en cause en fin d’année 2011. Cette décision politique pourrait bien entendu avoir un impact baissier sur les prix des céréales.
Précision La Corn Belt
La production américaine est concentrée dans une zone appelée « Corn Belt ». Celle-ci s’étend autour de Chicago et du lac Michigan. Ainsi, l’Iowa, l’Illinois, le Minnesota et le Nebraska représentent la moitié de la production nationale. Le risque météo est donc particulièrement centralisé. En effet, les mois de juillet et août dans cette région continentale sont suivis avec grand intérêt par les opérateurs du marché, car c’est la période de floraison du maïs, période déterminante dans l’élaboration du rendement. Pour preuve, des tours de plaine (« crop tour ») sont organisés par des structures comme le ministère de l’Agriculture américain ou des analystes privés. Une analyste d’Offre et Demande Agricole a participé fin août à cet événement. Cela permet de confronter les observations sur le terrain avec les prévisions. Par exemple, cette année, les conclusions de ce « crop tour » ont mis en évidence une dégradation du rendement dans certains États, en raison des fortes chaleurs en juillet, amenant le rendement national à 92,8 qx/ha contre 96 qx/ha annoncés à l’époque par l’USDA.
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