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Nord-Pas de Calais: des terres agricoles parmi les plus chères de France

Le prix des terres et prés libres est en hausse, avec un repli des agriculteurs actifs au profit des non-agriculteurs.

31 mai 2011 Le Syndicat Agricole Vu 6301 fois 1 réactions
Prix des terres et prés libres non bâtis par petite région agricole en 2010 (moyenne triennale). La moyenne nationale 2010 est de 5 230 €/ha.

Prix des terres et prés libres non bâtis par petite région agricole en 2010 (moyenne triennale). La moyenne nationale 2010 est de 5 230 €/ha. - © Le Syndicat Agricole

Dans son étude annuelle sur le marché de l’espace rural en France, présentée mardi dernier, la Fédération nationale des Safer (FNSafer) annonce une progression du prix des terres et prés libres non bâtis de 1,9 % en 2010 soit 5 230 euros l’hectare, après le repli de 0,4 % enregistré en 2009. Dans la région, la hausse est même supérieure : avec un bond de 4 % pour le Nord (9 000 €/ha) et de 13 % pour le Pas-de-Calais (9 370 €/ha). Sur une dizaine d’années, les prix ont augmenté de 50 % au niveau national, et de plus de 80 % dans le Nord-Pas de Calais. Quant au prix moyen des terres et prés loués stable en 2009 à 3 480 €/ha, il repart également à la hausse de 4 % en 2010 à 3 620 €/ha. Dans la région, les loyers se situent entre 3 500 et 4 500 €/ha. Pour la FNSafer, la remontée des revenus agricoles, la baisse des taux d’intérêt, et le positionnement des acquéreurs non agricoles à un prix supérieur de 4,4 % à celui des agriculteurs, ont participé à cette remontée des prix.
Pas de reprise pour les agriculteurs
Le marché des terres agricoles 2010 confirme la tendance de 2009 : la reprise ne concerne pas la profession agricole. L’année dernière, les agriculteurs ont continué à se retirer du marché (-8,2 % en nombre et - 6 % en surface). Tandis que les non-agriculteurs gagnent des parts de marché pour la deuxième année consécutive et soutiennent la hausse des prix. Les acquisitions des non-agriculteurs se stabilisent en nombre (- 0,8 %) et reprennent en surface (+ 4,5 %). Ces derniers investissent dans le foncier, perçu comme une valeur sûre dans le contexte économique actuel. Loué à des agriculteurs, le taux de rendement est estimé entre 2,5 % et 4,5 % au niveau national. Un rendement locatif brut des terres et prés loués qui se situe entre 3,5 et 4,5 % dans le Pas-de-Calais et dépasse même les 4,5 % dans le Nord.
Fermeture structurelle du marché
En 10 ans, la surface annuelle des ventes de terres sans bâtiment a chuté de 30 %. « Avec le retrait des exploitants agricoles actifs, le marché des terres et prés libres non-bâtis va poursuivre sa fermeture structurelle, abandonnant 5,9 % en nombre de transactions, et 2,8 % en surface », indique Robert Levesque, directeur de Terres d’Europe SCAFR. Une contraction du marché qui, selon la FNSafer, s’explique par la conjonction de plusieurs phénomènes : « Le recul des surfaces agricoles de 7 millions d’hectares (- 20 %) entre 1960 et 2010, l’augmentation des surfaces en fermage due à l’allongement de la période de location entre agriculteurs retraités et repreneurs potentiels, qui constitue un frein à la mobilité des terres, ainsi qu’à la « rétention » de propriétaires en perspective de plus-values sur des biens en zones périurbaines ».
Manque de transparence
Selon Robert Levesque, le développement des formes sociétaires en agriculture participe aussi à la fermeture du marché foncier rural. « Si l’agrandissement des exploitations se fait prioritairement par la location, de plus en plus d’exploitations se transmettent par transfert de parts de société, constate-t-il. Celles-ci sont encore majoritairement agricoles, mais cette pratique remet en question la transparence des transactions foncières. » La connaissance de ces ventes est essentielle pour bien comprendre les restructurations actuelles de l’agriculture française. La vente des parts de société n’étant pas toujours notifiée aux Safer, la transparence du marché n’est donc plus assurée. Ce développement progressif de grandes exploitations sociétaires pourrait à terme déboucher sur l’arrivée de fonds d’origine non agricole dans le capital des exploitations.

MDS

 

Zoom sur... Le prélèvement d’espace agricole reste important

En 50 ans, les surfaces urbaines ont doublé. Le gaspillage des terres agricoles se poursuit. Avec la crise économique, le marché des terres vouées à l’urbanisation a diminué avec des surfaces par opération plus faibles. Pourtant, les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture montrent une accélération de l’extension urbaine jusqu’en 2009. Un phénomène qui touche les meilleures terres, celles disposant de bonnes qualités agronomiques. « La baisse du potentiel agronomique est encore plus rapide que celle des surfaces agricoles », se désole André Thévenot, le président de la FNSafer. Selon lui, le seuil critique est atteint : « Les besoins en alimentation de qualité, énergie verte et biodiversité s’accroissant considérablement, il nous faut préserver notre potentiel agronomique. La France fait partie des pays qui consomment le plus d’espace. Tous les 4-5 ans, c’est l’équivalent en surface d’un département de terres qui disparaît. Il n’y a plus un hectare à perdre, le défi de la terre sera l’un des plus grands enjeux de demain », insiste-t-il. S’il reconnaît que la LMA a permis « une prise de conscience », avec la mise en place d’un observatoire Vigifoncier et la mise en place de commission de déclassement des terres agricoles, ce dernier plaide néanmoins pour
« des règles contraignantes » en la matière.

 


 

La bonne affaire ?
Contrairement aux idées reçues, d’après l’étude 2010 du marché immobilier rural par la FNSafer, les agriculteurs actifs profitent peu des plus-values réalisées lors du changement de destination des biens agricoles. Ces derniers ne captent que 4 % (6 % en tenant compte de la part qui leur revient des indivisions) de la plus-value totale, soit 245 millions d’euros. Une goutte d’eau, comparée au total de la plus-value dégagée sur le marché de l’urbanisation qui représente 3,2 milliards d’euros. Et de préciser : « Le fait que les ventes des agriculteurs soient en proportion moins nombreuses en secteur périurbain, où les plus-values sont plus fortes, ne suffit pas à expliquer cette faible part. La plus-value captée par les agriculteurs est systématiquement inférieure à la part qu’ils représentent en nombre de ventes, quelle que soit la zone d’appartenance des biens. »

 

 

tous les commentaires Vos réactions

  1. 1

    mon locataire veut m'acheter une parcelle mais il va monterune sociétee immobiliere peut'il me reclamer une arriere fumure

    trouart - le 22 décembre 2011 à 11:53:05

 
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