Le Syndicat Agricole 29 août 2013 à 14h26 | Par Le Syndicat Agricole

Maraîchage - « Une très mauvaise campagne » pour le chou-fleur d’été

Le retard de production en juin puis la chaleur de juillet ont déstabilisé la saison régionale du chou-fleur d’été.

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« Avec le froid du printemps, le chou-fleur a atteint tardivement sa maturité. La saison a débuté avec 3 semaines de retard en moyenne, indique Alain Patinier, producteur à Laventie (62). »
« Avec le froid du printemps, le chou-fleur a atteint tardivement sa maturité. La saison a débuté avec 3 semaines de retard en moyenne, indique Alain Patinier, producteur à Laventie (62). » - © DR
Dans l’Audomarois ou dans les Weppes, l’inquiétude des producteurs est palpable sur les bords des parcelles. « Avec le froid du printemps, le chou-fleur a atteint tardivement sa maturité. La saison a débuté avec 3 semaines de retard en moyenne, indique Alain Patinier, producteur à Laventie (62). Cela a provoqué un télescopage de la récolte du 20 juin au 14 juillet, et nous avons manqué la jonction avec la fin de saison des producteurs bretons ».

Du retard et des pertes
Le Nord-Pas de Calais, leader national en production de choux-fleurs d’été, prend habituellement le relais d’autres régions productrices, comme la Bretagne, à partir de la fin du mois de mai. Cette année, le ramassage n’a pas débuté avant la mi-juin. « C’est une très mauvaise campagne. Il y a eu quelques pertes au champ en début de saison, puis nous avons relevé une baisse des volumes sur les 3 premières semaines de commerce qui se sont logiquement soldées par l’arrivage de gros volumes durant le mois de juillet », souligne David Lesaffre, responsable chou-fleur pour le Marché de Phalempin. Pour ce secteur dont la récolte est terminée à environ 70 %, le déficit se fait ressentir dans les chiffres : seules 1 459 000 têtes sont comptabilisées en 2013 à la semaine 34 (du 19 au 25 août) contre une moyenne de 2 000 000 à la même époque depuis 2007. Dans le marais de Saint-Omer, le constat est similaire d’après Nicolas Dehurtevent, technicien à la Sipema (Société interprofessionnelle des producteurs et expéditeurs du Marais Audomarois). « C’est une saison en dent-de-scie. Nous n’avons pas beaucoup de choux-fleurs, juillet et août ont été secs et il a fallu arroser davantage les parcelles. Beaucoup de producteurs attendent désormais la 2e plantation sur le marais qui commence début septembre et espèrent une amélioration des cours. »

Un faible prix aiguille
La conjoncture n’améliore pas les perspectives de la saison. Le niveau correct des cours jusqu’au 15 juin n’a donc pas profité aux producteurs régionaux. Le prix aiguille moyen (semaine 34) est de 0,43 € par tête, contre une moyenne de 0,55 € sur les 6 dernières années à la même époque. « Malgré les stocks de production, la consommation a diminué cet été, notamment avec le coup de chaleur », annonce David Lesaffre. Mais les conditions climatiques ne seraient pas les seules raisons du recul des accords selon les producteurs. Pour Alain Patinier, il y a un manque d’efforts de la part des centrales d’achat. « Je suis surpris de voir que les grosses enseignes ne veulent pas travailler avec le chou-fleur d’été, surtout en pleine saison. Elles ne font rien pour promouvoir le produit. Pourtant, nous avons cherché des solutions, comme la production de petits choux-fleurs, plus accessibles à la ménagère. Seuls les hard discount ont joué le jeu cette année. » Pour le producteur, la vente aux enchères selon l’offre et la demande par le cadran entre les marchés de Saint-Omer et Phalempin sauve les producteurs via le regroupement. La fin de la récolte 2013 devrait se prolonger, principalement dans l’Audomarois, jusqu’à la fin du mois de novembre, avant de laisser place à une nouvelle saison en Bretagne.

Simon Playoult

1 300
Le nombre moyen d’hectares de choux-fleurs cultivés dans le Nord-Pas de Calais.

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