Le Syndicat Agricole 25 août 2016 à 11h00 | Par Le Syndicat Agricole

Maraîchage : « Un préjudice financier de plus de 10 millions d’euros »

La production régionale de légumes d’été est en net recul. Les pertes sont « conséquentes » pour certains producteurs.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Dans le Nord-Pas de Calais, de nombreuses pertes ont été recensées dans les premières plantations de salades. © C. Delisle Les poireaux, qui ont moins souffert du printemps pluvieux, sont globalement en bon état pour le moment, affirme le président du Pôle légumes Nord. © P. Forget

Près de 17 % des exploitations (4 780 fermes) ont une activité de maraîchage dans le Nord-Pas de Calais – Picardie. Cette année, les producteurs de légumes d’été ont connu une saison singulière. La majorité des cultures ont d’abord été impactées par un printemps humide et peu ensoleillé puis par des inondations qui ont touché les principaux bassins de production régionaux en juin dernier. Les séquelles économiques et commerciales sont importantes.

Un retard de production irrécupérable
Les surfaces légumières, toutes spécialités confondues, atteignent environ 42 000 hectares dans la nouvelle grande région. Si les emblavements sont restés stables dans l’ensemble en 2016, les volumes produits sont en repli pour la plupart des légumes d’été. « Le plus gros déficit concerne le chou-fleur qui a été fortement impacté par les intempéries », précise Christian Durlin, président du Pôle légumes Nord et référent légumes à la Chambre d’agriculture Nord-Pas de Calais. En effet, la production a chuté de moitié pour la première partie de la campagne par rapport à 2015 (cf. notre édition du 5 août dernier), aussi bien dans le bassin de Weppes que dans l’Audomarois. « De nombreuses pertes ont aussi été recensées dans les premières plantations de salades, explique l’élu. Ce légume possède néanmoins un cycle court qui a permis de combler une partie du retard de production occasionné ». Les approvisionnements en variété frisée étaient « deux fois moins importants » en juin et début juillet, indique Pascal Delebecque, en charge du développement au Marché de Phalempin. « Pour tous les légumes, les conséquences liées aux dégâts sur la production commencent seulement à s’estomper aujourd’hui, poursuit le responsable. Nous entrons dans un rythme plus soutenu depuis deux semaines avec de meilleurs volumes sur des cultures qui ont moins souffert, mais nous pouvons d’ores et déjà affirmer qu’ils seront inférieurs à ceux de 2015 en fin de campagne ».

« Trouver des solutions pour les trésoreries »
Pour rappel, 152 communes du Pas-de-Calais ont été reconnues en état de catastrophe naturelle suite aux intempéries survenues successivement durant la seule semaine du 30 mai au 8 juin dernier. Des missions d’enquête, chargées d’évaluer les dégâts, ont sillonné les secteurs et les exploitations touchées. « Le Comité départemental d’expertise, piloté par chaque DDTM, doit présenter un dossier au Comité national (de gestion des risques en agriculture – CNGRA, ndlr) qui se prononcera au plus tôt avant la fin de l’année 2016, rappelle Christian Durlin. En productions maraîchères, les pertes en sortie de champ (en amont) et commerciales (en aval) sont parfois très importantes ». « Le préjudice financier global devrait atteindre plus de 10 millions d’euros dans le Nord-Pas de Calais, estime-t-il. Les producteurs de légumes sont régulièrement confrontés à des périodes délicates (variations des marchés, conditions climatiques…), mais la conjonction de plusieurs crises est assez exceptionnelle cette année ». Un contexte qui impacte les trésoreries des exploitants agricoles. L’urgence à ce jour est de « trouver des solutions et des aménagements pour les trésoreries, comme pour les autres secteurs, assure Christian Durlin. Ces avancées sont nécessaires pour les producteurs afin de continuer leurs activités et de préparer la saison 2017 ».

Quelles prévisions pour les récoltes d’automne ?
La campagne légumière n’est heureusement pas terminée. Depuis plus de quinze jours, la production régionale de légumes est donc boostée par des conditions météorologiques clémentes. « La chaleur ambiante et les réserves hydriques abondantes dans les sols favorisent actuellement la pousse des parcs de légumes », souligne Pascal Delebecque. Une situation qui pourrait notamment bénéficier aux légumes dits « d’automne » au moment de leur récolte. « Les poireaux sont globalement en bon état pour le moment, affirme Christian Durlin. Ils ont moins souffert du printemps pluvieux ». Du côté des oignons, la récolte a débuté avec les variétés précoces depuis quelques jours. « Les volumes devraient être un peu plus faibles que l’année dernière, complète le responsable. Comme pour les autres légumes de fin de saison, il est encore trop tôt pour se prononcer ».

Simon Playoult

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui