Le Syndicat Agricole 19 juin 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Manifestation - Une mobilisation record dans la région !

Mardi, ce sont près de 2 000 agriculteurs et leurs 1 500 tracteurs qui ont répondu à l’appel à mobilisation de la FRSEA et des JA pour défendre l’agriculture régionale.

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Les messages passés ont été nombreux lors 
de cette mobilisation.
Les messages passés ont été nombreux lors de cette mobilisation. - © Le Syndicat Agricole

FRSEA, Jeunes Agriculteurs, mais aussi Fédération des coopératives et Syndicats des négociants… C’est tous ensemble que nous avons lancé un appel à manifester mardi dernier. Les agriculteurs déterminés sont venus en masse pour exprimer leur opposition et leur ras-le-bol face à la réglementation à outrance et aux dernières provocations du gouvernement. Les cibles étaient les préfectures et sous-préfectures de la région, sur sept sites dans le Pas-de-Calais : à Arras, Lens, Béthune, Saint-Omer, Calais, Boulogne et Montreuil et quatre dans le Nord : à Lille, Douai, Valenciennes et Cambrai. Dans chaque théâtre d’opération, une délégation a rencontré les services de l’État et les parlementaires pour reprendre point par point ce qui ne va pas et pourquoi ils font fausse route et tuent ainsi l’activité économique par des interdictions. De manière générale, les représentants de l’État ont été à l’écoute des problématiques portées à leur connaissance.


Pourquoi cette opération ?
Les sujets de mécontentement sont nombreux. On atteint l’overdose. À commencer par les zones vulnérables, le SRCE, la loi d’avenir, le droit du travail et la pénibilité. Et surtout, plus récemment, le projet d’interdire tout traitement aux cultures à moins de 200 m des habitations et des lieux publics. Sur les zones vulnérables, quelle incohérence. Le Programme national impose les mêmes règles de Lille à Perpignan. De plus, ce programme va engendrer des investissements chez la plupart des éleveurs. Les pouvoirs publics doivent absolument accompagner ces investissements par un soutien économique et fiscal. À ce programme national va s’ajouter un programme régional où, là encore, la Dreal fait de l’excès de zèle ou confond son rôle de fonctionnaire de l’État avec celui de militant environnemental. Nous demandons de réduire le programme au strict minimum pour être compatible avec les exigences européennes. D’autant plus que les études faites sur le précédent arrêté montrent que les agriculteurs ont bien fait leur travail.
Sur le SRCE « Trames vertes et bleues », la Dreal a mis en place un schéma en confondant consultation et concertation. Personne n’est venu regarder et estimer tout ce que nous apportions déjà en termes de biodiversité. Ce schéma « Trame verte et bleue », nous allons le retrouver dans les documents d’urbanisme (Scot et PLU en particulier) avec de nouvelles obligations qui seront autant d’entraves supplémentaires ! Pourtant, nous, les agriculteurs, sommes déjà des acteurs locaux de la biodiversité. La PAC impose les SET, demain, ce sera les SIE, encore plus contraignantes. Les haies, les bandes enherbées, les lisières, les alignements d’arbres, sont déjà faits. Pas question d’aller plus loin. La loi sur la biodiversité, si elle est votée, va encore alourdir les dispositifs et augmenter les contraintes. Elle prévoit notamment d’introduire la compensation écologique dans les principes fondamentaux de l’environnement. Où iront-ils chercher ces compensations ? Ce sera à coup sûr de nouvelles emprises pour les surfaces agricoles.


Le foncier
Dans la loi d’avenir en discussion, les baux environnementaux seront accessibles pour tout propriétaire, qu’il soit public ou privé. Imaginons les conséquences en fonction des affinités et des sensibilités des propriétaires, même si nous savons qu’ils sont, en général, constructifs avec leurs locataires. Mais il n’est pas rare qu’un exploitant ait plusieurs propriétaires, voire plusieurs dizaines ou qu’une même parcelle culturale concerne plusieurs propriétaires… Là encore, nous dénonçons l’improvisation et la méconnaissance des réalités de terrain. Autre sujet qui concerne le droit du travail, les personnes qui accueillent des stagiaires et des apprentis savent qu’ils n’ont pas le droit de faire grand-chose : pas de travaux dits dangereux, pas de charges dites lourdes… Mais ce n’est pas tout, voilà qu’arrive la pénibilité. Les employeurs vont devoir faire un état de la pénibilité des tâches qu’ils demandent à leurs collaborateurs. Ce qui donnera un nombre de points pour la retraite, avec possibilité d’anticipation. Encore un choc de simplification, une source d’ennuis supplémentaires pour l’employeur et des risques de litiges avec les contrôleurs.


L’interdiction de traitement
Enfin, le dernier sujet abordé : le projet d’interdiction de pulvériser à moins de 200 m de toute habitation ou lieu public. Cette proposition survient après un incident du à un traitement sur une parcelle bio et a donné lieu à ce projet inimaginable. Soyons clairs, la santé des agriculteurs et celle des concitoyens fait partie des préoccupations citoyennes que nous partageons sans équivoque. Les produits phytosanitaires sont homologués après toute une série de tests et la réglementation sur ce sujet et de plus en plus exigeante et c’est normal.
De même, pour l’application des produits, il y a des règles (vents, température, utilisation de buses anti-dérives…) qui garantissent la bonne application du produit et évitent les dérives à l’extérieur des parcelles. Ces règles sont importantes et doivent être respectées. Ce sont elles qui garantissent la protection extérieure. S’il y a eu une mauvaise application de ces règles, cela doit être pris comme tel.
Interdire la pulvérisation à moins de 200 m de toute habitation ou lieu public est irréaliste. Cela représente pour notre seule région 300 000 ha sur les 800 000 ha de terres cultivées, soit des milliers d’exploitations qui pourraient disparaître. Bio ou conventionnelle, plus aucune culture ne sera possible. La machine est lancée, la mobilisation est massive, nous attendons maintenant des retours et des avancées rapides sur ces dossiers.

La mobilisation est à la hauteur de la souffrance !

 

Laurent Verhaeghe, Christian Durlin,Présidents des FDSEA 59 et 62

 

Nous tenons tout d’abord à remercier tous les agriculteurs qui se sont mobilisés ce mardi. C’est du jamais vu dans la région. Autant de points concernés, autant d’agriculteurs portant le même message au même moment. C’est bien la preuve que nous sommes dans le vrai. La souffrance et l’exaspération sont à leur paroxysme dans les campagnes. Nous avons porté nos revendications auprès des préfets, des sous-préfets et des parlementaires. Après cette formidable mobilisation, nous attendons des avancées rapides sur les dossiers. Notamment le report des décisions sur le projet SRCE « Trames vertes et bleues » qui doivent avoir lieu tout début juillet au Conseil régional. Ce serait un premier pas positif en faveur de l’agriculture et de la ruralité en général. Nous voulons aussi des avancées concrètes sur le programme d’action zones vulnérables, la loi d’avenir et les fiches pénibilités. Quant à l’énormité qui a fait déborder le vase, les interdictions de traitement sur 200 m, nous la combattrons jusqu’au bout. Les agriculteurs sont des gens responsables, soucieux de leur santé et de celle de leurs concitoyens. Les pratiques sont en constante évolution dans un souci d’amélioration, et nous continuerons dans cette voie. Mais nous ne laisserons pas condamner des milliers d’hectares par cette mesure. Dans ce dossier et les autres, ce n’était qu’un coup de semonce. La région a bougée, le reste de la France va maintenant aussi se mettre en mouvement pour dire notre ras-le-bol à ce gouvernement. Une grande opération nationale est prévue ce mardi 24 juin pour porter nos revendications dans tout le pays. Le message sera clair. Arrêtez de lacérer l’économie agricole à coups de réglementations de plus en plus insupportables et surtout injustifiées au regard de la réalité des choses !
Quelle est la finalité de cette politique qui consiste à amplifier, à déformer à coups d’annonces médiatiques la portée de faits qui, aussi regrettables soient-ils, relèvent plus du fait divers que de la catastrophe que l’on voudrait faire croire ?
Plus que jamais nous sommes mobilisés, unis, soudés pour défendre notre agriculture face aux aberrations qui nous entraînent vers la perdition.

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