Le Syndicat Agricole 26 janvier 2012 à 16h07 | Par Le Syndicat Agricole

Manifestation - FDSEA et JA dénoncent les dégâts de la faune sauvage

Près de 300 personnes ont répondu à l’appel à mobilisation lancé pour la journée du mercredi 25 janvier.

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Dégâts de lapins, de sangliers, de corbeaux, ou autres gibiers, nuisibles, espèces protégées... la liste est longue et ne concerne pas que les dégâts aux cultures. Il y a aussi un impact sanitaire sur les troupeaux.
Dégâts de lapins, de sangliers, de corbeaux, ou autres gibiers, nuisibles, espèces protégées... la liste est longue et ne concerne pas que les dégâts aux cultures. Il y a aussi un impact sanitaire sur les troupeaux. - © DR

Ils étaient nombreux ce 25 janvier à répondre à l’appel de la FDSEA et des JA : en effet, près de 300 personnes se sont retrouvées sur la Grand’Place d’Arras. Nombreux et déterminés à faire entendre leur exaspération, tant les préoccupations sont fortes : en l’occurrence celles liées aux dégâts causés par la faune sauvage sur l’activité agricole. Dégâts de lapins, de sangliers, de corbeaux, ou autres gibiers, nuisibles, espèces protégées... la liste est longue et ne concerne pas que les dégâts aux cultures. Il en va aussi de l’impact sanitaire sur les troupeaux, à l’image des avortements chez des bovins infectés par la néosporose, maladie transmise notamment par le renard.
Certains aussi avaient fait le déplacement accompagnés d’espèces « à problèmes » comme des lapins, corbeaux, ou même des rats musqués ! Ces derniers ont ensuite défilé dans les rues d’Arras, placés dans des cages posées sur des plateaux, en direction de la préfecture, où, une fois lâchés, ils ont pu retrouver « leur liberté ».
Là-bas, devant un parterre de journalistes, le secrétaire général de la FDSEA, Pierre Hannebique, a invité plusieurs personnes à témoigner, en véritables porte-paroles, révélateurs du désarroi de toute une profession, voire d’un aveu d’impuissance devant les dégâts et leur étendue.
Ainsi, Guy Fayol pour le secteur de Camiers, et Hubert Debaene, pour les communes jouxtant l’actuel canal du Nord, ont exprimé la forte inquiétude des exploitants touchés par les dégâts de lapins. Xavier Pruvost, évoquant l’invasion fortement destructrice de rats musqués dans l’Audomarois, puis Benoît Bouclet, sur la problématique des espèces protégées, ont ensuite apporté des témoignages empreints d’exaspération. Sylvain Tardieu pour le GDS, a quant à lui repris les exemples du renard ou encore des fientes d’oiseaux (souvent protégés) qui souillent l’alimentation animale et qui peuvent décimer un cheptel. Enfin, le président des agriculteurs-chasseurs de la FDSEA, Pierre-André Masset, a pointé du doigt la multiplication des territoires non chassés, ou encore le statut de certaines espèces.

Le préfet conscient de l’ampleur des problèmes
En seconde partie de journée, une délégation de représentants professionnels, emmenée par le président Christian Durlin, a été reçue par le préfet en personne, afin de traiter des modalités d’intervention sur le dossier. L’objectif étant d’instaurer un groupe de travail qui, pour chacune des espèces et sous l’autorité du directeur de la DDTM, définira des modalités de régulation aussi efficaces et durables que possible.
Si l’objet de cette action portait sur les dégâts occasionnés par la faune sauvage, il rejoint en bien des points « la problématique environnementale à laquelle les exploitants sont confrontés », comme l’ont souligné les représentants départementaux. Sur l’accumulation des contraintes environnementales justement, le syndicalisme sera en effet amené à lancer dans les prochaines semaines, de nouveaux appels à mobilisation.

Benoît LEPECQUET

Point de vue de Philippe Daussy, secrétaire général adjoint de la FDSEA 62

C’est une première étape, à nous de persévérer !

La manifestation de ce 25 janvier a démontré aux autorités départementales toute l’ampleur de l’inquiétude et du désarroi des agriculteurs, démunis devant les dégâts qu’ils subissent par la faune sauvage. Cette situation est d’autant plus intenable qu’elle s’est généralisée au fil des années, sur l’ensemble du territoire. Preuve en est que notre agriculture préserve la biodiversité et la faune sauvage, quoi que certains en disent ! Certes, le lapin est souvent cité en premier lieu, mais que dire de la surpopulation des autres espèces qui sont protégées, ou non chassées faute de possibilité réglementaire ? Que dire aussi lorsque des terrains ne sont pas chassés faute d’autorisation du propriétaire, dans certains cas propriétaire public ! C’est dire comme le problème est large et il ne concerne d’ailleurs pas que les cultures, à l’image du renard dont l’impact sanitaire sur les élevages peut être dévastateur.
La mobilisation a été un succès mais il s’agit là à la fois d’un avertissement et d’un premier pas. N’oublions pas en effet que les agriculteurs sont en première ligne des problèmes liés à l’environnement !
Les pouvoirs publics sont conscients de la problématique et de son ampleur. Monsieur le Préfet en personne a participé à nos travaux qui ont suivi la manifestation dans l’après-midi même. Nous avons ainsi obtenu la mise en place de groupes de travail afin de trouver des solutions de régulation durables, pour chacune des espèces qui nous posent problème. Mais sur le terrain, c’est de concert avec les chasseurs que nous pourrons mettre en œuvre les avancées qui seront décidées, et ainsi réguler efficacement et durablement les espèces problématiques. Notre travail syndical ne s’arrêtera donc pas à cette manifestation, à nous d’être force de proposition. Mais nous veillerons aussi à ce que sur le terrain, tout soit mis en œuvre pour maîtriser les espèces dans le temps. Chacun devra jouer le jeu.
Cette manifestation a aussi le mérite de rappeler que les dégâts subis ont un impact sur l’économie de nos exploitations, et donc sur notre revenu. Chacune des parties doit donc être actrice afin d’éviter que les paysans ne subissent les dégâts à tous les niveaux !
L’action de ce 25 janvier met aussi le doigt plus largement sur un aspect des problématiques environnementales que nous subissons. Nous serons aussi amenés à sortir à un moment ou à un autre sur ces sujets d’ordre environnemental, et là encore nous devrons être très nombreux pour espérer nous faire entendre !

Merci !

À toutes celles et ceux qui ont participé à la manifestation.
À la Commission des agricultrices pour la restauration.

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