Le Syndicat Agricole 17 avril 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Maïs - Réussir son désherbage maïs en post levée

Les échecs de désherbage font perdre 0,5 à 4 tonnes de MS/ha selon la flore. Comment réussir au mieux son désherbage maïs ?

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Compte tenu de la flore de notre région, pour réussir le désherbage du maïs, deux passages sont nécessaires (post semi – pré levée puis post levée ou tout en post levée).
Compte tenu de la flore de notre région, pour réussir le désherbage du maïs, deux passages sont nécessaires (post semi – pré levée puis post levée ou tout en post levée). - © DR

Pour optimiser le rendement, l’objectif est d’avoir les parcelles propres au stade 6 feuilles. La concurrence des adventices s’exerce précocement sur la culture, dès le semis et jusqu’à ce que la végétation recouvre l’inter-rang, c’est-à-dire vers 12 feuilles. Avec la précocification des dates de semis, cette période critique tend à s’allonger, il est donc important de bien soigner le désherbage des parcelles. Les échecs de désherbage font perdre 0,5 à 4 tonnes de MS/ha selon la flore. Une phytotoxicité au stade 8 feuilles diminue le rendement de 1 à 3 tonnes de MS. Compte tenu de la flore de notre région, pour réussir le désherbage du maïs, deux passages sont nécessaires (post semi – pré levée puis post levée ou tout en post levée).


Les conditions de réussite
1. Bien repérer le stade du maïs : évitez les applications sur des maïs pointants et attendre le stade 2 feuilles. La plupart des produits sont utilisables sans risque entre 2 et 6 feuilles. Au-delà de 6 feuilles, les doses de produits contenant des auxiniques (dicamba, fluroxypyr) seront plafonnées. Les autres produits sont en général utilisables jusqu’à 8 feuilles du maïs, mais leur efficacité devient aléatoire (effet écran du maïs, stade des adventices développées...).

2. Inventorier la flore présente : les espèces et les stades de développement. Cet inventaire est indispensable pour choisir les produits et composer les mélanges les plus adaptés à la flore en place.
Sur le plan efficacité, on cherchera à intervenir sur des adventices les plus jeunes possibles :
- graminées au stade 2-3 feuilles ;
- dicots classiques au stade 2-4 feuilles ;
- dicots difficiles (renouée liseron, mercuriale, renouée des oiseaux) au stade 1-3 feuilles.
Les dicots classiques (morelles, chénopodes, renouées persicaire...) sont bien gérées par les tricétones seules ou associée aux sulfonylurées, même à des stades avancés. Il faut être beaucoup plus attentif sur renouées liseron, mercuriales et renouées des oiseaux qui lèvent tôt, se développent très rapidement et sont difficiles à détruire à des stades avancés. Dans les parcelles où ces espèces dominent, il ne faut pas hésiter à intervenir avant le stade 2 feuilles des renouées. Le recours à des associations intégrant du bromoxynil ou une sulfonylurée antidicot sont nécessaires.

3. Traiter quand les conditions climatiques sont favorables (hygrométrie 65 % minimum) : la pénétration des substances actives foliaires est favorisée en conditions poussantes le jour de l’application, mais l’efficacité et la sélectivité seront optimales si ces conditions sont réunies au cours des journées qui encadrent l’application. Éviter de traiter avec des auxiniques ou des sulfonylurées si la météo des jours qui suivent l’application prévoit des températures minimales journalières inférieures à 10 °C et des températures maximales supérieures à 25 °C.
Dans notre région, la flore est essentiellement composée de dicots annuelles : dicots classiques (morelles, chénopodes...) et dicots difficiles comme la renouée des oiseaux, la renouée liseron, la mercuriale... Les graminées sont en progression : graminées estivales (panic et sétaire), pâturin, ray grass, vulpin... Les principales vivaces rencontrées sont le liseron des haies, le liseron des champs, le rumex... En cas de forte présence de graminées, l’application d’un produit racinaire de pré-levée est recommandée, une application d’un anti-graminée foliaire en post levée peut être nécessaire. Les dicots difficiles nécessitent le plus souvent deux passages. Les vivaces se traitent généralement par un passage spécifique en post levée.


Les différentes stratégies de désherbage en post levée se positionnent par rapport au stade du maïs
• Stratégie 1 : deux passages, en pré-levée puis post levée
Cette stratégie apporte la sécurité du programme de désherbage. Elle est à privilégier en cas de forte présence de graminées. La pré-levée prépare et simplifie la post levée en retardant et en regroupant les relevées. Le choix du produit de pré-levée se fait selon la pression attendue de la flore. Le traitement de post levée sera adapté à la flore présente.
Exemple : 0,7 l Elumis ou 0,5 l Callisto + 0,5 l Milagro ou 0,5 l Diode + 1,0 l Equip + 0,5 l Cadéli.

• Stratégie 2 : un passage en post levée précoce avec un éventuel rattrapage en post levée
Le désherbage de post levée précoce est une solution de rattrapage si vous n’avez pas pu réaliser le désherbage juste après le semis pour profiter de l’humidité du sol. Délicate, elle demande à intervenir sur un sol frais ou humide pendant et après application. Les adventices ne doivent pas être développées : stade maxi des graminées 2 feuilles et 4 feuilles pour les dicots. Cette application se fait au stade jeune du maïs : 2 à 3 feuilles maxi. Ne pas traiter un maïs au stade pointant. Attention au manque d’homogénéité de levée dans la parcelle. En fonction des levées constatées au moment du traitement, il faudra ajouter au produit racinaire prévu, une ou plusieurs matières actives foliaires pour détruire les adventices déjà présentes.
À titre d’exemple, quelques associations possibles en post levée précoce :
- Camix 2,5 l + Milagro 0,3 l + Cadeli 0,5 l ou Peak 8 g
- Camix 2,0 l + Elumis 0,5 l + Peak 8 g
- Adengo 1,5 l ou Adengo 1,2 l + Milagro 0,3 l
- Isard1 l + Atic Aqua 1,5 à 2,0 l
- Dual Gold 1,4 l + Milagro 0,3 l + Callisto 0,5 l + Cadeli 0,5 l ou Peak 8.

• Stratégie 3 : deux passages, tout en post levée
La stratégie « deux passages en post levée » a l’avantage de traiter au 1er passage les adventices au stade jeune avec une efficacité accrue en particulier sur les dicots difficiles. La précocité du passage est souvent un gage de réussite. Le second passage gère les levées ultérieures. En règle générale une intervention précoce, avant le stade 4 feuilles du maïs, permet de mieux contrôler les adventices et de réduire les doses. Le 2e traitement se fera autour du stade 6 feuilles.
Exemple de programme :
- 0,5 à 0,75 l Auxo + 0,5 l Milagro + adjuvant
- 0,5 l Callisto + 0,5 l Milagro + renfort
- 0,5 l Diode + 1 l Equip + renfort
- 0,7 l Elumis + renfort

En cas de flore complexe, l’association d’un renfort est possible (se renseigner sur les possibilités de mélange).
N’oublions pas également dans ces différentes stratégies les possibilités de désherbage mixte avec une intervention mécanique associée à un traitement : programme de pré-levée suivi d’un binage inter rang ou désherbage mécanique à la herse étrille ou houe rotative suivi d’un traitement en post levée.

Pierrick Boulan, Jean-Louis Knockaert
Conseillers en Productions animales
Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais


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