Le Syndicat Agricole 06 novembre 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Maïs grain - « Nous ne sommes pas loin des records »

Le point sur la récolte de maïs, qui s’annonce abondante. La céréale se retrouve toutefois en forte concurrence avec le blé fourrager.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Globalement, les rendements dépassent les 100 quintaux à l’hectare, avec parfois des pics à 130 quintaux.
Globalement, les rendements dépassent les 100 quintaux à l’hectare, avec parfois des pics à 130 quintaux. - © L. Vimond

La récolte de maïs bat son plein. Plus de la moitié des champs ont déjà été récoltés en région. « La campagne est relativement précoce, affirme Matthieu Beyaert de la coopérative La Flandre. L’automne doux a permis de faire murir rapidement le maïs et nous avons commencé la récolte quasiment en même temps que les autres régions. » Tout comme le reste de la France, le Nord-Pas de Calais enregistre globalement de très bons rendements. Malgré des surfaces moins importantes que l’année dernière, la coopérative La Flandre atteint des rendements de plus de 100 q/ha. « Ça se passe bien, assure Matthieu Beyaert. Certains agriculteurs font de très bons rendements en ensilage et ont reporté une partie de leur récolte en maïs grain. » « Nous ne sommes pas loin des records, affirme quant à lui Julien Lenoir, responsable des achats céréales du groupe Carré. On atteint plus de 100 q/ha,
avec des pointes à 130. » « Nous sommes en moyenne à 100-105 q/ha, ajoute Maurice Caillaud, responsable de la récolte céréales chez Unéal qui avait prévu 10 % de surface en moins et récupère les surplus de l’ensilage. L’Oise, qui a quasiment fini, a enregistré des rendements de 103 q/ha. Nous serons dans le ton de la Picardie. C’est une bonne campagne sur tous les points. »
Pour le groupe Carré, le taux d’humidité enregistré se situe autour de 30 et 35 %. « C’est une année plutôt sèche », commente Julien Lenoir. Du côté de La Flandre, même constat : l’humidité moyenne est de 33 %. « Ce que l’on reçoit depuis la semaine dernière est plus sec encore, en dessous de 30 %, peut-être parce que le maïs est plus mûr que l’année dernière », estime Matthieu Beyaert. « L’humidité tourne autour de 34 %, confirme Maurice Caillaud, d’Unéal. On descend jusqu’à 29 %. C’est une bonne chose pour les agriculteurs puisque cela réduit les coûts de séchage. » Concernant la qualité, pas de problème particulier, « contrairement aux cultures de la Vallée du Rhône, par exemple, où il y a eu des problèmes de mycotoxine », précise Julien Lenoir. « C’est une belle année en maïs », conclut-il. « L’eau du mois d’août a été préjudiciable, la qualité est moyenne », tempère le responsable céréales d’Unéal.


Concurrence
Qui dit gros rendements dit prix bas. Pour Matthieu Beyaert, « le contexte n’est pas vraiment favorable cette année. De plus, il y a une véritable concurrence du maïs avec le blé fourrager. Il paraît compliqué aujourd’hui de retrouver des prix élevés. » Maurice Caillaud, responsable Unéal, confirme qu’il existe une véritable « compétition avec le blé fourrager dans les usines d’alimentation animale. » L’année a en effet été marquée par des surfaces importantes concernées par le phénomène de germination : de grandes quantités de blé ont été déclassées en blé fourrager. « Il y a un excédent de 6 Mt de blé fourrager en France », rappelle Maurice Caillaud. Julien Lenoir estime quant à lui que, « malgré l’abondance, la demande est là car les prix sont bas ».
Au niveau national, le maïs enregistre également de très bons rendements. « La production française de maïs 2014 s’annonce abondante », indique FranceAgriMer dans un communiqué. Pour l’heure, l’organisme estime la récolte à venir à au moins 16,2 millions de tonnes (hors maïs humide). « Ce chiffre prudent conserve un potentiel de hausse », précise le communiqué. « Des records de production sont également attendus aux États-Unis », ajoute Matthieu Beyaert.
Dans les champs, l’année 2015 se prépare déjà : les semis de céréales d’hiver ont démarré en région comme au niveau national.

Laura Béheulière

Dynamisme des exportations d’orges,regain de compétitivité du maïs

La campagne commerciale 2014-2015 a démarré sous de bons auspices pour les orges françaises. Près de 800 000 tonnes ont été embarquées à destination des pays tiers au cours des trois premiers mois de la campagne. Concernant le blé tendre, les prévisions d’utilisation par les fabricants d’aliments du bétail français sont révisées à la baisse de 100 000 tonnes à 5 Mt, en raison notamment de la baisse d’activité des filières volailles et porc. Le stock de fin de campagne s’alourdit à 4,4 Mt (+ 500 000 tonnes par rapport au mois dernier).
Pour le maïs, les utilisations sur le marché intérieur sont prévues à ce stade à près de 7 Mt dont 3,1 Mt par les fabricants d’aliments du bétail et 2,3 Mt pour les amidonniers. Les prévisions de ventes vers l’Union européenne sont revues à la hausse à 5,5 Mt (+ 300 000 tonnes par rapport au mois dernier), en raison d’un regain de compétitivité du maïs français. Les exportations de maïs vers les pays tiers ne devraient pas dépasser 200 000 tonnes, dans un contexte de récolte mondiale qui s’annonce exceptionnelle.

Source : FranceAgriMer.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui