Le Syndicat Agricole 10 avril 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Machinisme - Ventes records de machines agricoles en France

Le marché français des agroéquipements a atteint de nouveaux sommets l'an dernier, avec une progression de près de 9 % par rapport à 2012.

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Les immatriculations de moissonneuses-batteuses ont également augmenté d’un tiers (+ 32,3 %), à 2 473 unités en 2013.
Les immatriculations de moissonneuses-batteuses ont également augmenté d’un tiers (+ 32,3 %), à 2 473 unités en 2013. - © New Holland

En 2013, le marché français des agroéquipements a battu un nouveau record historique. Il s'élève à 6 milliards d'euros, soit une progression de 8,6 % par rapport à 2012. « C'est un record jamais égalé », assurait, le 2 avril à ­Paris, ­l'Axema*, le syndicat français des constructeurs de machines agricoles, lors de la présentation de son rapport économique. Les immatriculations de tracteurs en 2013 (34 000) illustrent les bons résultats du marché français. Celles-ci ont dépassé le niveau atteint en 2008, considéré comme une année record par les professionnels. Concernant le matériel de récolte, les immatriculations de moissonneuses-batteuses ont également augmenté d'un tiers (+ 32,3 %), à 2 473 unités en 2013, sur un marché trusté par la marque allemande ­Claas (35,5 % de parts de marché) et New ­Holland (31,3 %). De même, le marché des pulvérisateurs automoteurs a enregistré une croissance de 36,5 % à 437 véhicules immatriculés contre 318 en 2012.


Hausse des importations
Les performances de 2013 sont dues, d'une part, à la progression de la production française en 2013 (de près de 3 %) qui a surtout alimenté le marché français. Les exportations sont quant à elles restées stables. D'autre part, la demande française a été plus forte (+ 7,9 %) en pièces et matériels venant de l'étranger : les importations s'élèvent à 4,6 milliards d'euros. « C'est un phénomène que l'on observe depuis 2008. La ­France est le premier marché européen, c'est donc le premier objet de convoitise, notamment de la part des pays de l'Est et du Sud. Il est difficile pour les entreprises françaises d'être compétitives, souligne ­Laurent De ­Buyer, économiste de ­l'Axema. Face à cette tendance lourde, il nous faut être vigilant ». En effet, les constructeurs français, avec 4,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires, n'occupent que le 3e rang européen derrière ­l'Allemagne (10,4 milliards d'euros) et ­l'Italie (7,7 milliards d'euros). C'est à l'export que l'écart se creuse pour les agroéquipementiers tricolores. À un peu plus de 3 milliards d'euros, leurs exportations sont trois fois inférieures à celles de ­l'Allemagne. « Actuellement, nous sommes meilleurs sur nos propres marchés qu'à l'export », confirme Patrick ­Pérard, président ­d'Axema. Selon lui, les entreprises françaises accusent un retard important par rapport à leurs concurrentes européennes : « Il y a cinq ans, beaucoup d'entre elles n'exportaient pas ».


Relever le défi de l'innovation
Selon lui, leur salut passe par « l'innovation technologique », qui permettra à la France de défendre ses parts de marché aussi bien à l'international que sur le marché intérieur : « L'industrie des agroéquipements est l'une des plus actives industries de la mécanique en matière d'innovation. La recherche de la performance et de la fiabilité sont des objectifs prioritaires ; l'ergonomie et le design font également partie des préoccupations ». Par ailleurs, le secteur de l'agroéquipement est entré de plein pied dans « l'ère des TIC » (Technologies de l'information et de la communication), avec notamment la standardisation des transferts d'informations numériques entre le tracteur, les machines et le programme informatique utilisé sur l'exploitation grâce aux normes Isobus et ISO XML. Aussi, ­Axema travaille-t-elle avec un groupe de constructeurs pour le développement de ces technologies dans le strict respect de l'inter opérabilité entre matériels en lien avec l'action internationale de l'AEF (Agricultural industry electronics foundation). L'Union des industriels de l'agroéquipement participe dans ce cadre à la création d'un centre de compétences Isobus au sein de la société ­Kereval, pour garantir la compatibilité des données entre le tracteur, le matériel attelé et les systèmes informatiques de l'exploitation et pour devenir un centre de certification Isobus AEF. En Outre, ­Axema accompagnera la « Plug fest » (USA), grand messe internationale des TIC, pendant laquelle 150 développeurs testeront plus de 1 000 combinaisons de terminaux électroniques outils et logiciels. Enfin, si les perspectives pour 2014 restent positives sur les marchés mondial et européen (avec néanmoins une croissance ralentie), les constructeurs tablent sur une contraction du marché français de 10 % à 5,4 milliards d'euros. Une baisse à « relativiser toute fois après deux années records ».

MDS

* Née en 2008 du rapprochement de trois structures : Secima, SNCVA et Sygma, ­Axema rassemble les constructeurs et les importateurs français de l'agroéquipement. Elle compte 203 adhérents : 69 % de constructeurs, 31 % d'importateurs qui réalisent 90 % du chiffre d'affaires du secteur.

Zoom sur... La formation reste un enjeu majeur pour les constructeurs

« L'emploi reste une question d'actualité pour les industriels de l'agro­équipement », souligne Alain Savary, directeur général d'Axema qui rappelle que le secteur qui emploie 20 600 salariés peine toujours à recruter : « Si l'emploi est en progression en moyenne sur les 5 dernières années, on ne peut que souligner la difficulté de recrutement des entreprises dans les métiers techniques que ce soit en production ou sur le terrain ». De son côté Patrick ­Pérard indique qu'« il y a toujours 5 000 postes à pourvoir ». Pour piloter la formation dans le secteur, un enjeu considéré comme capital par les agroéquipementiers, Axema vient de créer une commission formation et un Pôle emploi-formation avec pour premières missions d'analyser, quantitativement et qualitativement, les formations existantes, de recenser les besoins, de participer aux commissions professionnelles consultatives au ministère de l'Agriculture et de promouvoir les formations professionnelles.

La France compte pour 15 % de la production d'agroéquipements en Europe.


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