Le Syndicat Agricole 04 décembre 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Logettes - Les membres blessés sont des signes d’inconfort

Quelques conseils pour limiter les lésions aux membres locomoteurs en conduite lisier.

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Pour garantir le bien-être animal et diminuer le risque de blessures, il est important de veiller à ce que la logette soit confortable, c’est-à-dire bien réglée, accessible et propre. (© DR) Tableau 1 : Comment choisir sa litière ? Tableau 2 : Temps d’entretien de l’arrière des logettes et de l’apport de litière pour 80 places (nettoyage 2 fois par jour)

La logette constitue la zone de repos des vaches laitières (VL) à l’étable. En stabulation, celles-ci doivent pouvoir se coucher entre 12 et 14 heures par jour par période de trois quarts d’heure. C’est lors de ces phases de repos que les animaux ruminent le plus et synthétisent la plus grande partie de leur lait. Des études ont ainsi montré que lorsque le temps de couchage passe de 7 h à 14 h/j, une vache produit 7 kg de lait en plus, sans modifier quoi que ce soit dans son alimentation. Un phénomène qui s’explique par l’augmentation du flux sanguin au niveau de la mamelle, un temps de rumination plus long, et la baisse des dépenses énergétiques. Un éleveur a donc tout intérêt à ce que ses vaches soient à l’aise dans leurs logettes. Or, dans les élevages en conduite lisier, l’apparition de blessures au niveau des membres locomoteurs (tarsite et hygroma) s’avère fréquente et indique un problème quant à la qualité des zones de couchage. Près de 80 % des animaux présenteraient ce type de pathologies dans les étables équipées de matelas ou tapis. Une étude statistique, menée par la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais auprès de 30 élevages laitiers de la région, a permis d’établir quelques préconisations afin de les prévenir.


Au minimum une logette par vache
Le nombre de logettes doit être défini en fonction de l’effectif maximum présent. En clair, il faut compter au moins une logette par vache. En grands troupeaux et pour des animaux qui séjournent longtemps dans la stabulation, il est recommandé d’y associer une aire paillée. Elle doit permettre de loger à proximité du lieu de traite les animaux confrontés à des signes de fatigue (10 à 15 % du cheptel).


Prendre en compte le gabarit des animaux
Il n’y a pas un réglage unique pour les logettes. Pour assurer un confort optimum des animaux, celui-ci doit tenir compte du gabarit des plus grands animaux du troupeau. L’objectif étant de faciliter les mouvements des vaches au lever et au coucher. Deux critères facilement mesurables sont à considérer : la longueur diagonale de la pointe de l’épaule à la pointe de la fesse (ischion) et la hauteur au garrot. Tout d’abord, il convient de faire une liste des vaches ayant les plus gros gabarits et représentant au moins le quart de l’effectif du troupeau. Pour avoir des mesures fiables, il faut que les vaches soient bien positionnées et droites (au cornadis ou dans un couloir de contention). La longueur diagonale est mesurée avec un ruban souple d’au moins 2 mètres. Il est positionné bien droit, sans toucher le ventre de l’animal, afin de ne pas la surestimer. Lors de cette opération, il est recommandé d’être à deux personnes, dont l’éleveur situé à l’avant de l’animal. Enfin, il ne reste plus qu’à calculer la longueur diagonale moyenne et la hauteur moyenne au garrot des animaux mesurés.


Choisir un bon revêtement
Qu’il s’agisse d’un tapis ou d’un matelas, ce revêtement doit répondre à plusieurs critères.
La surface supérieure doit être en caoutchouc lisse et rainurée. Cela permet de diminuer les frottements et donc les abrasions, tout en favorisant l’évacuation des jus. Les rainures permettent également d’éviter les glissades. Le revêtement doit aussi être épais et mou : c’est à dire d’au moins 4 cm d’épaisseur et être confortable lorsqu’on se laisse tomber dessus à genou. L’objectif étant d’atténuer l’intensité du choc lorsque l’animal se couche, tout en augmentant le confort de couchage. De plus, cela contribue aussi à améliorer l’isolation de la logette et évite l’usure prématurée du revêtement.


Bien entretenir et nettoyer la litière
Il est impératif de maintenir quotidiennement la qualité de la zone de couchage. Il est donc conseillé d’apporter 200 g de litière une à deux fois par jour. Veillez bien à les répartir correctement de façon à ne pas laisser de zones nues. L’absence de matériaux de litière est à proscrire car il faut absolument contrôler l’humidité à l’arrière de la logette (perte de lait, sudation), tout en intégrant dans la réflexion le nettoyage. Comment choisir la bonne litière ? Plusieurs solutions existent, telles que la sciure, la paille de céréale ou la paille broyée. Celles-ci ont été comparées en fonction de 3 critères : le confort de l’animal, la capacité d’absorption et la facilité d’utilisation (cf. tableau 1).
Si la paille broyée (tamis de 1,5 cm) apparaît être le meilleur compromis, son coût d’utilisation est nettement plus important que pour la paille de céréale ou la sciure. À noter qu’une litière composée d’éléments fins (moins de 1,5 cm) favoriserait les blessures aux membres locomoteurs, notamment des pertes de poils et des abrasions au niveau des jarrets et des cuisses.
Un nettoyage fréquent pour des vaches propres est essentiel. Il s’agit en effet s’assurer que le sol de la logette soit propre et sec afin d’éviter le développement bactérien et par conséquent les infections et les irritations aux membres locomoteurs. En stabulation permanente, il est nécessaire de nettoyer manuellement ou mécaniquement l’arrière des logettes deux fois par jour. Pour limiter les bouses à l’arrière des logettes, on peut être tenté de rapprocher l’arrêtoir au sol et la barre de cou vers le seuil. Cela permet de réduire l’entretien mais au détriment du confort des animaux. Avec un bon réglage, certaines logettes sont inévitablement souillées, en particulier celles occupées par les plus petits gabarits (primipares). Enfin, la mécanisation de l’entretien permet de réduire fortement le temps et la pénibilité du travail (tableau 2), tout en permettant un nettoyage efficace (balayage du sol, répartition du matériau de litière).


MDS

LE CHIFFRE

16
Le nombre de fois où une vache se lève et se couche en moyenne chaque jour.

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