Le Syndicat Agricole 17 juillet 2015 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Les semences, au cœur du développement de la production

Saf agr’iDées a consacré une journée de réflexion aux semences, qui auront un rôle majeur à jouer dans l’augmentation nécessaire de la production agricole mondiale.

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Les programmes de recherche et développement sont très importants : cela pèse 13 % du chiffre d’affaires des obtenteurs en moyenne (13,5 % par exemple chez Limagrain).
Les programmes de recherche et développement sont très importants : cela pèse 13 % du chiffre d’affaires des obtenteurs en moyenne (13,5 % par exemple chez Limagrain). - © Jean Weber, Inra

L’augmentation nécessaire de la production agricole mondiale était au cœur de la journée « les semences, une pépite française » organisée le 24 juin par Saf agr’iDées. « Comment atteindre l’objectif de développer de 60 % (70 % dans les pays en développement) pour assurer la sécurité alimentaire en respectant l’environnement et la santé des agriculteurs ? » s’est interrogée Agnès Ricroch, enseignante-chercheur à AgroParisTech. « Il faudra donc plus que doubler la production d’ici 2050 » précise-t-elle. La sélection variétale est une des clés pour relever ce défi. « Les obtenteurs sont au cœur de la filière », déclare Hélène Guillot, chargée d’affaires juridiques et réglementaires à l’Union française des semenciers (UFS). Dans leurs travaux, les obtenteurs doivent prendre en compte trois éléments clés. En premier lieu, la productivité et la compétitivité économique des cultures : d’ici à 2050, la demande de blé dans le monde augmentera de plus de 60 %. Deuxièmement, la qualité des cultures : « Les cahiers des charges des industries agroalimentaires s’étoffent et deviennent de plus en plus complexes », souligne Hélène Guillot. Enfin, la prise en compte de l’environnement est le critère qui monte. Pour parvenir à résoudre cette équation, les obtenteurs ont « besoin d’anticipation ». « Il faut 10 ans pour mettre une nouvelle variété à disposition des agriculteurs ». D’ou des programmes de recherche et développement très importants : cela pèse 13 % de leur chiffre d’affaires en moyenne. À titre de comparaison, le budget R&D pèse 14 % dans l’industrie pharmaceutique et 2 % pour les IAA.
En France, les firmes semencières ont investi 155 millions d’euros dans la recherche entre 2011 et 2015. « L’innovation est au cœur de la stratégie semencière, poursuit Hélène Guillot. Il faut donc la protéger ». D’où l’importance des royalties qui permettent un nécessaire retour sur investissement. Un programme de sélection blé tendre, c’est 15 millions d’euros sur 10 ans. « Il faut donc développer 3 à 4 variétés pour que les royalties (300 000 à 400 000 euros par an) puissent couvrir les frais de R&D ». « La semence est un concentré d’innovation », ajoute pour sa part Xavier Tayot, directeur développement Europe de Limagrain. « L’agriculteur achète une promesse de rendement et de qualité pour avoir un résultat ». Mais, précise-t-il, « on ne peut plus faire de la sélection variétale comme il y a 50 ans. Si on veut être bon, rester dans la course, il faut être bon sur tous les sujets ». Le but : « Optimiser le rendement de la variété dans la situation de l’agriculteur ».
Il n’hésite pas à évoquer les sujets sensibles : « Les OGM font bien entendu partie des techniques de sélection dont on a besoin. Donc chaque fois que la réglementation le permet, nous produisons et commercialisons des semences OGM dans les pays (Limagrain est présent dans 42 pays, ndlr). » Par ailleurs, « le traitement des semences permet de protéger contre les agresseurs ou les parasites du sol. C’est une source de progrès, d’efficacité et de protection de l’environnement », assène-t-il. Il ne faut pas « freiner » son développement, « comme c’est le cas actuellement ». « La réglementation doit inciter à l’innovation, garantir l’efficacité et la sécurité pour l’utilisateur et doit permettre la protection des innovations » conclut-il.

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