Le Syndicat Agricole 02 octobre 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Les sécheries régionales ouvrent le 5 octobre

Les premiers chantiers de récolte commencent ce vendredi avec des perspectives de rendements légèrement inférieures aux dernières années.

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Les premiers ramassages de tas de chicorée en bord de champ commencent ce week-end dans le Nord-Pas de Calais. © Y. Delourme Selon les derniers prélèvements, la productivité finale devrait être atténuée de 2 à 3 %, soit une moyenne de 41 à 42 t/ha attendue. © Y. Delourme

Issue d’un savoir-faire unique en France, mêlant l’expérience de la production d’endives pour la protection des végétaux et la technicité de la culture de betteraves pour son matériel de semis et d’arrachage, la chicorée est un emblème de l’agriculture régionale. Présente en 2015 sur 1 350 ha (hors-chicorée inuline – 1 500 ha) dans le Nord-Pas de Calais – Picardie, la chicorée à boisson a connu une saison en dents de scie. Le printemps, sec et froid, laissait apparaître de grosses craintes quant à la levée de la plante. Après un été bénéfique aux racines, la situation est aujourd’hui stabilisée.

L’alternance salvatrice de pluies et de chaleurs
Au 15 juin dernier, plus de deux mois après les premiers semis (moyenne au 7 avril), les voyants étaient au rouge dans la plupart des parcelles des planteurs de la région. « Nous avons connu un mois d’avril assez exceptionnel avec un desséchement des sols nouvellement semés par un vent d’Est persistant », rappelle Yannick Delourme, responsable agronomique de l’Interprofession de la chicorée de France. La majorité des chicorées sont ainsi restées sans eau jusqu’au 8 mai, ce qui a particulièrement perturbé la germination. « La culture était très mal engagée, certaines parcelles accusant jusqu’à 4 à 5 semaines de retard ; du jamais vu, poursuit le technicien. Le déficit par rapport aux rendements habituels était alors estimé entre 8 et 10 % ». Les fortes températures de juillet, avec des pointes à 35 °C, et de début août ont heureusement compensé en grande partie le retard annoncé. « La chicorée est, à l’origine, une plante qui résiste bien à la chaleur. Elle s’épanouit dans un environnement humide et doux. L’alternance de pluies et de chaleurs lui a été bénéfique », explique Yannick Delourme. Compte tenu des bonnes conditions pédoclimatiques actuelles et afin d’optimiser le potentiel de rendement en laissant la plante arriver à maturité, la date d’ouverture des sécheries a donc été décalée d’une dizaine de jours cette année, au lundi 5 octobre prochain.

Une moyenne de 41 à 42 t/ha attendue
Après bientôt 180 jours de végétation, les perspectives de rendements sont hétérogènes, mais désormais meilleures que celles prévues dans un premier temps en juin. « La productivité finale devrait être atténuée de 2 à 3 %, soit une moyenne de 41 à 42 t/ha attendue au lieu de 45-46 t/ha plus habituellement, estime Yannick Delourme qui est aussi agent de plaine pour la société Leroux. Il en va de même pour le taux de richesse qui semble moins élevé que les années précédentes ». La situation peut encore évoluer en fonction de plusieurs paramètres : l’ensoleillement qui fera évoluer la matière sèche, aujourd’hui très faible (à cause des fortes précipitations de septembre), le rendement, le type de variété utilisé (cette année, 40 % des parcelles sont composées de chicorées Malachite, une variété très intéressante pour l’industriel) et les dates d’arrachage des racines. « Les premiers chantiers de récolte démarrent actuellement dans de bonnes conditions », affirme le spécialiste. Les trois zones de production de chicorée – 61 % en Flandres intérieure et maritime, 24 % dans la Somme (entre Abbeville et Crécy-en-Ponthieu) et 15 % dans le triangle Villeneuve-­d’Ascq, Cambrai, Arras – approvisionneront les sécheries Leroux à Vieille-Église, et la Sonodé à Saint-Pierre-Brouck jusqu’à la mi-novembre (date de fin de la déshydratation des racines). La chicorée sera alors torréfiée pendant l’année, notamment à l’usine ­d’Orchies (59) pour la société Leroux et Lutin (Chicorée du Nord) à Oye-Plage (62).

Simon Playoult

La chicorée à café en chiffres

- 1 350 hectares en 2015.
- 200 planteurs.
- 3 zones de production.

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