Le Syndicat Agricole 28 mai 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Les infrastructures logistiques, un atout régional à conforter

La filière alimentaire du Nord-Pas de Calais s’est réunie en comité stratégique au grand port maritime de Dunkerque.

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Les infrastructures logistiques régionales comme le port de Dunkerque et les voies fluviales sont des enjeux à développer.
Les infrastructures logistiques régionales comme le port de Dunkerque et les voies fluviales sont des enjeux à développer. - © PAD

« À quelques mois de l’association du Nord-Pas de Calais et de la Picardie, notre grande région doit s’affirmer plus encore comme un territoire majeur d’échanges commerciaux agricoles et agroalimentaires », a introduit Jean-Bernard Bayard, président de la Chambre d’agriculture de région, lors du Comité stratégique de la filière alimentaire (Corfa) en Nord-Pas de Calais. Créée en avril 2014, cette assemblée de suivi des politiques de développement a réuni l’ensemble des acteurs régionaux de l’alimentation autour des opportunités que représentent des infrastructures logistiques, le 22 mai au grand port maritime de Dunkerque.


Organiser les filières en amont de la régionalisation
Les secteurs agricoles et agroalimentaires ont un poids économique de premier plan dans le Nord-Pas de Calais : 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 85 000 emplois de l’amont à l’aval (1er employeur régional). « Cette charge va être décuplée après notre regroupement territorial avec la Picardie, nous allons donc fortement peser dans le débat national », assure Antoine Lebel, directeur adjoint de la Draaf. Les responsables des filières alimentaires régionales se sont donc accordés sur la nécessité d’articuler une logique d’export et de logistique pour le développement de la future grande région. « Nous devons jouer la carte de la complémentarité et de la coopération entre les territoires, la qualité des productions et des produits est un facteur de compétitivité », appuie Jean-Louis Robillard, vice-président du Conseil régional en charge de l’alimentation. Des propos relayés par Jean-Bernard Bayard : « La régionalisation est en effet une chance pour l’agriculture et l’industrie agroalimentaire qui possèdent de nombreux atouts, nous devons profiter de ces opportunités avec pragmatisme ».


Anticiper les projets et les échéances à venir
Près de 22 millions de tonnes de produits agricoles et agroalimentaires circulent chaque année sur les routes et les voies de navigation régionales. Avec 250 km de canaux à grand gabarit, le Nord-Pas de Calais est une des régions les mieux desservies par le transport fluvial qui représente une alternative à la fois économique et écologique au mode routier. « Face à l’accroissement des échanges de marchandises, je rappelle la détermination de notre engagement envers le Canal Seine-Nord, souligne le président de la Chambre d’agriculture de région. Le projet requiert d’être géré avec intelligence afin de pouvoir créer de l’emploi localement. Cette infrastructure ne doit pas simplement être un axe de passage entre Paris et le nord de l’Europe ». Sur la façade maritime, le grand port maritime de Dunkerque (3e port français) agit en cohérence et vient de valider (le 22 mai dernier) son projet stratégique à l’horizon 2018. « Une nouvelle zone portuaire de 300 ha va être ouverte en 2016, annonce Yves Lalaut, directeur de l’aménagement du port de Dunkerque. Elle est notamment destinée à l’implantation de nouvelles entreprises ». Autre échéance à venir, la fin des quotas sucriers européens programmée en 2017. « La question logistique doit d’ores et déjà être étudiée pour que la région ne subisse pas une concurrence directe », préconise Jean-Bernard Bayard. Rappelons que le port de Dunkerque est leader dans l’exportation de sucre avec 199 000 t exportées en 2014.

Simon Playoult

Éric Allain, directeur général de FranceAgriMer.
Éric Allain, directeur général de FranceAgriMer. - © DR

Zoom sur... Un appel à projets pour les filières agricoles et agroalimentaires

Le Programme d’investissements d’avenir (PIA) a pour objectif de soutenir des projets d’investissements et d’innovation des entreprises dans les secteurs agricoles et agroalimentaires. Au sein de ce dispositif d’investissements, l’action spécifique « Projets agricoles et agroalimentaires d’avenir » (P3A), menée par FranceAgriMer, est dotée de 120 millions d’euros. « Le P3A doit permettre de renforcer la compétitivité de l’offre alimentaire française, tant sur le marché intérieur qu’à l’export, tout en confortant son ancrage territorial », a expliqué Eric Allain, directeur général de FranceAgriMer, venu présenter le programme. Après les deux premiers appels à projets lancés fin janvier, « Reconquête de la compétitivité des outils d’abattage et de découpe » et « Modernisation des serres et des équipements dans les secteurs maraîcher et horticole », dotés respectivement de 20 et 14 M€, un troisième appel à projets « Innovation et compétitivité des filières agricoles et agroalimentaires » vient d’être lancé (doté d’une enveloppe de 45 M€).

Le 2e Comité régional de l’alimentation (Cralim) s’est tenu le 26 mai

Aux côtés du Comité stratégique des filières alimentaires, qui concerne l’agroalimentaire et les filières longues, existe une autre structure de gouvernance qui permet aux pouvoirs publics de mener une politique alimentaire de manière plus globale :il s’agit du Comité régional de l’alimentation (Cralim), co-présidé par l’État et la Région. Mise en place l’an dernier, la structure s’est réunie pour la 2e fois le 26 mai, au marché d’intérêt national (MIN) de Lomme. « Nous sommes la première région à avoir une co-présidence État-Conseil régional à la tête d’une telle structure », explique Antoine Lebel, directeur adjoint de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. Il ajoute : « La politique alimentaire volontariste de la Région nous a incité au rapprochement en raison d’une complémentarité de nos objectifs ». Le Cralim a pour ambition d’aider à la gestion et d’accompagner des projets alimentaires innovants et reproductibles. Les priorités de l’État en matière d’alimentation sont la justice sociale (aide alimentaire), l’éducation alimentaire de la jeunesse, la lutte contre le gaspillage et l’ancrage territorial.
À l’occasion du 2e comité, différents exemples de projets ont été mis en avant, comme la création d’un saisonnier d’éveil à la diversité alimentaire à destination des jeunes, l’opération « Bon et Bien » de l’industriel McCain qui vise à favoriser l’emploi local et la lutte contre le gaspillage, l’opération du Conseil régional pour développer l’approvisionnement des restaurants scolaires des lycées de la région en produits locaux et bio (objectif de 10 % d’approvisionnement local et bio dans la moitié des établissements d’ici à 2020) ou encore la constitution d’un groupement de producteurs dans l’Avesnois pour approvisionner la restauration collective.

Le MIN de Lomme devient un site d’excellence nommé Euralimentaire


« La Métropole européenne de Lille (MEL) a souhaité faire du marché de gros de Lomme un pôle stratégique du territoire en tant que plateforme logistique et agroalimentaire au nord de Paris », explique Didier Delmotte, directeur du MIN de Lomme. Le site, qui traite chaque année plus de 100 000 t de légumes, dont 35 % viennent du Nord-Pas de Calais, devient donc un site d’excellence nommé Euralimentaire. La plateforme de Lomme pourrait, par exemple, jouer un rôle logistique concernant l’approvisionnement de la restauration collective en produits locaux. Le MIN s’est également déjà engagé contre le gaspillage alimentaire et accueille régulièrement du public dans sa cuisine pour sensibiliser à l’alimentation.

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