Le Syndicat Agricole 17 octobre 2016 à 08h00 | Par MDS

Les Hauts-de-France s’exposent au Sial

Le Salon de l’innovation alimentaire de Paris (Sial) ouvre ses portes du 16 au 20 octobre prochains.

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Parmi les innovations qui seront présentées sur le pavillon des Hauts-de-France, on trouve le yaourt infusé aux herbes de la ferme du Sire de Créquy, située à Fruges.
Parmi les innovations qui seront présentées sur le pavillon des Hauts-de-France, on trouve le yaourt infusé aux herbes de la ferme du Sire de Créquy, située à Fruges. - © Le Syndicat Agricole

C’est le rendez-vous incontournable du secteur agroalimentaire mondial. Le Salon international de l’alimentaire de Paris (Sial) revient du 16 au 20 octobre prochains au Parc des expositions de Villepinte. Le plus grand évènement mondial consacré à l’innovation alimentaire affirme sa position de leader : près de 7 000 exposants venus de plus d’une centaine de pays (dont 45 % non européens) seront présents lors de cette édition 2016. « On retrouve cette année une dynamique du côté des exposants français », se réjouit Nicolas Trentesaux, directeur du réseau Sial. La France reste ainsi le premier pays exposant avec 15 % du total (soit environ 1 000 entreprises) ; un chiffre en progression de 6 % par rapport à l’édition 2014, porté par les exposants « food ». Pour la première fois, les anciennes régions Nord-Pas de Calais et Picardie seront réunies sur un pavillon commun Hauts-de-France (5a M 068), situé dans le hall « Régions de France ». Celui-ci est le fruit d’un partenariat entre le Conseil régional, les comités de promotion Nord-Pas de Calais et Picardie, les pôles de compétitivité régionaux (Aquimer, NSL, Agroé, Agrosphères) et les CCI Nord de France et Picardie.

Le pavillon Hauts-de-France
La Région a d’ailleurs prévu un important dispositif pour mettre en valeur les entreprises agroalimentaires des Hauts-de-France. Les deux marques collectives régionales, Saveurs en’Or et Terroirs de Picardie partageront un stand ; les deux centres techniques, Adrianor (Arras) et Extractis (Amiens) seront également présents sur place. Un espace de démonstration culinaire sera animé quotidiennement par un chef qui fera découvrir aux visiteurs les produits des exposants régionaux. Un rendez-vous « networking » a aussi été programmé (mercredi midi) en collaboration avec la CCI de Picardie. Les entrepreneurs de la région auront ainsi l’occasion de rencontrer une délégation d’une soixantaine d’acheteurs étrangers venus de Turquie, de Grèce, d’Espagne, d’Italie et de Georgie. À noter que le Conseil régional accompagne directement une vingtaine d’entreprises agroalimentaires régionales sur le Sial. La plupart d’entre elles, à l’instar d’Ingredia, seront ainsi présentes sur le pavillon Hauts-de-France ; tandis que d’autres ont opté pour leurs secteurs produits afin de cibler en priorité leurs acheteurs potentiels. Par ailleurs, un stand innovation regroupera sur le pavillon régional les lauréats du concours régional de l’innovation agroalimentaire Food creativ. Ces derniers seront sur place pendant deux jours pour faire découvrir leurs produits : le yaourt fermier infusé aux herbes de la ferme du Sire de Créquy (Fruges), le mélange de graines et céréales de Food aventure (Ennetières-en-Weppes), le feuilletage coloré, aromatisé de Grain d’or Gel (Grande-Synthe), le brut de noix de bœuf de la société Des Hommes et des bœufs (Dunkerque), ainsi que les soupes de Bon & Bien (Templeuve).

Le Sial 2016

- Plus de 155 000 visiteurs attendus dont 70 % d’internationaux. 
- 7 000 exposants dont 85 %d’internationaux. 
- 400 000 produits présentés venusde plus de 100 pays.

Alice Barlet, responsable de l’atelier produits frais de la ferme du Sire de Créquy à Fruges (62)
Alice Barlet, responsable de l’atelier produits frais de la ferme du Sire de Créquy à Fruges (62) - © Le Syndicat Agricole

Interview
« Être au Sial est pour nous une chance unique »

Lauréats du dernier concours régional de l’innovation alimentaire, Alice Barlet et son frère
Damien Henguelle seront présents la semaine prochaine à Paris sur le stand de la région Hauts-de-France. Avec leurs cinq salariés, ils transforment une partie du lait de leur troupeau d’une soixantaine de vaches en fromages et en yaourts « gourmands et gourmets ».

Comment vous est venue l’idée de créer un yaourt infusé aux herbes ou aux épices ?
Après la mise en place des quotas laitiers dans les années 1980, mes parents ont commencé la fabrication de fromages fermiers au lait de vache et affinés. Mon frère, Damien, a ensuite pris le relais en s’occupant de l’exploitation laitière et de la production de fromages. En 2012, je suis revenue sur la ferme et, l’année suivante, nous avons décidé de nous lancer dans la fabrication de produits frais sous l’impulsion du réseau « La Ruche qui dit oui ». À l’époque, nous fournissions déjà en fromages des « ruches » situées pour la plupart en région parisienne. Certaines nous ont demandé si on pouvait aussi faire des yaourts. Nous avons été séduits par cette opportunité d’étoffer notre gamme de produits, mais nous ne voulions pas prendre la place des autres producteurs qui leur livraient des yaourts « classiques ». Il a donc fallu trouver un moyen de se différencier, d’où l’idée de créer un yaourt fermier infusé aux herbes ou aux épices. Aujourd’hui, nous produisons 4 000 yaourts et crèmes desserts par semaine dont environ 1 500 pots d’infusés.

Pouvez-vous nous présenter votre produit qui n’a rien d’un yaourt « ordinaire » ?
C’est un produit de niche qui marie subtilement yaourt fermier au lait entier et infusions aux herbes. Il est équilibré et peu sucré, avec une texture ferme et onctueuse. Il ne contient ni conservateurs ni arômes artificiels. Je travaille plutôt avec des plantes fraîches (en été) qui sont, si possible, produites sur l’exploitation ; tandis que les épices (en hiver) viennent de fournisseurs spécialisés. La gamme se décline en différents parfums : menthe, thym citronné, badiane, baies de genièvre, gingembre, pétales de rose, lavande, cannelle ou romarin. Cette grande variété me permet de mieux maîtriser la composition du produit (acidification, développement bactérien), tout en suivant le fil des saisons. Bien sûr, certains parfums restent disponibles toute l’année mais ce travail sur la saisonnalité est vraiment important. Ne serait-ce que pour susciter l’attente chez nos clients.

Pourquoi avoir opté pour des arômes plutôt destiné à la cuisine salé ?
Je me suis inspirée de mon parcours professionnel. Avant de revenir à la ferme, j’ai été restauratrice pendant une dizaine d’années. J’avais pris l’habitude de toujours tester de nouvelles recettes. L’utilisation d’herbes infusées et d’épices offre une infinité de possibilité en termes de parfum. Dernièrement, j’ai fait des essais avec du laurier et les résultats sont plutôt encourageants.Toujours est-il que le concours Food creativ nous a réellement donné confiance en notre produit : des professionnels l’ont goûté et ont trouvé le concept intéressant. Il n’empêche que notre yaourt est plutôt destiné aux amateurs de nouveaux goûts et de nouvelles sensations. D’ailleurs, il peut aussi être utilisé en sauce ou en granité.


Où peut-on trouver vos yaourts ?
Actuellement, nous livrons principalement des « Ruches » en région parisienne et une sur Arras. Nous sommes en discussion avec l’enseigne Monoprix pour faire, dans les prochains mois, un essai dans le magasin du Croisé Laroche à Marcq-en-Barœul près de Lille. On aimerait également pouvoir mettre un pied dans des hôtels étoilés et des restaurants gastronomiques de la région.

Qu’attendez-vous de votre participation au Sial à Paris ?
Il s’agit avant tout une belle vitrine pour nous. C’est une chance unique de rencontrer pendant deux jours des professionnels de l’agroalimentaire au niveau national et international, d’échanger avec eux, de prendre des contacts, d’avoir des retours en direct par rapport à d’éventuelles améliorations à apporter, de voir les tendances de demain, ainsi que de trouver de nouvelles sources d’inspiration. Nous ne sommes évidemment pas des industriels mais on ne s’interdit rien. D’autant que nous avons tout intérêt, en ce moment, à transformer un maximum de notre lait en fromages ou en yaourts, car il est ainsi bien mieux valorisé.
Propos recueillis par MDS

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