Le Syndicat Agricole 12 février 2016 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

«Les experts» de notre sécurité sanitaire

Le laboratoire départemental d’analyses (LDA) du Pas-de-Calais, garant de la bonne santé des élevages, nous a ouvert ses portes.

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La technique du PCR (Polymerase chain reaction) permet de caractériser les virus ou les bactéries à partir de fragments d'ADN. © LDA Isabelle Marien, directrice du LDA 62. © DR Diagnostics des analyses de sang réalisées sur les élevages. © DR  © DR  © DR  © DR Aliment récupéré en restauration collective pour un contrôle d'hygiène au laboratoire. © DR  © DR  © LDA  © LDA Analyses chimiques et bactériologiques de l'eau. © LDA  © LDA  © LDA  © LDA  © LDA

Fièvre catarrhale ovine (FCO) aux portes de la région, grippe aviaire galopante dans le sud-ouest... les épidémies actives sont en recrudescence en ce début d’année 2016 dans les élevages français. Au laboratoire départemental d’analyses (LDA) du Pas-de-Calais, c’est le branle-bas de combat depuis plusieurs semaines. Trente-six salariés (techniciens de laboratoires, vétérinaires) œuvrent quotidiennement pour dépister l’apparition des maladies et gérer les crises sanitaires dans notre département. Surveillance, traitement des échantillons : ce sont plus de 200 000 analyses qui sont réalisées annuellement par cet établissement situé au parc des Bonnettes à Arras.

De l’étable…
Créé en 1938 à la suite d’une épidémie de fièvre aphteuse, le laboratoire contribue par sa qualification et son expertise à la protection de la santé animale dans le département. « C’est avant tout un outil de veille sanitaire et d’aide aux agriculteurs, signale Isabelle Marien, directrice du LDA depuis 2010. Notre mission première est de détecter le plus tôt possible l’apparition de certaines maladies et de répondre présent en cas de crises sanitaires. » Lorsqu’un éleveur remarque une anomalie au sein de son cheptel (troubles alimentaires, mortalité…), il contacte son vétérinaire qui, à son tour, peut faire appel au laboratoire d’analyses. Si nécessaire, un animal y est envoyé pour autopsie et une batterie d’examens sont alors réalisés grâce à un plateau technique ultra moderne de bactériologie, parasitologie, biologie moléculaire et cellulaire.

… à la table d’autopsie
Vaches, veaux, cochons ou volailles sont disséqués au sein du site arrageois et examinés (lésions, organes) par le service Bactério-parasitologie et autopsie (BPA), qui réalise les premières investigations. Les prélèvements sont ensuite réalisés et mis en culture. Les germes pathogènes peuvent ainsi être identifiés. « Pour certaines maladies (tuberculose, FCO,…), le LDA réalise, en complément des méthodes classiques, des analyses par PCR (Polymerase chain reaction). Cette méthode permet de caractériser les virus à partir de fragments d’ADN avec un temps de réponse ne dépassant pas les 24 h, explique la directrice. Nous sommes ici dans l’univers de l’infiniment petit. » À l’aide des résultats d’analyses obtenus, les vétérinaires et éleveurs confrontés à une pathologie dans un élevage peuvent poser un diagnostic précis et donc mettre en place des traitements et des mesures de prévention adaptés.

Des projets en cours avec le GDS, les JA et les chasseurs
Ancré sur le territoire depuis près de 80 ans, le LDA bénéficie de multiples partenariats avec le monde rural. En premier lieu, avec le Groupement de défense sanitaire (GDS) du Pas-de-­Calais. « Cette année, l’accent a été mis sur la lutte contre la diarrhée virale bovine (BVD) qui peut causer d’importantes pertes économiques chez les éleveurs, indique Isabelle Marien. Un vaste plan d’action va être élaboré pour essayer d’éradiquer le phénomène sur notre territoire. » Parallèlement, un plan de surveillance « neospora » est en cours avec le GDS et la Fédération départementale des chasseurs. « La maladie semble être à l’origine d’avortements inexpliqués chez les bovins, nous soupçonnons le renard d’en être le vecteur. » Des études ponctuelles ont été réalisées sur le terrain et, depuis quelques mois, aux alentours d’une « ferme test ».
À noter que le LDA est l’un des quatre laboratoires, au niveau national, à posséder une reconnaissance internationale « pour la sérologie de la rage pour les carnivores ». Enfin, les Jeunes Agriculteurs peuvent bénéficier d’un audit complet (financé par le Département, le GDS et le groupement technique vétérinaire) en cas de reprise d’un cheptel lors de leur installation. Des investigations et projets que le LDA ambitionne de « régionaliser ». « Une étude est actuellement en cours pour mettre en commun nos ressources et nos savoir-faire avec les laboratoires départementaux du Nord et de la Somme », conclut Isabelle Marien.

Simon Playoult

Zoom sur... Analyses de l’eau et surveillance en restauration collective

L’activité du LDA 62 ne s’arrête pas à la santé animale. Il participe à la surveillance de l’environnement par la réalisation d’analyses des eaux : examens chimiques et bactériologiques pour l’eau d’alimentation et naturelle (rivières, étangs…) et bilans de charge polluante pour les eaux usées (stations d’épuration, industries). Le laboratoire joue aussi un rôle de protection de la santé publique, notamment dans les lieux de restauration collective. Quatre agents sillonnent quotidiennement le Pas-de-Calais pour accompagner les équipes en charge de la restauration dans le cadre de la maîtrise sanitaire avec des formations, des audits et bien sûr des prélèvements et analyses de contrôle (dans l’ensemble des demi-­pensions des collèges du département et une centaine d’établissements de restauration collective comme des maisons de retraite ou des instituts médicaux éducatifs).

1 000 analyses FCO depuis septembre

La zone réglementée, qui fixe les mesures techniques et administratives relatives à la lutte contre la fièvre catarrhale ovine (FCO) sur le territoire, a été étendue aux Deux-Sèvres et en Charente-Maritime cette semaine. Ce zonage, qui s’applique à la région parisienne et au sud-ouest de la Marne, s’arrête aux frontières de la nouvelle grande région (Aisne et Oise). « En septembre, dès l’apparition du premier cas en France, un plan de surveillance national a été établi, rappelle la responsable du LDA. La campagne départementale a permis de procéder rapidement à 1 000 échantillons dans 35 élevages répartis à travers tout le territoire. » À ce jour, aucune exploitation de la région n’est touchée.

LDA 62 en chiffres

6 500 clients.
200 000 analyses par an dont :
60 % en santé animale ;
15 % en environnement ;
25 % en restauration collective.
36 salariés.
1 800 m2 de laboratoire.
2,6 M€ de budget annuel.

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