Le Syndicat Agricole 10 novembre 2016 à 14h00 | Par Le Syndicat Agricole

Les bières de Noël pétillent déjà !

Les brasseurs des Hauts-de-France lancent leurs cuvées de fête. Des industriels de la bière aux fermes-brasseries, tous ont mis au point des recettes aux notes aromatiques.

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Saveurs de cannelle, de coriandre, de gingembre ou de miel. Quelle sera votre bière de Noël préférée ? © DR François Loos, président des Brasseurs de France. © DR Les brasseurs des Hauts-de-France ont rivalisé d’ingéniosité pour concevoir des recettes originales, mais aussi des bouteilles inédites. © DR

Fruit d’une tradition brassicole vieille de plusieurs siècles (elle existerait depuis le XIe siècle), la bière de Noël offre dès le mois de novembre ses arômes chaleureux pour réchauffer l’entrée de l’hiver. Pour la 31e année consécutive, les brasseurs des Hauts-de-France ont officiellement lancé la saison des brassins de fin d’année, mercredi 9 novembre à Lille Grand Palais. Plus de 500 personnes ont participé à l’événement.

« La brasserie tend à gagner en valeur et en image »
Géants du secteur ou petites brasseries mais aussi brasseries écoles et fermes brasseries, les professionnels de la filière sont toujours plus nombreux à créer de nouvelles recettes à l’occasion des festivités de Noël. Un regain d’intérêt qui illustre notamment le dynamisme des brasseries artisanales sur le plan national. « Nous allons dépasser le cap des 1 000 microbrasseries en France d’ici à la fin de l’année », a indiqué Raymond Duyck, président du syndicat des brasseurs du Nord, lors d’une présentation en avant-première des bières de Noël au Conseil régional, le 3 novembre. L’activité a en effet le vent en poupe, particulièrement dans le Nord et le Pas-de-Calais où plusieurs unités de production ont à nouveau été créées ces derniers mois. Certaines communes retrouvent ainsi une bière fabriquée de manière artisanale à l’effigie de leur territoire. « La consommation a diminué durant 40 ans, mais se stabilise depuis trois à quatre ans, poursuit le président Raymond Duyck. Aujourd’hui, la bière est davantage une boisson de dégustation et est synonyme de convivialité : la brasserie tend à gagner en valeur et en image ». Cela se vérifie sur les packagings (spécial Noël) des bouteilles et sur la mise au point des brassins 2016 aux notes aromatiques de cannelle, de coriandre, de gingembre ou de miel.

Un savoir-faire régional à promouvoir
Depuis 2014 et un vote du Sénat, la bière est inscrite au patrimoine culturel, gastronomique et paysager protégé de la France (au même titre que le vin). Les professionnels souhaitent accroître sa notoriété en région, dans l’Hexagone, mais également au delà de nos frontières. Ainsi, les brasseurs du Nord viennent de créer un nouveau site internet dédié à la promotion de leur savoir-faire et de leurs produits. Intitulé « Voyages en terre de brasseurs », il sera mis en ligne « dans quelques jours », selon Raymond Duyck. « Il s’agit d’accentuer la présence digitale du syndicat mais surtout de communiquer sur la bière et ses procédés », explique Nicolas Quilliet, concepteur du site. « La brasserie régionale a un immense potentiel de développement, garantit Louis Guillemant, représentant du pôle d’excellence agroalimentaire régional Agroé. On importe à ce jour plus de bières que l’on en exporte, la marge de manœuvre est donc importante ». Xavier Bertrand, président de la Région, s’est d’ailleurs dit prêt « à aider financièrement la filière sur l’exportation, y compris les viticulteurs du sud de l’Aisne ». « C’est un enjeu d’avenir, a-t-il déclaré. Il y a des débouchés à prendre pour nos produits à l’international ». Le responsable de la région Hauts-de-France a aussi évoqué sa volonté de créer deux salons des spécialités régionales (qui se tiendraient à Amiens et à Lille), lors desquels les bières seraient mises en avant. Pour l’heure, le futur grand rendez-vous de la filière brassicole sera l’édition de Terre de brasseurs, annulée en octobre dernier et reportée en 2017 à Arras.

Simon Playoult

Zoom sur... L’histoire de la bière de Noël

À l’origine, belle tradition du nord de la France, les maîtres brasseurs offraient chaque année pour Noël à leur personnel, à leurs meilleurs clients et aux villageois, une bière spéciale d’une qualité exceptionnelle. Issue des dernières récoltes d’orges, cette bière, autrefois dite « d’octobre », bénéficiait des températures plus fraîches de l’automne et pouvait mûrir tranquillement pendant plusieurs semaines. La bière de Noël est donc une bière de saison éphémère, brassée avec des matières premières fraîches... et en quantité limitée. Elle est issue du mélange de malts pâles, ceux qui donnent le corps, et de malts torréfiés qui confèrent bouche, arôme et couleur. Sa couleur est souvent plus foncée, avec une mousse fine, moelleuse et dense. Un peu plus alcoolisée (souvent 6 degrés ou plus), elle est légèrement plus énergétique et plus aromatique que les autres bières.

3 questions à François Loos, président des Brasseurs de France

« La définition juridique de la bière va être modifiée »

Comment se porte le marché de la bière ?
La conjoncture est bonne pour la production française. Le mois de septembre, très ensoleillé, a été profitable à la consommation. Certains brasseurs ont même eu du mal à suivre en termes de volumes. Nous sommes dans une période favorable, avec le succès des microbrasseries.
Je tiens à saluer le travail d’innovation et de recherche effectué par tous les passionnés de la bière.

Malgré tout, certains brasseurs se disent « submergés » par les textes de réglementation…
En effet, beaucoup d’entrepreneurs dénoncent l’amoncellement de contraintes administratives, juridiques et fiscales. Pour pérenniser l’emploi dans la filière, il convient d’éviter de multiplier les textes difficilement applicables. Nous avons besoin de retrouver un dialogue de confiance avec nos dirigeants, y compris sur la question de la « modération ». L’État doit prendre ses responsabilités sur ce sujet et ne pas toujours se résoudre à une politique répressive. L’abus est condamné, mais la modération est acceptable.

Qu’est-ce que le « décret 2016 » sur la bière ?
La définition juridique et officielle de la bière nous est donnée par le décret datant du 31 mars 1992. Ce décret pose des exigences en termes de composition (composants autorisés), de processus (fermentation) et de poids des ingrédients. Il va être modifié d’ici à la fin de l’année 2016. La teneur de certains contenus ou éléments pourrait évoluer, mais le décret devrait rester proche de celui existant.

Propos recueillis par S. PL.

La brasserie dans les Hauts-de-France

- 6,7 millions d’hectolitres (les bières de Noël représentent environ 1 % de cette production), soit plus de 33,5 % du national assuré par :
- 11 brasseries produisant plus de 2 500 hl/an.
- 49 brasseries artisanales produisant moins de 2 500 hl/an.

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