Le Syndicat Agricole 13 février 2017 à 14h00 | Par Le Syndicat Agricole

Les bêtes aussi sont amoureuses

Pour la Saint-Valentin, le parc zoologique d’Amiens propose une balade des amoureux. Une visite insolite et humoristique sur la drague entre les bêtes.

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Ara bleu. © Laurent Rousselin Leontopithecus chrysomelas. © Laurent Rousselin Maki vari. © Laurent Rousselin Manchot. © Laurent Rousselin Panda roux. © Laurent Rousselin Zèbre. © Laurent Rousselin

Ah, l’amour, la grande affaire des hommes. Extase, dévotion, joie intense, coup de foudre, tristesse, panique, jalousie, violence, aigreur… Autant d’états d’âme et de sentiments dans lesquels sombrent tous les hommes quand l’amour les assaille. À ceux qui croient encore que les bêtes n’ont ni raison, ni morale, ni état d’âme, la balade des amoureux programmée pour la Saint-Valentin, le 14 février, leur réservera bien des surprises. Elles aussi n’échappent pas aux affres de l’amour. Séduction, stratégie amoureuse et sexualité s’exercent tout autant chez les bêtes, avec un éventail aussi large de pratiques que chez les hommes. Monogamie, polygamie, échangisme, libertinage, passion dévorante, machisme, délicatesse exquise... Rien ne manque dans cette ménagerie, qui rappelle à bien des égards la ménagerie humaine. « Qui fait l’homme fait la bête », rappelle un dicton.
Ainsi, si la monogamie est érigée en dogme dans nos sociétés occidentales, elle l’est tout autant chez les gibbons. Quand ces primates se mettent en couple, c’est à la vie à la mort, et les enfants vivent auprès d’eux durant des années. Petite particularité : c’est madame qui porte la culotte. Je sais, cela vous rappelle forcément quelqu’un dans votre entourage ou peut-être bien vous-même. Les manchots aussi se « marient » pour la vie. Pour séduire leur belle, les mâles chantent à en perdre la voix, avant d’offrir un caillou à leur dulcinée lors de leur « mariage » (symbole de la première pierre du nid, ndlr). De vraies romantiques. Séduire en poussant la chansonnette, messieurs, pensez-­­­y, cela peut faire avancer votre cause. Mais, s’il vous plaît, évitez d’offrir des cailloux, si ce ne sont des diamants, les meilleurs amis de la femme, chantonnait une blonde sublime dans un film culte.
Moins glamour sont les dames maki, qui privilégient les mâles qui sentent le plus mauvais. Pour gagner le concours de la puanteur, ces messieurs passent leur journée à s’enduire avec leur queue de leur odeur corporelle la plus nauséabonde avant de la diffuser sur les autres mâles pour que la leur domine. Au final, celui qui a la plus mauvaise odeur gagne le cœur de ces dames. Messieurs, on vous déconseille sincèrement d’en faire autant. La gente féminine à deux pattes préfèrent les hommes qui sentent bon. À chaque espèce donc, son histoire. Et ce ne sont pas moins de quatre-vingt-cinq espèces que vous découvrirez au zoo d’Amiens, au cours de cette balade des amoureux.
Créée il y a quelques années de cela, au départ pour les scolaires, cette visite insolite et humoristique, a remporté un vif succès chez les personnes… âgées. Selon Pierre Bouthors, chargé de communication au zoo d’Amiens depuis 2011, « ces personnes ont vécu à une époque où l’anthropomorphisme était normal. Aussi s’y retrouvent-elles et elles rient beaucoup. Elles fondent littéralement devant les éléphantes qui préfèrent les quadras ou les quinquas aux petits jeunots, ou encore devant les flamants roses, dont 90 % « divorcent après une saison d’accouplement ». À classer dans la catégorie des infidèles. Mais les personnes âgées ne sont pas les seules à s’intéresser aux amours des bêtes.

Un zoo dans la ville
Aussi en clin d’œil à la Saint-­Valentin, l’équipe du zoo a-t-elle décidé de remettre au goût du jour cette visite ludique et humoristique. D’autres événements succéderont à cette visite. Grâce à la présentation de spectacles, d’expositions et des visites VIP sur-mesure suivant les tranches d’âge, le zoo d’Amiens, érigé sur 7 hectares, a quasiment doublé sa fréquentation en dix ans. L’an dernier, il a accueilli plus de 183 000 visiteurs. « Ce qui fait sa spécificité, c’est que c’est un véritable espace culturel permettant de créer des passerelles entre la vie sauvage et les citoyens. Par ailleurs, le zoo se trouve dans la ville, ce qui fait que nous sommes complètement intégrés dans la vie de la Cité. Enfin, c’est un lieu qui fédère toutes les classes sociales. Tout le monde y vient », explique Pierre Bouthors. Créé en 1952, à l’initiative de la municipalité de l’époque, sur le terrain du jardin botanique, abandonné depuis la Seconde Guerre mondiale, le zoo voit le jour. Les premiers animaux accueillis viennent du zoo de Vincennes. La collection se fait au gré des opportunités, mais suivant trois principes fondamentaux : la conservation des espèces menacées, la recherche scientifique et une valeur pédagogique. Aujourd’hui, le parc zoologique héberge près de quatre cents animaux de quatre vingt-cinq espèces différentes, et quarante-cinq agents font vivre ce parc tout au long de l’année.
Demain, avec l’agrandissement et la rénovation du parc zoologique, de nouveaux animaux feront leur entrée tels que les tigres, les girafes, des poissons, des amphibiens et des reptiles. La famille va s’agrandir avec un nombre d’espèces quasiment triplé. « La collection va être refaite complète ment. Notre choix est guidé par l’idée d’amener le visiteur dans un voyage à travers la découverte d’écosystèmes et de leur nécessaire préservation », explique Pierre Bouthors. Les travaux débuteront cet été. La première tranche portera sur l’aménagement de l’espace asiatique et d’un restaurant. L’ouverture au public est attendue pour 2019. Une seconde tranche de travaux succédera. Tout devrait être fin prêt au plus tard en 2022. Des plaines et des forêts de l’Asie, en passant par les rivières et les forêts d’Europe, puis par les marais et les côtes d’Amérique, les forêts tropicales du monde et les forêts et savanes d’Afrique, un beau voyage vous attend.

Florence Guilhem

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