Le Syndicat Agricole 17 février 2017 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Les agriculteurs-multiplicateurs de plus en plus nombreux dans la région

Un point d’actualité de la filière semence organisé dans la brasserie Cambier à Croix (59).

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Jean-Christophe Cambier, fondateur de la brasserie du même nom, à Croix. © DR Sacs de malt dans la brasserie Cambier. © DR

Dans les Hauts-de-France comme dans le reste de la France, le nombre d’agriculteurs-­multiplicateurs est en augmentation. C’est l’une des principales tendances au sein de la filière semences, preuve de son dynamisme malgré une campagne 2015-2016 difficile en raison des conditions climatiques particulières. Le Gnis région Nord (Nord-Pas de Calais, Picardie, Seine-Maritime, Eure) a présenté l’actualité du secteur jeudi 9 février dans la brasserie artisanale Cambier, à Croix (59).
« La région est importante en termes de création variétale », a rappelé Benoît Laffineur, délégué régional du Gnis. Pour rappel, elle compte 12 entreprises de sélection en 2016 (une de moins qu’en 2015 en raison d’une reprise de Carneau par Semences de France) et 38 entreprises de production réparties sur l’ensemble du territoire. Du côté des pommes de terre, l’activité est en hausse avec trois nouveaux collecteurs dans la région, ce qui monte à 30 le nombre de collecteurs de pommes de terre, au côté d’une entreprise de création variétale. « Pour les pommes de terre, cela ne fait que se développer ! » commente le responsable.
La grande région compte également 2 650 agriculteurs-multiplicateurs, soit 100 de plus en 2016 par rapport à l’année précédente (ils sont 1 700 dans les Hauts-de-France et 18 961 en France). « Ce sont surtout des jeunes qui voient, en ces temps de difficultés, plus de perspectives dans cette production grâce à la contractualisation », commente Benoît Laffineur. « C’est un métier qui attire beaucoup de jeunes car il est très technique », ajoute Delphine Guey du Gnis. Nous avons créé des vocations. »
Au niveau des quantités certifiées, les blés enregistrent une baisse de 10 à 15 % cette année, sans surprise au regard des conditions météorologiques. Ils étaient déjà en baisse de près de 7 % entre les récoltes 2014 et 2015. « On devrait avoir une augmentation des surfaces en 2017 pour reconstituer les réserves et ramener de la sécurité dans l’approvisionnement de semences », souligne Benoît Laffineur. Parmi les espèces qui enregistrent les plus fortes augmentations, on note les légumineuses, les betteraves et le lin. En termes de surfaces, toutes les espèces ont connu une augmentation en 2016, excepté les céréales. Le délégué régional du Gnis s’attend ainsi à « de belles perspectives en termes d’évolution de nos entreprises ».

La filière semence française
En France, premier pays producteur européen, la part des exportations dans le chiffre d’affaires du secteur est de 47 % en 2015-2016, soit 1,8 milliard d’euros. « Les exportations n’ont fait qu’augmenter depuis une vingtaine d’années, souligne
Delphine Guey. Il y a une dynamique forte, nos entreprises exportent vers plus de 150 pays, l’Europe restant le premier marché à l’export. » Les principales espèces exportées sont le maïs, les plantes potagères, les oléagineux et les betteraves. Le chiffre d’affaires de la filière est en augmentation, à 3,3 milliards d’euros en 2015-2016. Delphine Guey rappelle les raisons d’une telle réussite : « une organisation dynamique de la filière, un savoir-faire historique de nos agriculteurs combiné à des conditions pédoclimatiques favorables, ainsi qu’une véritable démarche de recherche et d’innovation. » Ainsi, les variétés inscrites au catalogue français sont en nette augmentation : de 3 500 en l’an 2000, elles sont passées au nombre de 6 000 en 2016. « La progression du nombre de variétés est due à l’envie des consommateurs de retrouver des produits anciens ainsi qu’à la diversité de nos agricultures, explique Delphine Guey. Il y a beaucoup de secteurs et de marchés qui se développent. L’offre variétale se développe pour répondre à la demande. »

Laura Béheulière

Zoom sur... La création des variétés d’orge de brasserie

À l’occasion de son point sur l’actualité de la filière, l’interprofession des semences a abordé le sujet de la création variétale des orges de brasserie. La diversité des sortes de bière résulte de la mise en œuvre de malts aux qualités différentes. Ces malts s’obtiennent à partir de variétés d’orge qui, sous des dehors semblables, présentent des différences dans la composition biochimique de leurs grains. C’est sur ces caractères recherchés par les malteurs et les brasseurs que travaillent les sélectionneurs. Une entreprise de patience : entre le début de la création d’une variété d’orge, et la dégustation de la bière, en passant par la multiplication des semences, la culture de l’orge, la fabrication du malt puis de la bière, il s’écoule une quinzaine d’années.
L’orge de brasserie représente 6 % de la production mondiale de céréales (environ 140 millions de tonnes). La part de l’orge de brasserie sur ce total est de seulement 1 %, soit 25 Mt. En France, environ 4 Mt d’orge de brasserie sont produites chaque année. Le pays exporte beaucoup ; 15 % de la production mondiale d’orge brassicole vient de France. Enfin, 1,7 Mt d’orge brassicole est utilisée dans la malterie française.

La brasserie Cambier

Au cœur de Croix, dans le Nord, la brasserie artisanale Cambier, qui a ouvert il y a deux ans, a produit 1 300 hectolitres de bière en 2016. Chaque année, 30 tonnes de malt sont utilisées. « C’est l’ingrédient principal après l’eau, précise Jean-Christophe Cambier, brasseur et gérant fondateur. Le malt, via les sucres, permet d’avoir un certain rendement d’alcool. Ce que je recherche donc dans le malt que j’achète directement à un malteur, est la quantité de sucre présent, liée à la quantité de protéines (moins il y a de protéines, plus il y a de sucres). On cherche à être autour de 10-11 %. Je suis également attentif au respect de la réglementation sanitaire. J’ai aussi besoin de régularité, au niveau du rendement alcool et de la couleur du malt. Enfin, je recherche une homogénéité de taille des grains, car ils passent dans un concasseur, des filtres, etc. » Le malt le plus utilisé par les brasseurs est le Château Pilsen. « 50 sortes de malt sont disponibles en permanence, précise le brasseur, j’en utilise une dizaine au total. »

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