Le Syndicat Agricole 15 janvier 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Le stockage phyto de A à Z

Le local phytosanitaire est obligatoire pour le stockage des produits et assure leur conservation et la sécurité des utilisateurs. Point sur la réglementation.

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Le rangement par catégorie de risque est une obligation qui peut être conciliée avec un rangement par culture ou par action. © J.C. Gutner. Tableau des équivalences anciennes et nouvelle nomenclature des produits classés T, T+ et C M R (à titre indicatif) © Le Syndicat Agricole Le local pour les produits phytosanitaires est uniquement destiné à leur stockage. On ne doit pas y trouver d’autres éléments tels que les engrais, oligo-éléments ou semences traitées. © G. Omnès

Le local spécifique aux phytosanitaires est uniquement destiné au rangement des produits phytosanitaires. On ne doit pas y trouver d’autres éléments tels que les engrais, oligo-éléments ou semences traitées. Les produits doivent être stockés dans leur emballage d’origine. Le reconditionnement est interdit et peut être source d’erreur. Les bidons entamés doivent être maintenus propres afin de limiter les risques de contamination par les vapeurs et/ou souillures.
Les produits phytosanitaires non utilisables (PPNU) doivent être stockés à part et identifiés dans le local phytosanitaire.
Si ces derniers sont devenus non utilisables suite à un retrait réglementaire, à un problème de stockage ou à l’arrêt d’une culture sur l’exploitation, ils devront être éliminés soit par la filière Adivalor lors des collectes annuelles soit par le biais d’une entreprise habilitée pour leur retraitement. Pour faire face aux retraits réglementaires, il est recommandé d’effectuer un inventaire régulier des produits et de vérifier s’ils sont toujours homologués.
La détention de produits phytosanitaires est autorisée uniquement pour les cultures présentes sur l’exploitation. L’arrêt d’une culture entraîne le classement, sur l’exploitation en question, en PPNU des produits spécifiques à cette culture.


Rangement par catégorie de risque
Les produits classés T, T+ et C M R, étant considérés comme comportant un risque plus élevé pour l’utilisateur, doivent être rangés à part dans le local. Ces derniers sont les produits répondant aux phrases de risque suivantes : R40 R45 R46 R49 R60 R62 R63 R63. Depuis 2009, le système de classification évolue en passant d’un règlement européen à un règlement mondial (CLP : Classification, Labelling and Packaging). La mise en place d’un système à l’autre est progressive avec l’apparition de nouvelles phrases de risque de type H. Sur les étiquettes de produits phytosanitaires, il est soit inscrit des phrases de risque de type R (ancien système) soit des phrases de risque de type H (nouveau système) : le double encodage est interdit. À ce jour, d’un point de vue réglementaire, l’ancien système fait foi mais à partir du 1er juin 2015, c’est le nouveau système qui sera la règle.
Le rangement par catégorie de risque est une obligation qui peut être conciliée avec un rangement par culture ou par action. Ce classement permet de limiter le risque d’erreur surtout en présence d’emballages ou de noms quasi-similaires. On peut ainsi, pour une étagère spécifique à une culture, désigner des emplacements qui seront identifiés et destinés aux produits classés T T+ et CMR. Par exemple, sur l’étagère destinée au blé, une zone peut être réservée aux fongicides classés et une autre zone aux fongicides non classés.
Il est conseillé d’isoler les produits du sol en les disposant sur des étagères ou des palettes plastiques. Les produits sont sensibles aux conditions de stockage : un produit type poudre stocké à même le sol pourra se prendre en masse ou un produit liquide subir une dégradation suite à une exposition à des températures négatives. L’idéal est de disposer à cet effet d’un local hors-gel. Les éléments de protection individuelle (EPI) ne doivent surtout pas être stockés dans le local mais dans une armoire extérieure destinée uniquement à cet usage.


Fermeture à clé du local
Le local phytosanitaire doit être obligatoirement fermé à clé. Cette règle a pour but de mettre à l’abri ces produits de toute personne non autorisée et d’éviter ainsi tout risque d’intoxication. Elle permet aussi de protéger du vol. Afin de faciliter l’accessibilité, il est conseillé de prévoir une porte s’ouvrant sur l’extérieur et suffisamment large pour permettre par exemple, le passage d’une palette.


Aération et ventilation
Afin de limiter l’exposition de l’utilisateur aux produits phytosanitaires dans le local, ce dernier doit être pourvu d’une ventilation efficace. Les produits phytosanitaires dégagent, malgré leurs emballages étanches, des vapeurs qui, en absence de ventilation, se concentrent et augmentent l’exposition et les risques d’intoxication pour les utilisateurs. Les points d’entrée et de sortie destinés à la circulation de l’air doivent être placés et dimensionnés de manière à assurer une circulation d’air suffisante. Le premier point doit être disposé sur un mur en partie basse et le second sur le mur opposé en partie haute. Les deux points doivent être protégés par une grille et ne pas être obturés par un obstacle quelconque.


Rétention
Il est demandé de pouvoir recueillir toute fuite ou renversement accidentel de bidon. Il existe différentes solutions qui passent, par exemple, par l’utilisation d’étagères avec bac de rétention intégré ou la réalisation d’une dalle bétonnée et étanche avec la présence de matériau absorbant. Le local phytosanitaire n’est pas qu’une obligation réglementaire pour le stockage des produits phytosanitaires. Il se doit d’être un outil conciliant confort et ergonomie pour la bonne utilisation des produits phytosanitaires.

Jérémy Monchy, Chambre d’agriculture de région Nord-Pas de Calais

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