Le Syndicat Agricole 20 octobre 2016 à 16h00 | Par Le Syndicat Agricole

Le site de l’Enclave tourne à plein régime

Le plus grand parc éolien du département du Nord vient d’être inauguré dans le Cambrésis. Plusieurs hectares de parcelles agricoles sont concernés.

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L’Enclave devient le 12e parc de France en termes de puissance. © DR Thibault Hallu, responsable exploitation et maintenance des parcs. © DR L’inauguration officielle du site par Sylvie Labadens, vice-­présidente du Conseil départemental du Nord, accompagnée des maires Pascal Mompach, Slimane Rahem et Gérard Sétan. © DR Laurent Bauduin et Philippe Couvreur, exploitants agricoles à Boursies et Doignies, concernés par l’arrivée d’une éolienne sur une parcelle. © DR L’intérieur de l’éolienne D2 à Doignies. © DR

Elles poussent comme des champignons dans les plaines de la région. Au gré du vent et au fil des années, les éoliennes se sont fait une place dans le paysage et la production d’énergies renouvelables. Les Hauts-de-France sont même les deuxièmes producteurs d’électricité issue de l’éolien en France (derrière le Grand Est), avec une puissance installée supérieure à 2 000 MW. Inaugurés le 13 octobre, quinze nouveaux mâts viennent d’entrer en fonctionnement dans la zone dite de l’Enclave, au sud de Cambrai.

« Une manne financière » pour les communes rurales
Achevé cet été, le projet se compose de trois parcs de cinq machines : « le chemin de la Milaine » à Boursies, « les vents de Malets » à Doignies et « le souffle des Pellicornes » à Mœuvres (59). Rien de comparable avec les 70 éoliennes installées à travers 16 sites différents dans le canton de Fruges (62), mais suffisamment important pour devenir le principal parc éolien du Nord. Après huit ans d’enquêtes, de concertations et de travaux, les nouvelles éoliennes génèrent désormais 49,5 MW d’énergies et ont nécessité un investissement de 70 millions d’euros. « Une vingtaine d’entreprises et plus de 100 personnes ont travaillé sur le chantier de construction : topographie, fouilles, gros œuvres, terrassement, transport, grutage, montage des éoliennes, raccordement au réseau éléctrique... », souligne Pierre Muller, directeur de la société lilloise RP Global France, en charge du développement et de l’exploitation du site. Les retombées financières totales pour la collectivité sont estimées à 640 000 €/an pendant 20 ans dont 45 000 € pour les communes et 250 000 € pour la Communauté d’agglomération de Cambrai, le reste étant affecté au Département et à la Région. Gérard Sétan, le maire de Mœuvres, n’a pas dissimulé sa fierté de voir se concrétiser le projet sur le territoire : « À l’heure des baisses de dotations de l’État, c’est une manne financière providentielle pour des communes comme les nôtres ». Le chantier a également permis la création d’emplois locaux afin d’assurer le bon fonctionnement et l’entretien quotidien des machines.

La puissance idéale atteinte avec un vent de 50 km/h
Une éolienne convertit la force cinétique du vent en énergie. Alimentée à 94 mètres d’altitude par les immenses pales (13 à 15 tours à la minute), la génératrice (située en haut du mât) produit un courant alternatif d’environ 640 volts. Cette réserve est directement ramenée en bas du mât de l’éolienne où un transformateur rehausse la tension à 20 000 V. « L’éolienne produit de l’électricité lorsque le vent souffle entre 15 et 90 km/h, explique Thibault Hallu, responsable exploitation et maintenance des parcs. Elle atteint sa pleine puissance avec un vent de 50 km/h. Au-delà de 90 km/h, l’appareil est arrêté pour des raisons de sécurité ». L’électricité créée par chaque éolienne est ensuite acheminée par des câbles souterrains au poste de livraison qui enregistre les productions. « Il est lui-même relié à un poste de transformation EDF pour que l’électricité soit au final injectée dans le réseau électrique et distribuée aux consommateurs », poursuit le technicien. Pour le bon fonctionnement du système, treize kilomètres de câbles ont dû être enfouis sous le site de l’Enclave. La puissance électrique de ce nouveau parc équivaut à la consommation annuelle d’environ 35 000 habitants.

Simon Playoult

Un bail de 40 ans pour les exploitants et propriétaires agricoles

Dans la zone de l’Enclave, 15 exploitants et/ou propriétaires agricoles sont concernés par l’implantation d’une éolienne sur leur parcelle. « Tous ont signé un bail emphytéotique (de très longue durée) sur 40 ans pour louer leur terre », indique Arnaud Ponche, responsable du développement éolien chez RP Global. Le contrat prévoit des réparations sur les récoltes perdues lors de la première année (travaux). L’indemnité annuelle perçue est d’environ 10 000 €. L’emprise foncière va de 30 à 60 ares pour une éolienne. Plusieurs éléments préalables à leur installation ont été pris en compte. « Une analyse des sols a été effectuée », expose Philippe Couvreur, exploitant agricole à Boursies. Plus de 1 000 munitions ont en effet été retrouvées dans ce secteur fortement touché par les deux Guerres mondiales. « Les chemins agricoles du secteur ont aussi été rénovés pour faciliter le chantier », complète l’agriculteur. L’éloignement des habitations a également été pris en compte (l’éolienne la plus proche d’une habitation se trouve à 640 mètres de celle-ci), tout comme la préservation de la visibilité du cône de l’église de Boursies. « Une étude environnementale a permis d’établir les caractéristiques paysagères du périmètre ainsi que de repérer la faune sauvage, notamment la présence de couloirs migratoires pour les oiseaux », précise Laurent Bauduin, exploitant agricole à Doignies. Président FDSEA de l’arrondissement, il estime « que les agriculteurs sont trop peu préparés à l’arrivée et à la gestion d’un tel projet sur leur exploitation ». « Un travail de formation est à mettre en place par la profession, conclut-il. Les exploitants concernés doivent partager leur expérience sur le sujet avec leurs confrères ».

S. PL

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