Le Syndicat Agricole 17 juillet 2015 à 10h00 | Par Le Syndicat Agricole

« Le risque de sécheresse semble écarté pour le moment »

Après un épisode de fortes chaleurs, les conditions météorologiques devraient se stabiliser pour les semaines à venir dans la région.

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Dans la région, bien que les sols en surface soient secs avec le manque d’eau de ces dernières semaines, les nappes phréatiques gardent actuellement un bon niveau.
Dans la région, bien que les sols en surface soient secs avec le manque d’eau de ces dernières semaines, les nappes phréatiques gardent actuellement un bon niveau. - © J.C. Gutner

Les températures élevées enregistrées dans le Nord-Pas de Calais au début du mois de juillet ont entraîné avec elles le lancement précoce de la campagne céréalière 2015, mais aussi un lot d’incertitudes quant aux effets immédiats de la canicule sur les cultures. Après un nouveau pic de chaleur attendu en début de semaine prochaine, la tendance devrait globalement revenir à la normale pour le reste de l’été et ainsi limiter les possibles conséquences dans les champs.


Des réserves en eau suffisantes dans la région
Les « hauteurs de pluie » ont été généralement déficitaires l’hiver dernier dans la région, hormis dans le Boulonnais (cf. graphique) ou l’on a relevé des cumuls de précipitations supérieurs à la normale saisonnière*. « Il est tombé 525,1 millimètres (mm) d’eau (d’octobre 2014 à mars 2015) à Boulogne-sur-Mer, avec une pointe à 141 mm en janvier, contre un total de 254,3 mm dans le Cambrésis », explique Patrick Marlière, météorologue et directeur d’Agate France, bureau d’expertises météorologiques basé à Raimbeaucourt (59). Sur le reste du littoral, la pluviométrie est aussi en diminution par rapport aux normales de saison : 468,2 mm en 6 mois au Touquet et seulement 260,5 mm à Dunkerque. « Bien que les sols en surface soient secs avec le manque d’eau de ces dernières semaines, les nappes phréatiques gardent actuellement un bon niveau et le risque de sécheresse semble écarté pour le moment », complète le météorologue. Si, depuis le mois d’avril, les réserves en eau de la région se réduisent un peu plus chaque mois, la situation n’est pas alarmante et les stocks demeurent suffisants dans la plupart des secteurs. Des mesures de restriction d’eau ont, en revanche, été imposées par les préfectures d’une trentaine de départements frappés par la sécheresse dans l’Ouest, le Sud-Ouest, la Bourgogne et en Rhône-­Alpes.


Une chute des températures prévue fin juillet
De mémoire de météorologue, Patrick Marlière l’admet tout de même : « Il y avait longtemps que la région n’avait pas connu de telles températures si tôt en saison ». « Il est néanmoins courant dans un climat tempéré comme le nôtre que des situations “hors cadre” de coup de chaud ou, à l’inverse, de froid vif en hiver, s’installent périodiquement », poursuit-il. Ainsi, le record de chaleur de Boulogne-sur-Mer, atteint en 2006 (34 °C), a été dépassé le 1er juillet dernier avec un thermomètre à 35,4 °C (cf. tableau). « L’ensoleillement reste proche de la normale, ce qui permet d’affirmer que les heures de soleil ne sont pas plus nombreuses cette année dans le Nord-Pas de Calais que depuis ces dix dernières années », assure le spécialiste. Finalement, l’été devrait être ordinaire dans son ensemble ». En effet, l’épisode de fortes températures passagères devrait prendre fin dès le milieu de la semaine prochaine. D’après les prévisions, la fin du mois sera contradictoire avec son commencement. « Nous semblons nous diriger un vers une période plus fraîche, y compris dans le reste du pays, notamment la dernière semaine de juillet, annonce Patrick Marlière. Les températures pourraient même descendre sous les normales de saison et atteindre 15 °C l’après-midi dans la région ». En compensation, le temps devrait rester plutôt stable jusque début août et aucun phénomène orageux ou venteux n’est prévu à ce jour.

Simon Playoult

* Moyenne saisonnière d’une variable météorologique (température, pluie, humidité), calculée à partir de 30 années d’observations.

Un mois de juin historiquement sec dans la moitié Nord

La température moyenne de juin affiche un excédent de 1,5 °C par rapport à la normale, a indiqué une note d’Agreste, cabinet d’études statistiques du ministère de l’Agriculture, relevant côté pluie « un déficit important sur la moitié Nord ». « C’est le 4e mois de juin le plus chaud depuis 1900 », annonce l’étude. Les précipitations ont été « particulièrement faibles sur la moitié Nord, notamment en Bretagne, dans le Val de Loire, en Île-de-France, Picardie et Champagne-Ardenne. À l’inverse, le Sud-Est a été très arrosé ». Depuis mars dernier, les cumuls de pluie sont globalement inférieurs à la normale, notamment dans les départements du Nord, de la Bretagne à la Champagne-Ardenne, ainsi qu’au Sud-Ouest.


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