Le Syndicat Agricole 31 décembre 2015 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Le président de région entre dans le vif du sujet

Xavier Bertrand a rencontré la profession agricole pour rechercher des solutions à la crise de l’élevage et poser les bases d’un travail sur le moyen long terme.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le président du Conseil régional veut apporter du concret aux éleveurs.
Le président du Conseil régional veut apporter du concret aux éleveurs. - © DR

Au lendemain de la victoire des listes qu’il conduisait dans la région, Xavier Bertrand sollicitait la FRSEA Nord-Pas de Calais – Picardie pour se rendre dans une exploitation laitière, et passer du constat aux actes : Comment la région peut-elle aider les filières d’élevage, dans l’urgence pour traverser la crise, et sur un plus long terme ? Xavier Bertrand a donc rencontré les représentants des FDSEA, FRSEA, Jeunes Agriculteurs et Chambres d’agriculture le samedi 19 décembre dans un élevage laitier à Aubvillers, dans le département de la Somme. Les deux questions posées simplement sont les suivantes : « Entre la chute des prix du lait, les annuités et les fermages, comment peut-on tenir dans les prochains mois ? » et « Quel avenir à moyen et long termes pour notre élevage ? ». En quoi cette filière intéresse-t-elle la Région et en retourr, qu’est-elle prête à faire ? Des questions simples, qui auraient pu être celles de tout éleveur ! L’exploitant, Bertrand Derly, s’est installé en 2001, rejoint par son épouse Nathalie en 2007. Depuis, il n’a eu de cesse de développer son élevage laitier. En effet, après un premier poste à ELC3 (ex-ACE), cet ingénieur de formation a enchaîné plusieurs phases de développement, faisant passer son cheptel de 15 vaches initialement à 45 en 2007 et 60 aujourd’hui. La production est de 610 000 litres, soit un taux de spécialisation de 75 %, sur l’exploitation de 81 hectares. Passionné de génétique, Bertrand Derly est le dernier agriculteur éleveur de la commune, mais cela ne l’empêche pas de promouvoir son savoir-faire et son métier, notamment au sein de l’association Prim’Hosltein 80 qu’il préside. Malgré la passion et les investissements qui ont mobilisé plus de 430 000 € et sont allés de pair au fil des années, la conjoncture actuelle et l’évolution des aides PAC (- 39 % en 6 ans) impactent la dynamique de l’élevage. En effet, l’étape suivante qui était le robot de traite a été abandonnée pour l’heure et les autres investissements liés à l’élevage également différés.

Gérer l’urgence
La conjoncture très difficile en élevage cette année a été présentée maintes fois à l’élu régional pendant la campagne. L’heure est venue pour les nouvelles équipes de passer au concret. La première des priorités est une intervention rapide pour renflouer les trésoreries et permettre aux éleveurs de passer ce cap difficile. C’est le premier message qu’ont fait passer les représentants de la profession. Pour cela, plusieurs axes d’intervention de la Région ont été identifiés. Tout d’abord, l’année blanche, c’est-à-dire le report total ou partiel des annuités en fin de période. Concernant cette mesure, le Conseil régional pourrait se porter caution pour le compte de l’éleveur ou prendre en charge la partie restant à la charge de l’éleveur. La restructuration bancaire et le ré-étalement des prêts sont également des voies à explorer. Le chiffrage de l’intervention du Conseil régional sera effectué d’ici la fin de l’année pour une mise en œuvre dès début 2016.

L’accompagnement des besoins de modernisation
Au-delà de cette problématique de court terme, Xavier Bertrand souhaite intervenir sur l’accompagnement à moyen long terme des investissements dans les exploitations et les filières. Les outils tels que le plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles doivent être mobilisés de la manière la plus pragmatique possible, dans le cadre d’un plan de développement au niveau de la région. De la même manière, il a rappelé l’intérêt des fonds Feader et de l’effet levier qu’ils induisent en matière de développement.

Une communication cohérente
Les marques régionales Terroirs de Picardie et Saveurs en’Or ont également fait partie du débat. Ce sont deux marques bien identifiées et qui font écho auprès du consommateur. L’enjeu à l’échelle de la nouvelle région est de conserver la notoriété des marques tout en ayant une cohérence de communication auprès du grand public. Par ailleurs, une opération autour de l’agriculture et de ses métiers pourrait être envisagée dès 2016.

Stéphanie Doligez
François Magnier

Point de vue de Laurent Verhaeghe, président de la FRSEA Nord-Pas de Calais – Picardie

« Une équipe à l’écoute des agriculteurs »

Nous avons rencontré une équipe d’élus qui a entendu l’appel au secours des agriculteurs et qui a la volonté de trouver des solutions pour redonner une bouffée d’oxygène aux éleveurs en difficulté. Plusieurs scénarios seront chiffrés très rapidement. Des propositions concrètes seront formulées dès début janvier sur l’année blanche et sur la restructuration bancaire en particulier. Trouver une solution immédiate aux agriculteurs actuellement dans l’impasse est un préalable indispensable, et cela, Xavier Bertrand l’a bien compris. Ensuite, nous devons, dans un deuxième temps, travailler sur le développement économique des exploitations et des filières. De par sa compétence économique, c’est pleinement le rôle du Conseil régional d’impulser une dynamique de développement pour reconquérir les points de compétitivité dont nos filières ont besoin. À nous d’être force de proposition et imaginatifs pour repenser un plan de développement à l’échelle de notre nouvelle région, avec l’ensemble des OPA. Nous avons bien sûr des attentes fortes vis-à-vis du Conseil régional, tant sur les aspects conjoncturels que structurels. Cependant, nous apprécions le travail partenarial qui s’instaure et nous devons savoir prendre la balle au bond et prendre toute notre place dans le débat.

Réaction de Christophe Buisset, président de la Chambre d’agriculture Nord-Pas de Calais – Picardie

« Mettre en place des axes de soutien et de développement »

Le rôle du Conseil régional est d’intervenir pour créer de l’économie sur tous les territoires. L’agriculture est le premier atout de la région Nord-Pas de Calais – Picardie, et ce dans toutes ses dimensions : productions végétales ou animales. Nous devons analyser avec la nouvelle majorité ce qui est possible pour répondre à la fois au conjoncturel, mais aussi pour retrouver durablement de la sérénité.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui