Le Syndicat Agricole 01 août 2013 à 13h57 | Par Le Syndicat Agricole

Lait - Tarissement et mammites : différencier les traitements antibiotiques

Adapter les traitements selon le statut infectieux des vaches comporte des avantages indéniables.

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Il est fréquent que la totalité des vaches d’un même troupeau reçoivent les mêmes antibiotiques intramammaires au tarissement. Ce qui pose problème dans certains cas...
Il est fréquent que la totalité des vaches d’un même troupeau reçoivent les mêmes antibiotiques intramammaires au tarissement. Ce qui pose problème dans certains cas... - © DR
En France, dans les années 70, le traitement antibiotique systématique des vaches laitières lors de leur tarissement (à l’aide de tubes intramammaires hors lactation) était l’un des piliers des programmes de maîtrise des infections mammaires. Actuellement, cette méthode reste très utilisée, et de façon « uniforme » : il est fréquent que la totalité des vaches d’un même troupeau reçoivent les mêmes antibiotiques intramammaires au tarissement. Or, un « traitement uniforme » au tarissement risque, dans certains élevages :
- de ne pas être suffisant sur le plan curatif pour une vache infectée chronique (c’est-à-dire ayant présenté plusieurs comptages cellulaires individuels [CCI] > 300 000 cellules/ml les mois précédents). Un traitement spécifique, couplé à un traitement antibiotique injectable adapté, aurait été plus efficace, sous réserve que la vache ne soit pas incurable ;
- d’être inutile sur le plan curatif sur une vache saine, notamment pour celles dont la totalité des CCI est inférieure à 200 000 cellules/ml sur la totalité de la lactation en cours, n’ayant exprimé aucune mammite clinique, et présentant au moment d’être tarie une mamelle souple, sans aucune induration ;
- et enfin, dans une majorité de cas (pour les vaches dont la période de tarissement est d’au moins 8 semaines) d’être insuffisant sur le plan préventif : en effet, la quasi-totalité des spécialités hors-lactation sur le marché ne permet pas d’obtenir des concentrations d’antibiotiques suffisantes dans la mamelle dans les jours qui précèdent le vêlage, alors que le bouchon naturel s’est effacé, et que les quartiers redeviennent accessibles aux microbes.
Par conséquent, de nouvelles contaminations sont fréquentes dans les jours qui précèdent le vêlage. Or, la moitié des mammites qui s’expriment dans les 3 premiers mois de lactation ont été contractées pendant la période de tarissement.
Une stratégie « différenciée », c’est-à-dire adaptée au statut infectieux des vaches (saines, douteuses, infectées), dans les ateliers laitiers où la stratégie de tarissement donne des résultats mitigés (cf. encadré « Précisons ») optimise l’efficacité de la stratégie de traitement au tarissement.
Ainsi, dans les élevages ne maîtrisant pas totalement le risque de nouvelles contaminations pendant la période de tarissement (par exemple : taries pâturant une parcelle humide ou une parcelle avec des coins sales sous les haies ou des arbres, où se couchent les animaux lors de journées chaudes ; taries logées dans une partie de bâtiment insuffisamment ventilée...), la mise en place systématique d’un obturateur sur la totalité des vaches est une alternative judicieuse, si cet obturateur est mis en place juste après l’infusion d’un traitement antibiotique adapté au statut infectieux de la vache.

Deux cas à distinguer
Il faut distinguer :
- l’antibiotique intramammaire d’action courte pour les vaches saines : ce traitement est alors destiné à compenser l’absence de maîtrise totale de l’hygiène lors de la mise en place de l’obturateur ;
- l’antibiotique intramammaire d’action longue pour les vaches infectées chroniques, adapté à l’antibiogramme du germe isolé si connu (cf. encadré « À savoir »), pouvant être combiné à un traitement injectable adapté. Cette stratégie renforcée améliore le taux de guérison au tarissement, s’il est réservé aux vaches curables (les vaches incurables devront être réformées). Demandez conseil à votre vétérinaire traitant.

CHRISTOPHE LEBOEUF
VETERINAIRE GDS 50


NB : l’absence de traitement intramammaire est réservé aux élevages sains, maîtrisant correctement le niveau cellulaire de tank (derniers comptages cellulaires de tank inférieurs à 200 000 cellules/ml) et sur des vaches dont la totalité des [CCI] est inférieure à 200 000 cellules/ml (voire < 150 000 cellules/ml sur les 2 derniers CCI qui précèdent le tarissement), n’ayant exprimé aucune mammite clinique sur la lactation, et présentant une mamelle souple (sans aucune induration). Dans ce cas, la mise en place de l’obturateur doit être effectuée dans des conditions d’hygiène irréprochables.



Pour un traitement efficace
Surveillez les nouvelles infections et la réussite du traitement au tarissement. Le contrôle mensuel des Comptages cellulaires individuels (CCI) des vaches permet de calculer :
1. Le « pourcentage de vaches qui s’infectent pendant la période de tarissement » :
C’est le rapport entre :
- le nombre de vaches laitières avec un [CCI] < 300 000 cellules/ml avant le tarissement ET > 300 000 cellules/ml après le vêlage ;
- divisé par le nombre de vaches laitières avec un [CCI] < 300 000 cellules/ml avant le tarissement. Objectif : inférieur à 15 %, sinon il faut revoir le logement des taries et autour du vêlage, et la stratégie de traitement au tarissement.
2. Le « pourcentage de vaches guéries pendant la période de tarissement » :
C’est le rapport entre :
- le nombre de vaches laitières avec un [CCI] > 300 000 cellules/ml avant le tarissement ET < 300 000 cellules/ml après le vêlage ;
- divisé par le nombre de vaches laitières avec un [CCI] > 300 000 cellules/ml avant le tarissement.
Objectif : supérieur à 80 %, sinon il faut revoir la stratégie de traitement au taris-sement et la politique de réforme des incurables.



Commander des analyses bactériologiques
Les analyses bactériologiques sont utilisées lors de mammites cliniques afin de déterminer la bactérie en cause. Elles sont aussi utiles sur des vaches infectées chroniques (avec de nombreux CCI supérieurs 300 000 cellules/ml sur la lactation), mais curable (les lactations précédentes étaient saines), afin de cibler le traitement au tarissement.



Période
Une stratégie « différenciée », dans les ateliers laitiers où la stratégie de tarissement donne des résultats mitigés, optimise les résultats. L’absence de traitement est réservée aux élevages sains.

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