Le Syndicat Agricole 21 décembre 2012 à 12h03 | Par Le Syndicat Agricole

Lait - La FNPL relance l’offensive sur le prix du lait

Pour redresser le revenu des producteurs, qui a reculé de 12 % en 2012, la FNPL demande une revalorisation des prix de 30 €/1000 litres, dès janvier. Sinon, beaucoup de producteurs vont jeter l’éponge.

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« La transformation laitière doit se remettre en cause pour offrir des possibilités de revenu aux producteurs », insiste Thierry Roquefeuil.
« La transformation laitière doit se remettre en cause pour offrir des possibilités de revenu aux producteurs », insiste Thierry Roquefeuil. - © DR

Moins 12 % sur le revenu des producteurs de lait en 2012. Le président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), Thierry Roquefeuil, n’est pas surpris de cette évolution. Il en rend responsable d’abord les entreprises laitières, qui ne sont pas en mesure d’assurer des prix rémunérateurs aux producteurs. Selon les Comptes de l’agriculture (cf. pages 2 et 3), le lait est l’une des seules productions qui a vu son prix reculer en 2012 avec une baisse estimée à 3,5 %. « La transformation laitière doit se remettre en cause pour offrir des possibilités de revenu aux producteurs », insiste Thierry Roquefeuil, qui pointe également la responsabilité de la grande distribution qui accroît la pression sur ses fournisseurs. Sur l’ensemble de l’année, les producteurs n’ont pas été en mesure de répercuter l’augmentation des coûts de production qu’ils ont subie, ceux de l’aliment du bétail notamment. Au final, « il manque 30 €/1000 litres, qu’il faut retrouver dans le prix du lait » estime le président. Et ce dès le mois de janvier 2013. « Il nous faudrait 340 €/1000 litres pour assurer une juste rémunération des producteurs » par rapport à une moyenne observée de 310 €/1000 litres en 2012. « Il y a un gros risque que s’il n’y a pas de revenu, il y aura des charrues » avertit le président qui observe déjà des reconversions d’éleveurs vers la production de céréales, beaucoup plus rémunératrice actuellement.


Marchés émergents
Les producteurs sont d’autant plus dépités de ces abandons de production que les perspectives de marché pour les produits laitiers sont prometteuses. Pas tellement sur le marché intérieur, y compris le marché européen, mais vers les pays tiers, et notamment les pays émergents, qui sont très demandeurs de poudre de lait et de beurre. Et Thierry Roquefeuil de reprocher aux entreprises d’être trop centrées sur le marché national, sans s’intéresser aux opportunités qu’offre le marché international. Contrairement à nos concurrents allemands, néerlandais ou irlandais, qui ont réussi à se placer à l’étranger. « Chaque fois que le prix du lait a augmenté depuis quelques années, c’est grâce à l’international, » observe-t-on à la FNPL.
Si le prix du lait reste la priorité des priorités, la FNPL ne se désintéresse pas pour autant de l’avenir de la PAC et des négociations en cours. Thierry Roquefeuil se félicite d’ailleurs que, dans la perspective de l’après-quota en 2015, le principe d’une gestion du marché fasse son chemin, notamment en cas de crise: « Notre message a été entendu ». En ce sens qu’un certain nombre de propositions qu’avait avancées la FNPL pourraient être reprises par le Parlement européen et introduites ensuite dans la réforme. Comme l’engagement des producteurs de réduire leurs livraisons en cas de surproduction, sous réserve de bénéficier d’un dédommagement pour le lait non produit.
Autre motif de satisfaction également: les premiers agréments des organisations des producteurs. « C’est l’aboutissement d’un grand travail d’organisation des producteurs et le début d’un autre fonctionnement de la filière française », se réjouit le président, qui ne désespère pas d’aller plus loin dans l’amélioration du rapport de force avec les transformateurs.

 

 

Point de vue de Christine Delefortrie et Serge Capron, présidente de la SSPL 59 et président de l’ADPL 62

 

La région et la FNPL sur la même longueur d’onde!

 

Face à l’impossibilité de discuter en CRIEL de la saisonnalité, et du refus de la majorité des transformateurs de toute discussion transversale au niveau national ou régional, le Bureau de la FNPL a lancé un mot d’ordre pour une amélioration du prix du lait: au moins 340 € en janvier 2013. Il est le reflet des remontées des différentes régions.
Les laiteries doivent prendre en compte l’évolution des charges, et au plus vite!
Les trésoreries sont au plus bas, notamment sur la zone littorale, avec des conditions météo déplorables qui aggravent l’impact des coûts de production. Chacun doit en être bien conscient, à tout niveau de la filière.
Et en parallèle, les producteurs demandent à mieux appréhender l’intégration des charges dans les discussions futures pour l’évolution du prix du lait.
Une revalorisation des tarifs des produits laitiers à la grande distribution est inévitable, à l’image de nos voisins allemands qui viennent de passer des augmentations sur le lait en brique.
De plus, la valorisation beurre-poudre atteint aujourd’hui 390 € les 1000 l. Dans cette conjoncture, conjuguée à une baisse de la production, les transformateurs ne peuvent plus se cacher derrière ces marchés pour justifier un prix du lait au producteur au rabais, et non à la hauteur de nos charges et de notre travail.
L’amélioration des cours doit aussi profiter aux producteurs, qui en ont bien besoin. À conditions exceptionnelles, mesures exceptionnelles.
Nous avons demandé à chaque président de Groupement et aux représentants des coopérateurs de toute la région, de porter ces messages à leurs acheteurs respectifs dès cette semaine. Nous voulons une réponse favorable dans les plus brefs délais.

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