Le Syndicat Agricole 04 août 2016 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Lact’Union recherche des producteurs de lait bio

Lact’Union souhaite doubler sa collecte actuelle de lait bio.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le lait bio est traité sur le site de Lactinov, à Abbeville.
Le lait bio est traité sur le site de Lactinov, à Abbeville. - © Le Syndicat Agricole

Ce n’est pas un scoop. Depuis quelques années, la coopérative laitière Lact’Union, acteur de la filière bio depuis 1997, recherche des producteurs de lait bio pour augmenter sa collecte et répondre ainsi aux besoins croissants du marché. En effet, la demande en lait bio continue à progresser, de l’ordre de 7 à 8 % chaque année. Autre raison : la volonté de sécuriser son approvisionnement face à un marché en progression, qui attire donc de plus en plus l’attention d’autres coopératives, et encore plus avec les crises laitières à répétition de ces dernières années.
Aujourd’hui, sur les 20 millions de litres de lait bio qu’elle traite, cinq millions proviennent de sa collecte (la moitié auprès de ses adhérents et l’autre moitié de la Prospérité Fermière) et les
15 autres millions de lait sont achetés principalement à Biolait. Sur les 700 adhérents de la coopérative, huit produisent actuellement du lait bio, auquel s’ajoute une dizaine d’autres éleveurs, mais qui ne sont pas adhérents de Lact’Union. L’objectif est donc de doubler sa collecte propre et d’atteindre un chiffre de cinq, voire six millions de litres de lait d’ici deux ans.

Incitation financière et suivi technique
Pour atteindre son objectif, la coopérative a fixé cette année le prix du lait bio à 450 €/1 000 litres alors que le prix de base du lait conventionnel oscille depuis le début de l’année entre 270 et 300 €/1 000 litres. « Le prix moyen depuis cinq ans est autour de 440 €/1 000 litres en bio, précise Elodie Guilbert, technicienne chez Lact’Union. Et pour ceux qui sont en conversion, le prix est calculé à partir du prix conventionnel fixé, lui, à 330 €, auquel s’ajoute une prime à la conversion de 30 €, soit un prix total de 360 €, le prix plancher en dessous duquel Lact’Union ne
descend pas. »
La conversion n’étant pas chose aisée, et l’investissement de la coopérative pas neutre sur le plan financier, cette dernière doit s’assurer de la viabilité économique et de la pertinence du projet des éleveurs tentés par la conversion. « Attention, la conversion en bio n’est pas le remède à tous les maux. Il faut que ce soit possible au niveau du parcellaire, de l’autonomie alimentaire et de la technicité de l’éleveur », souligne Olivier Vermes, président de la coopérative. Si le projet ne tient pas la route, la coopérative ne suit pas. Pour accompagner au mieux les producteurs, Lact’Union a embauché une conseillère technique.

Une solution pour les producteurs en zones difficiles
La stratégie semble payante, puisqu’une dizaine d’éleveurs sont déjà dans les starting-blocks dans le sud de la Somme, l’Oise, le Pas-de-Calais et en Thiérache. « C’est une façon de sortir par le haut des agriculteurs qui sont dans des zones difficiles. Certains sont intéressés mais s’ils n’obtiennent pas les aides en lien avec les zones difficiles, cela va être très compliqué », prévient Olivier Vermes.
Autre paramètre : la localisation du producteur qui doit être cohérente avec le périmètre actuel. « Nous avons une forte dispersion des producteurs de lait bio entre le Pas-de-Calais, le sud de la Somme et l’Oise. D’où l’intérêt à trouver des arrangements avec les autres coopératives sur la collecte de lait bio », précise Olivier Vermes. Dernier élément à garder aussi à l’esprit : si le prix du lait conventionnel remonte, on parlera beaucoup moins du bio. « C’est une raison supplémentaire pour ceux qui décident de partir sur le bio d’avoir un projet solide et abouti », conclut-il.

Florence Guilhem

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui