Le Syndicat Agricole 30 juillet 2015 à 14h00 | Par Le Syndicat Agricole

La mobilisation ne faiblira pas !

La pression syndicale va s’exercer tout l’été auprès de l’ensemble des acteurs des filières pour obtenir des prix.

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Le jeu des 7 familles en est à sa deuxième semaine.
Le jeu des 7 familles en est à sa deuxième semaine. - © DR

Après la démonstration de force du mardi 21 juillet avec le blocage de l’autoroute A1, destinée à mettre la pression sur le gouvernement juste avant la sortie du plan d’urgence, la mobilisation syndicale reste très forte. Le plan répond à l’urgence, mais il doit aller beaucoup plus loin et proposer du structurant. Les attentes envers l’État sont toujours là. Il doit agir sur le court terme mais aussi sur le moyen terme en travaillant sur les différents leviers de la performance et de la compétitivité : moins de normes, combler les retards de modernisation mais aussi prendre la responsabilité de relancer une dynamique contractuelle entre tous les maillons de la filière.
Aujourd’hui, la distribution, la transformation, toutes les filières doivent prendre leurs responsabilités et donner leur juste valeur aux produits. Cela sans essayer en permanence de vouloir solder, de vouloir brader, de vouloir négliger le travail des agriculteurs. La FRSEA et les JA vont suivre tout l’été la stratégie syndicale FNSEA-JA appelée les « 7 familles ». L’ensemble des acteurs passe son temps à se renvoyer la balle. Chacun affirme la main sur le cœur qu’il respecte ses engagements, et que tout est la faute de l’autre.

Une chose est sûre : les responsabilités sont partagées, et la situation actuelle est le résultat d’une somme de dérives de chacun des intervenants de la filière et de la puissance publique. Les grandes et moyennes surfaces (GMS), les industriels, la restauration hors-foyer (RHF), le gouvernement, chacun a sa part de responsabilité dans la situation actuelle de l’agriculture et doit faire les efforts nécessaires pour la sortir du marasme. Après le temps des tables rondes et la prise en commun des engagements, la stratégie syndicale est maintenant d’agir directement auprès de chacun des acteurs pour les forcer à modifier leurs pratiques.
La démarche syndicale consiste donc à mettre sous surveillance les familles d’opérateurs, en en ciblant une chaque semaine, en s’appuyant sur le concept des 7 familles. Des actions seront menées envers la « Famille de la transformation », la « Famille de la distribution », celle des politiques et ainsi de suite.


Acte I : La famille des transformateurs privés
Les actions ont commencé la semaine dernière, avec la première famille, celle des transformateurs privés. Une série d’opérations ont été conduites en région. À commencer par une rencontre avec l’ensemble des opérateurs de la filière viande (abattoirs, chevilleurs, groupements, privés…) destinée à faire le point de situation sur les engagements pris en juin sur les augmentations. Ensuite, les laiteries (Danone, Novandie, PF, Savencia Bongrain) et des industriels de la transformation (Bigard à Feignies, Herta à Saint-Pol-sur-Ternoise et Jean Caby à Saint-André) ont fait l’objet d’opérations syndicales les 23 et 24 juillet.
À chaque fois, la mobilisation a été très forte, et les revendications identiques : davantage de liens entre les transformateurs et les producteurs, un partage des marges pour que chaque maillon de la chaîne gagne sa vie, et que les éleveurs mais surtout les jeunes installés, se dégagent enfin un revenu. Des actions ont également eu lieu en grande surface, au Leclerc d’Outreau et à Auchan à Louvroil.


Acte II : La famille de la restauration hors-domicile
Elle sert 6,2 milliards de repas par an et utilise plus de 70 % de produits d’origine étrangère. Elle se fait très discrète lors des tables rondes d’élevage. Le rapport du médiateur a démontré son inaction : pas de revalorisation de prix et toujours peu ou pas d’origine française. Il est temps que la restauration hors-domicile retrousse ses manches pour privilégier le « Produire Français pour manger français ». Les sociétés privées qui fournissent l’essentiel de la restauration collective, tout comme les régies publiques doivent prendre des engagements et les tenir. C’est le message et les exigences qui seront portés toute cette semaine auprès des acteurs régionaux de la restauration hors-foyer.

Zoom sur... La table-ronde régionale en viande bovine du 23 juillet

Environ 40 % de la viande consommée en France est vendue en steak haché et ce chiffre tend à augmenter. Les morceaux nobles sont clairement en baisse. De plus, le marché des jeunes bovins est en grande difficulté sur le marché export, à cause notamment du repli de la Grèce. En France, sur 100 bêtes abattues, la moitié part en frais dans les GMS, l’autre moitié en exportation et en RHF. La contractualisation a été l’une des solutions mises sur la table. Pour les éleveurs, cette contractualisation doit se faire par rapport à un prix de production. Les représentants des abattoirs s’y disent favorables, mais sous réserve qu’elle se fasse également en GMS. Pour l’administration, au vu de la baisse de consommation de viande en France et en Europe, il est essentiel d’aller chercher des débouchés à l’export. Malheureusement, les contraintes administratives restent présentes, leur ont rappelé les éleveurs ! Cette réunion a permis d’analyser le ressenti de chaque partie. Un groupe de travail va être créé en collaboration avec l’administration pour travailler sur l’accompagnement des éleveurs sur le long terme.

Point de vue de Christophe Hochedé, FRSEA 59-62

Hausse des prix de la viande à la production : la mécanique est engagée mais...

Un mois après le blocage des abattoirs et la table-ronde au ministère au cours de laquelle l’aval de la filière s’est engagé à augmenter les prix payés aux éleveurs, l’heure est au premier bilan. Tout d’abord, il faut noter, et c’est une satisfaction, que la mécanique de hausse des prix est enclenchée. Certes, nous ne sommes pas au niveau des engagements pris mais nous pouvons considérer que nous sommes sur la bonne voie et surtout qu’il est bien possible de mieux payer les éleveurs. Nous n’ignorons pas non plus qu’il y a toujours un grain de sable, telle que la crise grecque qui vient perturber le marché des jeunes bovins. Mais soyons clairs, tout intervenant de la filière qui serait tenté de profiter de telles opportunités pour renier ses engagements s’expose à la réaction des éleveurs. Si un blocage n’a pas suffi pour faire passer le message, nous y retournerons. Et pas un opérateur n’est à l’abri, quelle que soit sa taille et sa place dans la filière. Le rétablissement des prix à la production est une question vitale pour l’avenir de l’élevage français, alors nous ne lâcherons pas.
Et puisqu’il vaut mieux prévenir que guérir, la filière, aidée par les pouvoirs publics, dont c’est aussi la responsabilité, ferait bien d’anticiper sur la sécheresse qui se dessine sur une bonne partie du territoire et qui risque de provoquer une anticipation des sorties d’animaux vers les abattoirs. Il est impensable qu’un tel scénario puisse à son tour venir peser sur le marché !

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