Le Syndicat Agricole 22 octobre 2015 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

La grippe n’est pas qu’un simple rhume !

Tous les ans, pendant la période hivernale, la maladie refait surface. Les personnes à risque non vaccinées s’exposent à des complications si elles attrapent le virus.

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Pour un sujet en bonne santé, la guérison peut prendre jusqu’à une semaine ; la fatigue et la toux, elles, peuvent perdurer au moins 3 semaines. Pour les sujets à risques, notamment les personnes âgées, des complic © Photographee.eu Après l’injection, la protection est obtenue en 2 ou 3 semaines et dure de 6 mois à un an. © Adam Gregor - Fotolia.com

Une forte fièvre, des maux de tête, une toux sèche, les muqueuses du nez inflammées, une fatigue intense et des courbatures ? Certains signes ne trompent pas, si vous répondez à ces symptômes, alors pas de doute, vous avez attrapé la grippe. Si vous êtes un adulte en bonne santé, elle risque de vous clouer au lit pendant plusieurs jours, la guérison pouvant prendre jusqu’à une semaine. Par contre, si vous êtes un sujet à risque (cf. encadré), les conséquences peuvent être beaucoup plus graves, notamment chez les personnes âgées, car la grippe peut engendrer des complications (infection bactérienne pulmonaire, aggravation de la maladie chronique existante, accouchement prématuré chez la femme enceinte…). La grippe n’est donc pas un simple rhume et n’est pas à prendre à la légère. C’est le Dr Emmanuel Dutoit qui a rappelé cette réalité à l’occasion d’une conférence sur la grippe saisonnière organisée par l’Institut Pasteur.
Pour rappel, la grippe est une maladie respiratoire aiguë, virale, qui revient chaque année en automne et en hiver. Généralement, l’épidémie dure 9 à 10 semaines. Il s’agit d’une maladie très contagieuse souvent considérée à tort comme bégnine. Elle se transmet par voie aérienne, lorsque l’on parle, tousse ou éternue, ou par contact avec une surface contaminée (téléphone, rampe d’escalier, poignée de porte, clavier d’ordinateur). La durée de vie du virus est de 24 heures. Lorsque l’on est contaminé, la durée d’incubation est en moyenne de 7 jours et la contagiosité dure de 5 à 7 jours, sachant qu’elle peu débuter 1 à 2 jours avant l’arrivée des premiers symptômes. L’arrivée de la maladie est souvent assez brutale.

Bilan de la saison 2014-2015
L’hiver dernier, l’épidémie de grippe s’est caractérisée par une durée normale mais par une forte intensité dominée par le virus A/H3N2. D’après les données de l’Institut de veille sanitaire (INVS), on a dénombré 2,9 millions de syndromes grippaux contre 1 million en 2013-2014. La grippe a contribué à une surmortalité hivernale record de 18 300 décès (toutes causes confondues pendant l’épidémie de grippe), concernant à 90 % les sujets âgés de plus de 65 ans.
Trois causes expliquent cette situation :
- la prédominance du virus A/H3N2 (55 %) ;
- la diminution de l’efficacité vaccinale (30 % des sujets vaccinés auraient eu la grippe). Ceci est dû à une mutation inattendue du virus de la grippe au mois de mai par rapport à la souche vaccinale alors que le vaccin est fabriqué de février à juillet. Il s’est donc avéré inefficace pour de nombreuses personnes ;
- la trop faible couverture vaccinale des personnes à risque. On compte en France environ 10 millions de personnes à risque. En 2014-2015, 53 % d’entre elles se sont vaccinées (47 % pour les plus de 65 ans), contre 58 % en 2008. « Il y a une mauvaise perception du risque ainsi qu’un doute sur l’efficacité et la dangerosité du vaccin », note le Dr Emmanuel Dutoit.

La vaccination, le meilleur moyen de prévention
Pourtant, le Dr Dutoit est affirmatif : « Même si le vaccin a une efficacité modérée, le rapport bénéfice/risque reste en faveur de l’acte vaccinal ». Cette année, les souches virales qui composent le vaccin sont différentes de l’an dernier et correspondent au virus qui sera majoritairement en circulation. L’efficacité du vaccin devrait donc être bonne (50 à 60 % pour les plus de 65 ans). De plus, le fait d’être vacciné permet de diminuer la mortalité en cas de pathologies associées, de diminuer la mortalité des plus de 65 ans et d’atténuer le risque de mortalité en maison de retraite.
Il est conseillé de se faire vacciner dès réception de son bon de prise en charge et de refaire le vaccin chaque année, car la protection diminue au fil du temps et les souches virales changent. La protection est obtenue en 2 à 3 semaines après l’injection et elle dure de 6 à 12 mois. Pour les personnes qui ne sont pas à risque, le vaccin est un bon moyen de protéger son entourage.
Au-delà du vaccin, quelques bons réflexes peuvent aussi limiter la contamination et la propagation du virus comme se laver les mains plusieurs fois par jour, utiliser des mouchoirs jetables, éviter les contacts avec les personnes malades, ouvrir régulièrement pour aérer les pièces, avoir une bonne hygiène de vie (alimentation équilibrée, activité physique…).

Virginie Charpenet

Source : Institut Pasteur de Lille.

Zoom sur... Les personnes à risque principalement concernées

Les recommandations vaccinales concernent surtout les personnes à risque :
- tous les seniors (même ceux en bonne santé) ;
- les personnes atteintes de certaines maladies chroniques comme le diabète, l’insuffisance respiratoire, cardiaque, rénale, etc. ;
- les femmes enceintes ;
- les sujets obèses (IMC > ou = 40 kg/m2).
Pour ces catégories, le vaccin est pris en charge à 100 % par votre organisme de sécurité sociale (MSA pour les personnes relevant du régime agricole).
Les sujets actifs (15-64 ans) et les professionnels de santé peuvent bien sûr aussi se faire vacciner. Le vaccin est disponible dans toutes les pharmacies au tarif unique de 6,18 €.

Quel traitement pour faire face à la grippe ?

Contre la grippe, il n’y a malheureusement pas grand chose à faire et les traitements sont la plupart du temps symptomatiques :
- boire beaucoup d’eau pour éviter la déshydratation ;
- porter des vêtements légers ;
- prendre un médicament pour faire baisser la température (type paracétamol) ;
- prendre un sirop, un décongestionnant nasal, de la vitamine C…
- et surtout beaucoup de repos !
Les antibiotiques sont la plupart du temps inutiles sauf en cas de surinfection bactérienne.

En chiffres : La grippe en 2014-2015

- 2,9 millions de personnes atteintes de syndromes grippaux, contre 1 millions en 2013-2014.
- 50 % des sujets étaient des adultes actifs (15-64 ans), soit 1,2 millions de personnes.
- 4,8 jours d’arrêt de travail en moyenne pour 70 % d’entre eux.
- 18 300 personnes : la surmortalité hivernale enregistré l’an dernier (toutes causes confondues pendant l’épidémie de grippe).

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