Le Syndicat Agricole 10 mars 2017 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

La filière bio régionale veut se structurer davantage

En pleine croissance, la filière doit se préparer à un changement d’échelle. A Pro Bio veut privilégier le 100 % bio et local.

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Alexandre Obert et Grégoire Dupont, respectivement directeur et président d’A Pro Bio. © DR Andrea Croizier, Denis Hennebert, Emmanuelle Couturier, Véronique Bourfe-Rivière, Marie-Ange Fremeau et Lucille Defosse. © DR

«La filière bio est en pleine effervescence ». Le constat, fait par Grégoire Dupont, président d’A Pro Bio lors d’une rencontre organisée par la structure régionale mardi 7 mars à Saint-André-Lez-Lille (59), est indéniable. Les produits issus de l’agriculture biologique dépassent en effet les 7 milliards d’euros fin 2016, contre 5,76 milliards fin 2015, soit un gain d’environ 20 % en seulement un an, a récemment révélé l’Agence Bio. « Cette croissance est colossale, surtout dans la situation économique actuelle qui n’est pas florissante, souligne Grégoire Dupont. C’est la rançon des graines qui ont été plantées il y a plusieurs années et dont on récolte désormais les fruits. » Le président d’A Pro Bio a toutefois souhaité émettre une réserve : « Quand ça va trop vite il faut se méfier, allons-y avec un certain recul et une analyse de ce que l’on veut faire. Il ne faudrait pas qu’il y ait une bulle du bio comme il y a eu la bulle Internet. » Il craint en effet une « sur-offre » au niveau des magasins bio dont certains risqueraient de s’écrouler même si la demande est bien présente aujourd’hui.
Dans ce contexte de croissance historique, l’une des priorités d’A Pro Bio pour l’année à venir est la structuration de la filière, a révélé Alexandre Obert, directeur de l’association. En effet « la filière est encore jeune et il faut organiser les différents maillons de la chaîne, a souligné le président Grégoire Dupont. Cela passera par la concertation, la discussion avec les producteurs, les transformateurs, les distributeurs pour au final servir le consommateur. » Alexandre Obert cite l’exemple d’une bière 100 % bio et 100 % locale qui devrait pouvoir voir le jour depuis qu’un producteur de houblon s’est installé en bio. Mais les infrastructures manquent encore pour beaucoup de produits dans la région. « On ne peut pas réutiliser les mêmes circuits que la filière conventionnelle, il y a un problème de cohabitation, de contraintes à respecter, souligne Grégoire Dupont. Difficile par exemple de développer la betterave sucrière bio alors que les usines sont de grosses structures qui ne peuvent facilement prendre en charge des petits volumes. « Nous avons besoin d’infrastructures particulières, ajoute le président, il faut s’organiser entre les différents opérateurs. »
Au-delà de cet axe important, A Pro Bio s’attache à poursuivre ses missions telles que l’information et l’aide à la décision des acteurs de la filière. Des événements de communication sont prévus prochainement, comme le Printemps bio du 1er au 15 juin, ou encore les Portes ouvertes de la bio du 24 au 25 septembre. L’association poursuit également son objectif d’introduire 20 % de bio dans la restauration collective. « La compétence de nos équipes est reconnue sur cet aspect », a souligné le directeur Alexandre Obert. Autre date à retenir : l’assemblée générale d’A Pro Bio aura lieu le mardi 25 avril à La Lainière à Wattrelos (59).

Laura Béheulière

Zoom sur... De nombreux projets dans les tiroirs de la bio

Ils sont présentés comme « les nouveaux acteurs qui changeront le paysage de la bio dans la région ». Ces adhérents d’A Pro Bio ont présenté leurs projets mardi 7 mars lors de la rencontre organisée par l’association. Ils sont encore à l’état de prototype mais montrent le dynamisme de la filière et les nombreuses idées qui fleurissent chez ses acteurs.
Marie-Ange Fremeau, Emmanuelle Couturier et Véronique Bourfe-Rivière sont trois amies qui ont décidé d’accompagner les structures privées souhaitant s’approvisionner en bio pour leur restauration collective. Leur structure : BioRestau. L’une est chef en restauration collective, l’autre diététicienne et la dernière se qualifie de « nourrithérapeute ». Toutes trois veulent unir leurs compétences pour lever les freins à l’approvisionnement bio des entreprises.
Denis Hennebert, lui, a eu l’idée de confectionner de petits biscuits à partir de fruits, pour offrir un goûter sain et pratique aux enfants de 3 à 10 ans. My Pocket Fruits, c’est 100 % purs fruits, sans sucres ajoutés et sans conservateurs. Le porteur de projet cherche encore un outil de production dans la région.
Les enfants sont rois puisque le troisième projet s’adresse encore une fois à eux. Cette fois-ci, ce sont les tout-petits qui sont concernés. Lucille Defosse veut révolutionner l’alimentation pour bébés et confectionne des petits bocaux de légumes, privilégiant le local et de saison. À la recherche de producteurs, elle espère vendre aux particuliers mais aussi aux crèches.
Enfin, Andrea Croizier a présenté son site de vente en ligne de gâteaux de mariage personnalisés qu’elle confectionne dans sa cuisine et livre elle-même. Un projet de mariage ?
Rendez-vous sur www.patisserienaturelle.fr !

L.B.

A Pro Bio, au service du bio dans le Nord-Pas de Calais

Pour rappel, A Pro Bio, créé en 1994, est une association à caractère interprofessionnel engagée au service de l’ensemble des acteurs de la filière biologique du Nord et du Pas-de-Calais. Ses missions se déclinent ainsi :
- développement des filières biologiques dans le Nord et le Pas-de-Calais ;
- communication et promotion auprès du public sur les produits bio ;
- prestation de services auprès de ses adhérents ;
- représentation et défense des intérêts des opérateurs de la filière régionale.

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