Le Syndicat Agricole 01 avril 2016 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

La filière avicole régionale fait barrage à la grippe aviaire

Le Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO) a présenté sa stratégie de lutte contre l’influenza aviaire à Anzin-Saint-Aubin (62).

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Philippe Juven, président du CNPO. (© Le Syndicat Agricole) La filière œuf de la région des Hauts de France, 4636000 pondeuses en 2015 © CNPO Production © CNPO

Au 1er juillet 2016, sur tout le territoire français, chaque unité de production de volailles devra obligatoirement adopter des mesures supplémentaires de biosécurité et de protection sanitaire des élevages. Cet arrêté national secondera les actions (vide sanitaire global et repeuplement progressif) déjà mises en place dans la zone touchée par l’influenza aviaire du sud-ouest de la France avec l’objectif d’éradiquer le virus et de renforcer la confiance aux niveaux européen et international. Afin de permettre aux éleveurs de la région d’anticiper et de se préparer au dispositif, le CNPO (interprofession des œufs) a organisé pour la première fois une réunion d’information le 29 mars près d’Arras.

Des mesures à venir en zone indemne
Les filières avicoles font face à une épizootie d’influenza aviaire de grande ampleur : 76 foyers hautement pathogènes ont été détectés dans le Sud-Ouest, avec trois souches différentes : H5N1/N2/N9. La zone de restriction couvre désormais 15 départements. Dans les secteurs indemnes, comme le Nord-Pas de Calais et la Picardie, des opérations de surveillance ont été entreprises depuis le début de l’année. « Les contrôles menés dans tous les élevages de sélection et dans un panel d’élevages de multiplication se sont révélés négatifs, indique Eric Fauquembergue, chef du service protection animale à la DDPP 62. Le risque de contamination est assez faible dans la région, qui compte peu de palmipèdes gras, mais on ne doit pas le minimiser ». Des mesures de prévention pérennes vont donc concerner les élevages de volailles régionaux dès l’été prochain. « Il faut protéger les exploitations de toute entrée potentielle du virus, via l’homme, les transports ou le contact avec d’autres oiseaux », souligne Philippe Juven, président du CNPO. Les principales recommandations seront de travailler en « bande unique », avec un élevage homogène d’animaux vivant ensemble de la naissance à l’abattage, et d’intégrer un sas à l’entrée des unités de production. « Tous les élevages de poulettes et pondeuses de la région sont concernés », annonce Eric Fauquembergue.
Les futures démarches vont s’appuyer sur un guide de bonnes pratiques d’hygiène (GBPH), adapté aux spécificités des différents types d’élevage, actuellement en cours d’élaboration en concertation avec les professionnels.

Le « passeport de la poule » bientôt homologué
Parallèlement au plan d’action national, le CNPO travaille à la création d’une base de données professionnelle pour l’identification des mouvements d’animaux dans les filières avicoles. Ce « passeport de la poule » a pour but « d’assurer la traçabilité » du poussin à la poule de réforme et de renforcer les connaissances sur la production afin de faire évoluer au mieux la filière, précise Cécile Riffard, secrétaire générale du CNPO. Il s’agira d’un portail web où producteurs, OP et accouveurs pourront déclarer les mouvements de volailles au sein de leur entreprise (type, date, stade et mode de production, transferts, sorties, origines…) et alimenter une base de données nationale. « L’outil doit impliquer davantage les acteurs dans les chaînes de production des filières avicoles », souligne Philippe Juven. Élaboré en partenariat avec les services de l’État, il a aussi vocation à simplifier et à dématérialiser certaines tâches administratives. « La déclaration de mise en place (MEP) pourra être directement effectuée sur le portail puis transmise à l’administration », explique Marie Beuret, en charge du site. Le dispositif devrait être homologué par le ministère de l’Agriculture en septembre prochain et opérationnel début 2017.

Simon Playoult

 

 

La 4ème région productrice d’œufs en France

Près de 14 milliards d’œufs ont été produits en France l’année dernière. Avec 4 636 000 de poules pondeuses recensées dans les Hauts de France en 2015, la grande région représente 10 % de la production nationale. L’Oise est le 1er département producteur, suivi de près par la Somme. Les volumes du Nord et le Pas-de-Calais ont représenté 490 millions d’œufs.

 

 

3 questions à Francis Damay, président du l’Observatoire de l’œuf* et éleveur dans la Somme

Les mesures de biosécurité à mettre en œuvre par tous les éleveurs vous paraissent-elles applicables ?
L’ensemble des filières avicoles est déjà bien engagé dans les dispositions sanitaires à prendre. Nous avons des critères de biosécurité qui nous permettent de nous défendre. Je pense notamment à la Charte sanitaire pour les poules pondeuses. Les dispositifs applicables au 1er juillet seront quasi-comparables aux mesures que la filière prend déjà dans son plan de lutte contre la salmonelle.

Quelles sont les premières conséquences de la grippe aviaire sur la filière œufs ?
La production va évidemment être perturbée cette année dans le Sud-Ouest. Quelle que soit la région, les premiers acteurs impactés indirectement ont été les accouveurs. Si l’épizootie ne touche qu’une partie du pays, la France apparaît comme un foyer entier à l’échelle mondiale et les échanges sont ralentis.

Comment changer cette image négative de l’élevage français ?
Nous avons engagé des négociations auprès des députés européens. Afin d’éviter que toutes les exportations soient pénalisées, nous demandons une « régionalisation » des zones touchées et de celles indemnes aux yeux de l’Europe. Ce procédé a été mis en place dernièrement pour la FCO.

Propos recueillis par S. PL

* L’Observatoire est une commission du CNPO chargée des négociations avec l’UE.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui