Le Syndicat Agricole 22 février 2016 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

La crise agricole décortiquée

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- © E. Durand

L’agriculture française traverse l’une de ses plus graves crises depuis la fin de la seconde guerre mondiale. C’est une crise historique par son ampleur et sa durée. Toutes les productions, animales et végétales, sont touchées en même temps, avec des prix de vente en exploitation qui ne couvrent pas les coûts de production. Elle dure déjà depuis plus de 18 mois et aucune perspective de sortie ne se dessine. Cette crise, au-delà de sa gravité économique, engendre de vrais drames humains.La chute des prix est due à la conjonction de plusieurs éléments. Au niveau mondial tout d’abord. La baisse de croissance chinoise a fait chuter fortement la demande, avec en parallèle la Russie qui a fermé ses frontières aux produits européens et engendré un encombrement des marchés. En Europe, le facteur principal est la dérégulation des marchés, portée par la politique économique libérale de la Commission européenne. En lait par exemple, avec la fin des quotas, la France n’a pas augmenté sa production, mais certains pays d’Europe du Nord, comme les Pays-Bas ou l’Irlande, en ont profité pour accroître leurs volumes de plus de 10 %. Enfin, il y a des raisons franco-françaises. Sur le marché français, la grande distribution et les industriels de l’agroalimentaire ne jouent pas le jeu de la répartition des marges et l’État ne joue pas son rôle d’arbitre. L’écart entre le prix payé au producteur et le prix au consommateur est colossal. La question de la répartition des marges tout au long de la chaîne alimentaire est clairement posée. Au-delà de l’organisation du marché, la France est handicapée par une overdose réglementaire, avec une sur transposition excessive des règlements européens, et une accumulation incessante de charges et normes inutiles. Les dossiers Ecophyto, le compte pénibilité, la durée d’instruction des dossiers, l’évaluation environnementale des projets en sont quelques exemples. Dans le même temps, la pression fiscale et sociale est bien supérieure à celles des principaux pays voisins. Tout cela crée de vraies distorsions de concurrence et pénalise la compétitivité des exploitations. Dans ce contexte, il y a une lueur d’espoir. Les consommateurs français font entièrement confiance aux agriculteurs et à la qualité de leurs produits.

ÉRIC TAISNE

Nous avons tenté d’analyser, à travers l’expertise de quelques acteurs régionaux (banques, centre de gestion), la façon dont cette crise impactait concrètement les exploitations.

Retrouvez les articles de décryptage dans le journal du 19 février 2016 :

- AFA : Interview de Stéphanie BUISSART. Quelles sont les exploitations de la région les plus impactées par la crise et quelles solutions peuvent se présenter à elles ?

- Banques : Privilégier une réduction pérenne de la charge de remboursement.

- Conseil régional : Les élus chargés de l’agriculture sont allésà la rencontre de la profession.

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