Le Syndicat Agricole 29 septembre 2016 à 12h00 | Par Le Syndicat Agricole

L’insertion sociale par le travail à la ferme

À la ferme des Vanneaux à Roost-Warendin (59), le maraîchage et la confection de produits permettent de remettre au travail des personnes éloignées de l’emploi.

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La production de la ferme est en partie vendue sur les marchés. © DR Mustapha Zebdi, directeur de la ferme, devant la nouvelle volière entièrement construite avec des matériaux de récupération. © DR Le potager de la ferme. © DR Christophe Itier, directeur général de la Sauvergarde du Nord, Bernard Pacory et François Macé, président et directeur du Crédit agricole Nord de France. © DR

Voilà un quart de siècle que la cour de la ferme des Vanneaux est ouverte. Qu’importe la saison, on croise toujours quelqu’un dans l’immense parc de la propriété. Ils sont actuellement 90 salariés à se relayer chaque jour sur les différentes activités que compte la ferme. Tous ont un point commun : ils bénéficient d’un contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI) par le biais de chantiers adaptés.

Un lieu de « remobilisation » pour l’insertion professionnelle
La ferme des Vanneaux est un établissement piloté par l’association « La Sauvegarde du Nord ». Elle a pour mission de favoriser l’insertion sociale et professionnelle par le biais de chantiers d’insertion. « Les outils et travaux proposés permettent de remettre au travail des personnes éloignées de l’emploi en tenant compte de leurs problématiques : santé, logement, absence de qualification, problème de mobilité », explique Caroline Grosso-Delavenay, directrice développement. Cet accompagnement progressif aide à se (re)construire et à se réinsérer professionnellement et socialement. Les salariés sous contrat (de 4 à 24 mois) sont principalement des demandeurs d’emploi de longue durée, des allocataires du RSA, des jeunes sans qualification, des travailleurs handicapés ou des personnes sortant de prison. « Le passage à la ferme est l’occasion de remettre un pied dans le monde du travail, souligne Mustapha Zebdi, directeur de la ferme. Les ateliers proposés ici sont des leviers qui permettent de reprendre un rythme, d’entamer des démarches, d’avoir un statut et de réfléchir à un projet personnel ». Treize salariés permanents, encadrants techniques, accompagnants socioprofessionnels et animateurs épaulent les employés au quotidien sur cinq activités principales.

Du maraîchage aux animations pédagogiques sur la ferme
À Roost-Warendin, le lien avec le grand public, les consommateurs et le monde professionnel est entretenu en permanence. Ainsi, grâce à des partenariats, une partie des salariés en CDDI contribuent aux services « espaces verts » (entretien et création d’espaces verts, parcs et jardins) et « espaces naturels sensibles » (entretien de sites naturels comme les terrils, les tourbières ou les marais) de la ferme. D’autre part, l’activité de maraîchage (potager et serres) permet à la structure de vendre une partie de sa récolte sur les marchés et par le biais de la « Ruche qui dit oui », qui rassemble plusieurs producteurs des alentours. « C’est une ouverture vers l’extérieur et un lieu d’échanges pour certains salariés, indique Mustapha Zebdi. Nous défendons aussi des valeurs de circuits courts et de production raisonnée ».
La ferme des Vanneaux possède également un atelier de transformation pour fabriquer toutes sortes de produits issus de l’exploitation. Dernier chantier en date, « la préparation de 2 000 à 3 000 litres jus de pomme après le ramassage de plus d’une tonne de fruits durant le mois de septembre dans les vergers de la ferme (400 pommiers) », annonce Caroline Grosso-­Delavenay. Des fabrications qui alimentent également l’atelier « restauration et service traiteur » où les salariés confectionnent repas, buffets, cocktails et plateaux repas sur demande.
Enfin, la structure d’insertion par l’activité propose aux écoles, aux centres de loisirs et aux centres d’accueil spécialisés des animations adaptées au jeune public. L’accueil se fait du lundi au vendredi pour un maximum de 100 personnes, par demi-journée ou journée complète (exercices de plantations de légumes ou de fleurs en fonction des saisons, préparation d’une soupe ou de pain, découverte de la biodiversité ou encore visite de la ferme avec découverte des animaux). « Nous venons de construire une nouvelle volière, entièrement érigée avec des matériaux de récupération, présente le directeur. C’est la première étape d’un programme de rénovation des habitats de nos animaux qui s’étalera jusqu’à la fin de l’année 2017 ». Enfin, trois ruches vont être prochainement installées dans la cour afin de sensibiliser les visiteurs au rôle des abeilles dans l’agriculture. De quoi animer un peu plus cet établissement ouvert sur le monde.

Simon Playoult

La création d’un point de vente à la ferme

Depuis 1991, l’activité de la ferme des Vanneaux s’est fortement professionnalisée. La structure souhaite renforcer ses partenariats avec le monde économique en s’inspirant du modèle de l’entrepreneuriat social. Ainsi, le 23 septembre, une convention de partenariat a été signée entre la Fondation d’entreprise du Crédit agricole Nord de France et la ferme des Vanneaux. « Notre partenariat va permettre à la ferme de passer un cap important, a déclaré Bernard Pacory, président du Crédit agricole Nord de France. La subvention que nous officialisons va accompagner son changement d’échelle, qui passe par un plan stratégique et participatif, et va permettre d’accroître l’activité commerciale ». En effet, la participation de la banque régionale (à hauteur de 101 000 €) vient soutenir une nouvelle étape du développement du site reposant sur l’aménagement d’un point de vente à l’entrée de la ferme qui sera ouvert sur l’extérieur. L’ouverture est prévue dans les six prochains mois. « Ce projet devrait entraîner une augmentation des volumes de vente de légumes et donc un développement et une véritable professionnalisation de notre activité de maraîchage d’ici à 2017 », poursuit Mustapha Zebdi. Parallèlement, un « vestiaire solidaire » va aussi voir le jour au sein de l’établissement. « Il s’agit d’un magasin ouvert à tous qui proposera des vêtements neufs issus de fin de stocks de grandes enseignes, ajoute Caroline Grosso-Delavenay. Un atelier de confection attenant pourrait être créé par la suite ».

S.PL.

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