Le Syndicat Agricole 10 juin 2016 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

« L’industrie agroalimentaire doit se développer sur notre territoire »

Revue de détail des dossiers agricoles traités par le Conseil régional des Hauts-de-France avec Xavier Bertrand, son président.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Xavier Bertrand : « Après les États généraux de l’élevage, nous allons plancher sur une nouvelle politique de l’élevage durant l’été, puis organiser des Assises de l’agriculture en septembre ou en octobre ».
Xavier Bertrand : « Après les États généraux de l’élevage, nous allons plancher sur une nouvelle politique de l’élevage durant l’été, puis organiser des Assises de l’agriculture en septembre ou en octobre ». - © DR

Peut-on faire un point d’étape sur le plan d’urgence en soutien à l’élevage, lancé en mars dernier par la Région ?
Les audits-conseils marchent bien. Nous sommes à plus de 500 demandes déposées par des agriculteurs. Si ces audits-conseils ont été pensés en priorité pour les éleveurs laitiers, nous les avons ouverts depuis à toutes les filières. Ce sont des outils qui permettent un accompagnement des agriculteurs tant sur le plan économique que technique et humain.
Dans la plupart des cas, la vraie question que pose la crise est celle de la modernisation des exploitations. Entre les fonds européens (Feader), l’argent de la Région (1,7 million pour les Fac), la convention signée avec FranceAgriMer et la finalisation d’un accord avec les banques portant sur une somme de 2 millions d’euros attribuée pour la consolidation des prêts et les années blanches, nous sommes en mesure d’accompagner les agriculteurs dans la crise qu’ils traversent.

Une fois les audits-conseils réalisés, il faudra accompagner certains éleveurs sur le long terme. Qui financera alors ?
Ce n’était pas dans notre rôle de lancer un plan d’urgence de soutien à l’élevage. Il n’empêche, j’en ai parlé au Premier ministre, car cela ne représentait pas des sommes folles et il était nécessaire de débloquer de l’argent, sous peine de voir disparaître l’élevage dans nos régions. Pour ce faire, il fallait montrer l’exemple pour inciter l’État à se bouger. En lançant le plan, j’ai montré que nous étions prêts à le faire et que cela n’était pas si compliqué. C’est à l’État de prendre le relais, que ce soit sur la suite à donner aux audits-conseils et aux autres dispositifs. Nous, dans tous les cas, nous poursuivrons nos engagements.
Ainsi, après les États généraux de l’élevage, organisés ce vendredi à Lille, nous allons plancher sur une nouvelle politique de l’élevage durant l’été, puis organiser des Assises de l’agriculture en septembre ou en octobre. En décembre, nous présenterons la politique de l’élevage que nous mettrons en place. Par ailleurs, nous avons constitué un groupe de travail permanent avec le préfet, à qui nous avons demandé de nous définir quel était le département le mieux-disant sur toutes les questions réglementaires et celui qui est le moins-disant, avec pour objectif de définir un travail commun sur la base du moins- disant.

Vous insistez beaucoup sur le fait qu’il faut développer l’agroalimentaire dans la région, notamment en favorisant l’installation d’industries de transformation, insuffisantes sur le territoire. Que peut faire la Région sur ce chapitre et comment peut-elle donner envie à des industriels de s’installer chez nous ?
Nous sommes en train de travailler avec la Chambre régionale de l’industrie et du commerce et les industriels pour favoriser l’exportation de nos productions agricoles. Dans cette stratégie, le canal Seine-Nord Europe a un rôle à jouer. Avant la fin de l’année, il faut que le projet démarre concrètement. Tous les partenaires financiers sont prêts à assumer leurs engagements. Il n’y a plus de temps à perdre, car si nous ne nous lançons pas d’ici la fin de l’année, nous perdrons les financements de l’Europe. Sur ce sujet, le plus important n’est ni le canal, ni le tracé, mais les plateformes. Pour revenir à l’installation d’industries de transformation sur notre territoire, il y a incontestablement quelque chose à faire avec McCain et l’ensemble de la filière pomme de terre. D’autres filières pourraient aussi avoir leur industrie de transformation sur place. Nous sommes en pourparlers, mais je n’en dirai pas plus, pour l’heure. Moi, j’avance dans tous les cas sur le sujet, je fais le VRP pour mettre en place des dispositifs d’accompagnement pour l’installation d’industries ici. L’agroalimentaire doit se développer sur notre territoire, plutôt en Picardie, car c’est là qu’il y a des terrains disponibles.

Lors de votre campagne régionale, vous vous étiez engagé à maintenir les abattoirs de proximité sur le territoire. Pour ce faire, vous êtes en train de faire un audit des sites. Où en êtes-vous ?
Tout d’abord, je regrette la fermeture de l’abattoir de Laon en mars dernier. Je déplore le fait qu’il n’ait eu aucune volonté de le garder. C’est dommage. Pour Fruges, le projet est porté par la Communauté de communes du canton de Fruges. Le dossier avance bien, nous sommes en cours de diagnostic. Donc, pour l’heure, je ne peux pas rendre compte des résultats de ce travail. Quoi qu’il en soit, les premiers retours montrent que l’ensemble des outils présentent une vétusté importante.
En termes de politique d’investissement de la Région, nous avons encore des moyens, même si nous ne sommes pas riches. Je suis donc prêt à mettre de l’argent pour moderniser ces outils, d’autant que les éleveurs sont déjà en difficulté. Or, si ces outils disparaissent, ils vont devoir aller faire abattre leurs bêtes ailleurs. Conséquence : aux coûts de production vont s’ajouter des coûts de transport. Ce qui va encore plus fragiliser leur situation. Je ne suis pas d’accord. Si on parvient à maintenir la cartographie actuelle des abattoirs sur le territoire, ce sera déjà pas mal. C’est l’objectif. Mais il faut que les filières s’organisent autour de leurs outils d’abattage, sinon cela ne pourra pas fonctionner.

Propos recueillis par Florence Guilhem

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui