En inaugurant le Space 2008, le Premier ministre a annoncé une série de mesures à destination des agriculteurs.
Le Premier ministre François Fillon inaugure la 22e édition du Space à Rennes en présence de son ministre de l’Agriculture, Michel Barnier et de Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA et du Space. - ©
Dans un style moins flamboyant que celui de Nicolas Sarkozy, l’année dernière au Space, le Premier ministre François Fillon a annoncé, dans son discours d’inauguration, des mesures sociales, sans aucun doute bien accueillies par la profession. Le chef du gouvernement a déclaré « la mise en place d’un véritable filet de sécurité qui garantira un montant minimum de retraite à tous les non-salariés agricoles, justifiant de plus de 17 ans et demi d’activité », sans pour autant en fixer le montant. De leur côté, « les veuves obtiendront désormais la réversion de la retraite complémentaire obligatoire acquise à titre gratuit par leur conjoint ». Concrètement, ces mesures mettront fin à la minoration de 4 % par année manquante s’appliquant aux revalorisations des pensions des agriculteurs ayant pris leur retraite avant 2002 ; au seuil d’accès aux revalorisation imposé aux veuves et à la nécessité jusqu’alors d’une durée de cotisation de 22 ans et demi pour bénéficier des revalorisations.
Versant jeunes agriculteurs, François Fillon est resté plus évasif en évoquant « le devoir de défendre les jeunes agriculteurs », une réponse à l’invocation du président de la FNSEA selon laquelle « l’installation des jeunes doit être plus que jamais (une) des priorités pour notre pays ».
Pour sortir de « l’éternelle logique d’indemnisation publique », le Premier ministre souhaite la mise en place d’« une déduction pour aléas qui répondra à une véritable logique d’entreprise », une mesure demandée par la FNSEA. « Cette épargne de précaution », selon les termes du ministre, sera adoptée dès cette année, sans toutefois préciser de date.
Il a aussi ajouté que dès 2009, « nous allions renforcer notre soutien à l’assurance contre les risques climatiques. Michel Barnier l’a fait inscrire dans le premier pilier de la PAC. C’est une première étape qui pourrait permettre d’évoluer un jour vers un dispositif de couverture des risques de l’entreprise ».
La création d’un fonds sanitaire est également à l’ordre du jour : « Avec le bilan de santé de la Pac, en 2010, nous allons pouvoir améliorer notre dispositif d’indemnisation ». Enfin, le chef du gouvernement a assuré « engager toutes les filières dans l’organisation de la prévention et de la gestion des risques ».
Interprofession
Concernant la récente affaire Entremont et la polémique engendrée par la DGCCRF, mettant à mal l’interprofession laitière, le Premier ministre a voulu rasséréner le président de la FNSEA qui s’était interrogé sur la position du gouvernement dans cette affaire. « C’est bien l’interprofession qui est le lieu de l’échange entre les producteurs et les transformateurs. C’est bien dans l’interprofession que les familles doivent réfléchir au suivi des marchés, à leur évolution (…). Sinon, je ne sais pas à quoi servent les interprofessions », a insisté François Fillon.
Mais à une nuance près. Il ne s’agira plus pour l’interprofession de recommander un prix mais « de fixer les modalités de détermination des prix payés au producteur ».
François Fillon a, semble-t-il répondu positivement à la demande de la FNSEA de créer un observatoire des marges. Une proposition qui jusqu’alors n’avait pas été retenue. « Il faut que l’autorité indépendante de la concurrence accueille un observatoire des marges », a annoncé le Premier ministre.
Laure Bourdoncle
et Hervé Garnier
INTERVIEW - J.M. Lemetayer
UN DISCOURS ENCOURAGEANT
Votre sentiment sur le discours de François Fillon ?
Le Premier ministre connaît très bien la profession. Les agriculteurs de la Sarthe le savent. François Fillon a eu un discours encourageant, tourné vers l’avenir.
Il a annoncé des mesures importantes sur les retraites et sur le plan fiscal avec la possibilité d’une dotation pour aléas pour faire face à une situation difficile.
Votre réaction au sujet des interprofessions ?
Le Premier ministre a souligné l’importance des interprofessions ce qui est à mes yeux important dans la mesure où je suis un farouche défenseur de ces structures.
Toutefois, je n’ai pas compris que leur rôle ait été contesté au moment même où le ministère de l’Agriculture dépose un mémorandum à Bruxelles en leur faveur.
J’attends beaucoup du groupe de travail sur cette question dans lequel nous aurons une démarche participative.
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