Le Syndicat Agricole 28 septembre 2012 à 10h02 | Par Le Syndicat Agricole

L'événement - FNSEA et JA: syndicalisme de propositions et de revendications

Le projet de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs pour les élections Chambres d’agriculture a été dévoilé jeudi 27 septembre à l’occasion d’une conférence de presse.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La FNSEA et les JA s’affichent à la fois comme un syndicalisme de revendications, « le refus par des actions syndicales fortes lorsque les lignes rouges sont franchies », et de propositions pour faire émerger des solutions.
La FNSEA et les JA s’affichent à la fois comme un syndicalisme de revendications, « le refus par des actions syndicales fortes lorsque les lignes rouges sont franchies », et de propositions pour faire émerger des solutions. - © S. Leitenberger
Dans la perspective des élections aux Chambres d’agriculture, la FNSEA et les JA s’affichent résolument comme un syndicalisme de revendications et de propositions. Ils s’inscrivent résolument dans une dynamique de croissance durable de la production, avec des prix rémunérateurs associés à une maîtrise des charges excessives pour ne pas plomber le revenu ni brider l’initiative. « À travers leurs productions, les paysans font vivre les territoires et les valorisent dans l’alimentation saison après saison. Ce métier est une opportunité pour relever nombre de défis majeurs: économie des territoires, emploi, défi alimentaire, développement durable », déclarent d’emblée la FNSEA et les JA dans leur projet commun pour les élections aux Chambres d’agriculture qui se dérouleront fin janvier 2013.
La FNSEA et les JA affirment que l’agriculture française possède deux atouts essentiels pour saisir cette opportunité: sa diversité d’une part, et le savoir-faire de ses agriculteurs d’autre part. « L’agriculture française est plurielle », insiste d’ailleurs le syndicalisme majoritaire, en ce sens qu’elle ne repose pas sur un modèle unique mais sur des systèmes diversifiés qui ont tous leur place (le conventionnel et la bio, les circuits courts et les circuits longs...). Ce qui en fait d’ailleurs sa richesse. Mais pour que cette richesse et ce potentiel de croissance puissent s’exprimer, encore faut-il qu’ils soient accompagnés par les pouvoirs publics. Ainsi, la FNSEA et les JA s’affichent à la fois comme un syndicalisme de revendications, « le refus par des actions syndicales fortes lorsque les lignes rouges sont franchies », et de propositions pour faire émerger des solutions. « Critiquer, c’est bien; proposer et construire, c’est mieux! » insistent les deux organisations avant de décliner les 3 piliers qui guident leur démarche: la production, le revenu et les territoires.
Une volonté politique claire et nette
La FNSEA et les JA s’inscrivent résolument dans une optique de croissance. À la fois de biens alimentaires, parce que le développement démographique de la planète se traduira par un doublement de la demande alimentaire mondiale d’ici 2050, et aussi d’énergies renouvelables à cause de la biomasse dont l’agriculture dispose en abondance. Mais cette croissance, les deux organisations la veulent durable, c’est-à-dire économique, sociale et environnementale. Ce qui suppose que quelques conditions soient remplies. D’abord une volonté claire et nette des politiques du rôle stratégique de l’agriculture, aussi bien à Genève dans le cadre de l’OMC, qu’à Bruxelles avec la future PAC, qu’à Paris. Toujours dans cette perspective, la FNSEA et JA insistent pour que l’installation soit une priorité des politiques publiques et que les pouvoirs publics cessent d’accumuler les contraintes environnementales qui brident la compétitivité des exploitations agricoles. Le syndicalisme majoritaire va plus loin en affirmant que « les agriculteurs sont les premiers protecteurs de l’environnement » et que « leurs efforts doivent être reconnus et encouragés ». Bien entendu, les deux organisations attirent l’attention sur le fait que la croissance de la production ne doit pas être entravée par le gaspillage des terres et demandent qu’il soit mis un terme à la disparition de 100000 hectares par an au profit de l’urbanisation.
Un pouvoir économique des producteurs
Pour la FNSEA et les JA, la défense du revenu passe d’abord par les prix. Ainsi plaident-ils en faveur de la répercussion sur l’augmentation des coûts de production le long des filières agroalimentaires. C’est pourquoi l’accord du 3 mai, qui prévoit la reprise des négociations commerciales en cas de dérapage des coûts de production, doit être « mieux appliqué ». Ceci étant, « un prix, ça se construit » insiste le syndicalisme majoritaire. Aussi se prononce-t-il une nouvelle fois en faveur du renforcement de l’organisation économique des producteurs pour peser davantage dans les négociations avec les industriels et les grandes surfaces. Et il appelle de ses vœux une évolution du droit de la concurrence pour permettre aux agriculteurs de mieux s’organiser, car ce droit « favorise les acteurs en position dominante au détriment des plus faibles ».
Pour assurer le revenu des agriculteurs, pas question non plus d’accroître les charges et les contraintes sanitaires et environnementales, qui ont de fortes chances d’aggraver les distorsions de concurrence au sein de l’Union européenne. D’ailleurs, la FNSEA et les JA déplorent le dumping social qui prévaut au sein des 27 et, « dans l’attente d’une harmonisation nécessaire, les filières agroalimentaires ont besoin d’une baisse du coût du travail ». En effet, ne sont-elles pas « le 2e employeur de France » avec 3,5 millions d’actifs? Avant d’appeler à la mise en place d’outils de gestion de risques, tant au niveau collectif « pour pouvoir anticiper la survenance d’aléa économique, sanitaire ou climatique », qu’individuel pour lisser le revenu et constituer des provisions pour hausse de charges.
Les agriculteurs, des citoyens à part entière
Enfin, les agriculteurs, qui jouent un rôle déterminant dans le dynamisme des campagnes, refusent d’être considérés « comme des citoyens de seconde zone » pour l’accès aux services publics, aux équipements de santé ou aux nouvelles technologies, notamment. Aussi la FNSEA et JA demandent-ils à bénéficier du même environnement de vie que les urbains. Ce qui passe par la lutte contre les déserts médicaux, le déploiement effectif du haut débit, la mise en place de sites multiservices (alimentation, presse, tabac, poste...) ainsi que le développement des transports collectifs. Pour que « les enfants d’agriculteurs ne soient pas pénalisés dans leur cursus scolaire du fait de leur éloignement des collèges et des lycées » par exemple. La FNSEA et JA n’oublient pas les femmes: la reconnaissance de leur rôle « est une priorité ». Ne serait-ce qu’en leur accordant des droits gratuits de retraite, « afin de reconnaître leur action passée sur les exploitations ». Ni les retraités: la promesse d’une pension à 75 % du Smic doit être respectée et leur retraite doit être calculée sur leurs 25 meilleures années et non plus sur la totalité de leur carrière.
Les élections aux Chambres d’agriculture se dérouleront fin janvier 2013.
Les élections aux Chambres d’agriculture se dérouleront fin janvier 2013. - © S. Leitenberger

Élections Chambre: un bilan et un programme pour la région

Dans quelques mois, les agriculteurs seront appelés à voter pour les élections à la Chambre d’agriculture. Moment important dans la vie syndicale où l’on mesure d’abord l’envie des agriculteurs pour une dynamique professionnelle à travers le taux de participation. Moment ensuite où l’on mesure la force des organisations syndicales. Les élections sont aussi l’occasion de dresser le bilan syndical et de faire des projets. Nous aurons l’occasion d’y revenir dans les semaines à venir, mais chacun sait que vos FDSEA n’attendent pas les élections pour s’occuper d’une multitude de problèmes qui peuvent entraver le fonctionnement et l’avenir de nos exploitations. Depuis les questions internationales et l’évolution de la PAC, jusqu’aux dossiers locaux, fonciers ou autres, le syndicalisme majoritaire, fort de son réseau et de la compétence de ses services, est aux côtés de chacun. Un constat s’impose: notre profession subit trop de contraintes. Ces dernières années, nous avons dû dépenser énormément d’énergie pour freiner ou contrer la multitude de projets ou de réglementations qui voulaient enfermer l’agriculture dans un corset environnemental. C’en est trop. Profitons de cette campagne pour dire que nous voulons une agriculture forte économiquement, qui peut sans complexe relever les défis alimentaires et énergétiques. Utilisons les moyens et l’énergie publique à construire cet avenir et non pas à organiser un retour en arrière.
Cette ligne politique sera forcément accompagnée de points de vigilance: lutter contre la volatilité des cours (produits et charges), qui est un risque permanent pour l’équilibre des exploitations, préserver le foncier, renforcer la compétitivité, répartir les marges, renforcer la recherche et l’innovation, miser sur les énergies renouvelables.... et plein d’autres sujets sont sur la table. Vous savez que nous y travaillons quotidiennement.
Nous savons que l’agriculture est diverse, à travers ses terroirs, ses productions, ses systèmes. La vérité n’est pas unique. Chaque cas mérite qu’on s’y intéresse. Cette diversité est notre richesse et c’est notre meilleur passeport pour l’avenir. En participant nombreux à ces élections aux Chambre d’agriculture, vous allez démontrer à votre environnement votre envie de voir ce métier, plein d’avenir, apporter des perspectives à notre société. À l’image de notre slogan: l’agriculture, un atout d’avenir!
Christian Durlin, président de la FDSEA du Pas-de-Calais
et Marc Ruscart, président de la FDSEA du Nord

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui