La Fnsea et les Ja largement majoritaires aux élections des Chambres d'Agriculture
La Fnsea et les Jeunes Agriculteurs (Ja) sont majoritaires aux élections des Chambres d’Agriculture 2007. Les listes FNSEA et JA recueilleraient près de 57 % des voix du collège exploitant (selon les estimations de la Fnsea). « Nos positions sont pleinement approuvées », constatait Jean-Michel Lemétayer, président de la Fnsea, qui qualifiait ce score « de très bon résultat ». Alors que lors des derniers scrutins, les voix pour le syndicalisme majoritaire avaient tendance à s’éroder (59,8 % en 1995, 53,88 % en 2001).
Pour la première fois, depuis vingt-cinq ans, la tendance s’inverse : une remontée symbolisée par le résultat obtenu en Loire-Atlantique permettant à la Fnsea de reprendre en main la Chambre d’Agriculture perdue dans les années 1980.
Une très forte participation
La confédération paysanne s’avère le grand perdant de ces élections : un peu plus de 19,5 % contre près de 27 % en 2001. « La faute à José Bové et ses combats contre les paysans », selon Jean-Michel Lemétayer. La Coordination rurale obtiendrait selon les dernières estimations officielles aux environs de 18,7 % (contre 12,15 % en 2001). C’est une surprise, même si ce syndicat n’a, dans les faits, pas conquis de nouvelles Chambres d’Agriculture, conservant celles du Lot-et-Garonne et du Calvados, acquises respectivement en 2001 et 1995. L’autre performance, c’est la forte participation à ces élections 2007.
Le taux dépasserait les 66 % (contre 61,22 % en 2001), « ce qui montre que le monde paysan et rural reste très attaché à la vie et au développement des organisations professionnelles », selon Luc Guyau, président sortant de l’Association permanente des Chambres d’Agriculture.
Convaincre maintenant les politiques
Nul doute, qu’à travers ce vote, les agriculteurs français ont voulu montrer leur attachement à une agriculture d’entreprise, laquelle est défendue à la fois par la Fnsea et les Ja. Philippe Meurs avoue sa grande satisfaction : « les efforts sont payants ». Il estime que la campagne menée à travers toute la France comme à Paris, ainsi que l’élaboration d’un projet « ambitieux, solidaire, avec de vraies idées » ont porté leurs fruits. Un sentiment largement partagé par le président de la Fnsea. « Beaucoup d’hommes politiques vont rêver de faire un même score sur un seul tour à la prochaine élection présidentielle », a-t-il commenté avec humour.
Plus sérieusement, Jean-Michel Lemétayer entend faire connaître « les orientations que nous avons défendues ». Dans le débat électoral, il entend aussi faire entendre la voix de son syndicat : « Ségolène Royal ne fera pas sans la FNSEA (…). J’espère qu’elle va écouter la majorité des paysans français ». Une des premières actions, qui sera entreprise par le syndicalisme majoritaire, sera de convaincre les candidats à l’élection présidentielle et aux législatives sur les grands dossiers agricoles : « nous irons à leurs rencontre en les informant que des chantiers énormes les attendent. Celui de la PAC, des négociations internationales, sans oublier certains dossiers plus sectoriels comme les fruits et légumes, la viticulture, la grippe aviaire… »
Un rapport de force équitable
« Très satisfait. D’une part, ces résultats redonnent une vraie légitimité à la FNSEA et aux jeunes agriculteurs pour représenter l’agriculture dans différentes instances. Je pense que quel que soit le gouvernement à venir, ce sera aussi un rapport de force équitable entre la profession d’un côté et le gouvernement de l’autre. Nous aurons besoin dans les prochaines années d’une agriculture qui s’investisse de plus en plus dans des sujets essentiels comme l’organisation de la production, l’organisation des marchés, sa régulation…, autant de sujets sur lesquels nous pourrons jouer un rôle actif dans cette forme de co-responsabilité, entre la puissance publique d’un côté et les acteurs des filières de l’autre ».
Des enseignements pour l’élection présidentielle
« Les résultats confirment ce que prévoyait le syndicalisme majoritaire : une hausse du score de la Coordination rurale et une baisse de la Confédération paysanne » observe Dominique Bussereau, ministre de l’agriculture, commentant des résultats partiels lors de la soirée électorale organisée au ministère. « Personne ne pensait cependant qu’il y aurait un tel transfert de voix entre le syndicalisme de gauche et le syndicalisme contestataire de droite » estime-t-il.
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