Le Syndicat Agricole 07 janvier 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

L’épidémie d’Ebola devrait cesser dans les mois à venir

Patrick Berche, directeur de l’Institut Pasteur de Lille se veut rassurant sur l’épidémie d’Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest.

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Infrastructures médicales d’urgence en Guinée.
Infrastructures médicales d’urgence en Guinée. - © Institut Pasteur

Une dizaine de pays africains sont confrontés à la pire épidémie jamais provoquée par le virus Ebola. Les premiers cas diagnostiqués en Europe (Espagne, Royaume-Uni, Italie) ont génèré une véritable angoisse parmi les populations. Des raisons qui ont poussé l’Institut Pasteur de Lille à organiser une conférence grand public exceptionnelle en décembre dernier afin de dresser l’état des lieux des connaissances en la matière et de réaliser un point sur la maladie.


Une maladie vieille de 40 ans
Le virus Ebola est une maladie aiguë et grave, souvent mortelle si elle n’est pas traitée. Elle est apparue pour la première fois en 1976, lors de deux « flambées » simultanées à Nzara (Soudan) et à Yambuku (République démocratique du Congo). Yambuku étant situé près de la rivière Ebola (qui signifie « eau blanche »), celle-ci a donné son nom à la maladie. Peter Piot, chercheur belge, est le premier à avoir isolé le virus en 1979. « On pense que les chauves-souris frugivores sont les hôtes naturels du virus, indique Patrick Berche, directeur général de l’Institut Pasteur de Lille et professeur en microbiologie. Celui-ci s’introduit dans la population humaine après un contact étroit avec du sang ou des sécrétions, notamment par le biais alimentaire, ou à partir d’un autre animal infecté (singes, antilopes...) ». Les chauves-souris sont des porteuses saines qui contaminent l’homme directement. Après quelques cas marginaux en 1995, 2000 ou 2009, la « flambée » qui sévit actuellement en Afrique de l’Ouest (dont les premiers cas ont été notifiés en mars 2014) est la plus importante et la plus complexe depuis la découverte du virus. Cette épidémie a également comme particularité de s’être propagée d’un pays à l’autre, partant de la Guinée pour toucher la Sierra Leone et le Libéria (en traversant les frontières terrestres), le Nigéria (par l’intermédiaire d’un seul voyageur aérien) et le Sénégal (par l’intermédiaire d’un voyageur arrivé par voie terrestre).


Transmission et premiers symptômes très rapides
Le virus se propage ensuite par transmission interhumaine, à la suite de contacts directs ou avec des surfaces et des matériaux comme le linge de lit et les vêtements qui ont été contaminés. « Il n’y a pas de transmission par voie aérienne, mais un patient contamine en moyenne 2 à 2,4 personnes, d’où la très forte propagation de la maladie dans des zones densément peuplées », souligne Patrick Berche. Des agents de santé sont souvent infectés en traitant des cas suspects ou confirmés, lorsque les précautions anti-infectieuses n’ont pas été strictement appliquées. Les rites funéraires au cours desquels les parents et amis du défunt sont en contact direct avec la dépouille peuvent également jouer un rôle dans la transmission du virus Ebola. « La période d’incubation, c’est-à-dire le temps écoulé entre l’infection par le virus et l’apparition des premiers symptômes, varie de 3 à 21 jours, le plus souvent de 4 à 9 jours, poursuit le professeur. Tant qu’elle ne présente pas de symptômes, une personne n’est pas contagieuse ». Les premières expressions de la maladie se manifestent par une fatigue, des douleurs musculaires et des céphalées. Ils sont suivis de vomissements, de diarrhée, d’insuffisance rénale et hépatique et, dans 50 % des cas, d’hémorragies internes et externes.


Des traitements succincts et une prévention fondamentale
Même si la réhydratation par voie orale ou intraveineuse et le traitement précoce des symptômes spécifiques améliorent les taux de survie, aucun traitement ou vaccin disponible n’a pour l’instant fait ses preuves contre le virus Ebola. Néanmoins, toute une gamme de traitements potentiels et médicamenteux est en cours d’évaluation. « La prévention des populations par la sensibilisation aux facteurs de risques et aux mesures de protection possibles est le premier critère de réduction de la maladie », rappelle Patrick Berche. Cela passe évidemment par le dépistage des sujets contacts (fièvre, tests viraux) et l’isolement et la surveillance des sujets pendant 21 jours. Les agents de santé doivent toujours appliquer les précautions standard lorsqu’ils s’occupent des patients, quel que soit le diagnostic présumé. Ces précautions passent par le respect de règles de base comme l’hygiène des mains, l’hygiène respiratoire ou le port d’un équipement de protection individuelle. « Grâce à ce travail intense de prévention et aux efforts de la communauté internationale concernant la crise Ebola, l’épidémie a fortement reculé dans les pays les plus touchés et devrait cesser dans les mois à venir », détaille le directeur de l’Institut Pasteur de Lille. Depuis le 20 octobre 2014, le Nigeria ne fait plus partie de la zone à risque, de même que la République démocratique du Congo, depuis le 24 novembre. La prudence reste néanmoins de mise face à un virus qui a contaminé plus 20 000 personnes (au 3 janvier 2015) et fait 7 989 morts en un an.


Simon Playoult

Les dispositifs de surveillance en France et dans la région

Depuis le début de l’épidémie Ebola, une surveillance renforcée a été mise en place en France. Son objectif est d’identifier au plus tôt un éventuel cas importé afin, d’une part, d’assurer la meilleure prise en charge possible du malade et, d’autre part, de mettre en œuvre la prévention de la transmission du virus, en maintenant un haut degré de sécurité pour les soignants. Les cas suspects, dès leur identification par un médecin, doivent être notifié à l’ARS (Agence régionale de santé).
Un numéro vert est disponible 7 jours sur 7 : 0 800 13 00 00.

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