Le Syndicat Agricole 21 janvier 2016 à 10h00 | Par Le Syndicat Agricole

L’économie maritime emploie un demi-million de personnes

L’Insee a publié une enquête sur l’économie maritime française dont la santé fluctue en fonction des activités.

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La France détient la deuxième plus grande superficie d’espaces marins au monde avec 11 millions de km2, derrière les États-Unis (11,4 millions de km2). Cela représente près de vingt fois la superficie de la France métropolitaine. La mer et le littoral livrent une grande variété d’activités qui forment le socle de l’économie maritime. Ces activités peuvent être traditionnelles (pêche, conchyliculture, construction navale, activités portuaires, tourisme...) ou émergentes (énergies marines renouvelables, biotechnologies...). Elles totalisent 450 000 emplois en 2012, soit 1,7 % de l’emploi total en France et plus de 8 % des emplois maritimes dans le pays. En tête, le tourisme littoral emploie 228 000 personnes, soit la moitié des travailleurs de l’économie maritime. Les deux tiers travaillent dans l’hôtellerie et la restauration tandis que les autres se répartissent entre activités récréatives, culturelles ou commerciales. Vient ensuite le domaine de l’intervention publique (marine nationale, sécurité, enseignement-formation, recherche, protection de l’environnement...) qui compte 69 000 personnes. La pêche en mer, l’aquaculture et plus largement l’exploitation des produits marins qui entraînent des activités de transformation, de conservation et de commercialisation totalisent 51 000 personnes. Le transport maritime et fluvial, de passagers ou de marchandises, y compris les services portuaires, arrivent ensuite et emploient 45 000 personnes. La construction de navires et de bateaux de plaisance est une industrie traditionnelle forte puisque la France est le premier constructeur mondial de voiliers. S’y ajoutent la production d’équipements nautiques et de systèmes électroniques, les concessionnaires ainsi que les travaux de bureaux d’études spécialisés. L’ensemble regroupe 39 000 personnes. Les énergies marines renouvelables fournissent encore peu d’emplois. La mer intervient dans la production énergétique comme source de refroidissement dans certaines centrales nucléaires qui rassemblent la majorité des 8 000 emplois de ce domaine. Enfin, l’activité maritime comprend aussi la construction d’ouvrages maritimes, les services parapétroliers ou paragaziers offshore, l’extraction de granulats marins, la fabrication ou la pose de câbles sous-marins ainsi que les banques et assurances maritimes.

Pertes et créations d’emplois
Hors marine nationale, 168 000 établissements participent à l’économie maritime, soit 2,4 % des établissements actifs en France en 2012. Les trois quarts n’ont aucun salarié, notamment les patrons pêcheurs, les chefs d’exploitation conchylicoles, ou certains propriétaires d’hôtel ou de restaurant (main-d’œuvre familiale). Les entreprises de l’économie maritime sont assez récentes puisque 34 % ont moins de trois ans contre 31 % dans l’ensemble de l’économie. Cette proportion atteint 40 % dans la réparation navale, 37 % dans le tourisme, mais reste faible dans la pêche (14 %), la conserverie (23 %) et la construction navale (25 %). Les énergies marines renouvelables ont un potentiel de croissance élevé ; 61 % des entreprises de ce secteur ont moins de trois ans et peu de salariés. Côté profil, 45 % des salariés de l’économie maritime sont des employés (contre 32 % dans l’ensemble de l’économie), sans le tourisme, cette part descendrait à 17 %. De même, l’économie maritime emploie 60 % d’hommes ; hors tourisme, cette part serait de 72 %. En termes de rémunération, le salaire horaire brut moyen s’élève à 13,65 euros dans le tourisme, à 16,40 euros dans le secteur des produits de la mer et à plus de 26 euros dans la recherche marine et la production d’énergie. D’une manière générale, les activités traditionnelles perdent des emplois à l’exception du tourisme qui en crée. Ainsi, en six ans, la pêche en mer a perdu plus de 3 000 postes, soit 20 % de ses effectifs. L’aquaculture a réussi à maintenir ses effectifs autour de 9 000 emplois sur cette période malgré des difficultés récentes dans la conchyliculture. L’industrie de la construction navale a quant à elle perdu 6 700 emplois, mais la réparation navale a créé 2 300 emplois. Les activités de transport maritime et fluvial ont aussi subi 4 000 pertes d’emplois, malgré une augmentation de 3 000 postes dans les transports maritimes et côtiers de fret. Le tourisme littoral a gagné 16 000 emplois, principalement dans la restauration.
La région Paca et la Bretagne concentrent près de la moitié des emplois maritimes avec respectivement 126 000 et 80 000 emplois. Bien évidemment, 94 % des effectifs de ce secteur se situent sur les côtes, mais l’Île-de-France abrite 21 0000 emplois maritimes : des sièges de grandes entreprises et le marché de Rungis y sont implantés.

Valérie Godement

Des éoliennes offshore seront installées au large de Gruissan.
Des éoliennes offshore seront installées au large de Gruissan. - © P. Forget

Zoom sur... Exploitation des énergies marines renouvelables

Suite au Grenelle de la mer, l’objectif de la France est que les énergies renouvelables représentent au moins 23 % de sa consommation d’énergie finale d’ici à 2020, grâce notamment à la production de 6 000 mégawatts d’énergies marines. L’Hexagone dispose de compétences industrielles reconnues et de ressources naturelles à très fort potentiel pour ces technologies, notamment au large des côtes de Normandie, Bretagne et des pays de la Loire.
L’État a lancé plusieurs appels d’offres pour planifier la construction de parcs éoliens en mer. Six parcs d’une puissance totale de 3 000 mégawatts sont ainsi prévus au large du Tréport, en Seine-Maritime, et à l’île d’Yeu. Par ailleurs, deux parcs pilotes d’hydroliennes sont envisagés ou en cours d’installation dans les zones de fort courant, en mer d’Iroise, et au large du Cotentin. Enfin, une feuille de route a été lancée pour soutenir le développement de l’éolien flottant, non fixé au sol. Il s’agit d’éoliennes offshore montées sur une structure flottante qui permet à la turbine de produire de l’électricité plus loin des côtes, là où l’eau est beaucoup plus profonde et les vents plus forts et plus stables. Ce projet sera développé sur quatre périmètres : trois en mer Méditerranée en Languedoc-Roussillon (au large des étangs de Leucate et de la commune de Gruissan) et en Camargue (au large du phare de Faraman) ainsi qu’un au large de l’île de Groix. Chaque parc devrait disposer de trois à six éoliennes de taille réelle développant une puissance unitaire d’au moins 5 mégawatts.


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