Le Syndicat Agricole 18 janvier 2017 à 15h00 | Par Le syndicat agricole

L’agriculture « humaniste, responsable et citoyenne » de Sylvia Pinel

Après avoir traité la primaire de la droite et du centre, les candidats à la primaire de la gauche s'expriment à leur tour sur les orientations agricoles de leurs programmes.

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Sylvia Pinel
Sylvia Pinel - © Gouvernement

Candidate du Parti radical de gauche (PRG) qu’elle préside, l’ancienne ministre (de l’Artisanat puis du Logement) Sylvia Pinel porte un projet d’agriculture « humaniste, responsable et citoyenne ». Elle propose de soutenir les pratiques agricoles plus vertueuses dans la réforme de la PAC à mi-parcours, et d’orienter les soutiens vers les agriculteurs dont les pratiques reviennent aux « fondamentaux agronomiques ». « La crise de l’élevage que nous traversons est en réalité une crise de modèle », estime le Parti radical de gauche (PRG) dans son projet porté par Sylvia Pinel à la primaire de la gauche. C’est donc logiquement que son programme propose un nouveau modèle agricole fondé sur une agriculture « qui réponde aux attentes sociétales dans le respect de la biodiversité, des équilibres et des ressources naturelles et de la santé ». « Le soutien des pouvoirs publics est indispensable afin de ne pas laisser aux seules mains de la finance un secteur qui continue de revêtir une importante dimension stratégique », insiste le texte, sans préciser si le combat s’élève contre les grands groupes agroalimentaires souvent visés ou sur la financiarisation des terres agricoles, un sujet d’actualité.

Retour aux « fondamentaux agronomiques »
Le PRG souhaite orienter les politiques publiques vers la réduction des marges des intermédiaires pour une meilleure rémunération des producteurs mais globalement, les mesures en faveur du secteur agricole sont conditionnées à une évolution des pratiques. Ainsi, Sylvia Pinel souhaite profiter du bilan de santé à mi-parcours de la PAC (2018) pour réorienter les soutiens vers « les modèles les plus vertueux », avec des aides par unité de travail et non par hectare, au bénéfice des éleveurs bovins en système herbager. La candidate prône également « une plus grande dégressivité des aides au revenu comme à la production », pour lutter contre la pauvreté des agriculteurs au moyen « d’une aide systématique à la pluri-activité, à la rénovation de l’habitat, et d’outils de mutualisation des risques d’investissement face aux variations croissante des cours ». De la même façon, le développement de l’assurance-récolte devra se faire en faveur des agriculteurs aux « pratiques vertueuses ». Ces pratiques relèvent, d’après le programme du PRG, « des fondamentaux agronomiques », à savoir une réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires « sur les surfaces céréalières » grâce à un meilleur stockage du carbone et à une meilleure utilisation de la biodiversité, « la réaffirmation des liens au terroir », « la restauration des zones prairiales et cultivées à forts enjeux patrimoniaux » pour préserver la biodiversité, la qualité de l’eau et les paysages, « une forte ambition pour le bien-être animal », et une « priorité donnée aux circuits courts, à l’agriculture biologique dans son ensemble et la qualité des produits agricoles ».

Harmonisation sociale et fiscale
Au niveau économique, les radicaux de gauche « ont soutenu, depuis le début, la politique de baisse des charges sociales sur les entreprises impulsée par le Gouvernement », une politique qui concerne fortement les agriculteurs français désavantagés face à leurs voisins européens. Au niveau européen, leur projet entend « harmoniser l’assiette et le taux d’impôt sur les sociétés », « mettre en place une politique permettant la convergence des salaires », et « mettre en place des prestations sociales européennes » (assurance chômage, retraite minimum, etc.). En France, cette impulsion doit prendre la forme « d’une baisse de taux et d’une réforme de l’impôt sur les sociétés » pour lutter contre un taux d’impôt élevé qui handicape notamment les PME. Le PRG compte donc rééquilibrer la fiscalité en faveur des PME. Il s’agit entre autres de réorienter le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) vers les petites entreprises.

Ruralité
Enfin, pour une plus grande égalité des territoires ruraux face aux territoires plus peuplés et mieux dotés, le PRG entend travailler contre les déserts médicaux à travers une meilleure implantation des maisons de santé et une redéfinition « des critères de présence des hôpitaux et des maternités ». Comme les autres candidats, Sylvia Pinel veut mettre en place des mécanismes d’incitation pour favoriser l’implantation de médecins dans ces territoires. Elle fait par ailleurs du numérique une priorité qui permettra de renforcer le dispositif « La France s’engage », dispositif qui donne accès à un soutien financier, à des partenaires, à des acteurs publics, à un accompagnement pour recruter, élargir leur réseau et gagner en visibilité.

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