Le Syndicat Agricole 30 juin 2016 à 16h00 | Par Le syndicat agricole

Intempéries : « Les conséquences économiques vont être sérieuses »

La gestion globale de l’eau était au cœur des débats de la dernière session de la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais.

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Suite aux intempéries qui ont touché la région durant le printemps, la gestion des cours d’eau a été évoquée en session de Chambre. © M-A. Carré Ghislain Tétard, membre de la commission agriculture du Conseil régional, accompagné de Matthieu Dewas et Pierrick Huet, respectivement directeurs des DDTM du Pas-de-Calais et du Nord. © DR

Pluies exceptionnelles, orages violents et coups de vent à répétition ont ponctué le printemps dans la région. En cette période propice à la pousse des cultures, dont certaines sont en fin de cycle, les dégâts liés aux dernières intempéries ont été jugés « conséquents » par les élus de la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais. Réunis en session le 27 juin à Quaëdypre (59), ils se sont exprimés à l’unanimité en faveur d’une gestion plus adaptée des crues lors de phénomènes climatiques inopinés.

Les missions d’enquête se poursuivent
« Certains secteurs ont été fortement impactés par les excès d’eau, a introduit Jean-Bernard Bayard, président de la Chambre d’agriculture, en début de séance. Quelle que soit la production, les conditions sanitaires suscitent l’inquiétude aujourd’hui ». Lins et céréales couchés, maïs stationnaires, légumes abandonnés ou fauche de l’herbe difficile, les représentants de la Chambre ont été nombreux à faire part des dommages subis sur le territoire. « Les sols gorgés d’eau peuvent rendre impossibles les interventions au champ, explique Christian Durlin, référent légumes. Les conséquences économiques vont être sérieuses ». Sous l’égide des services de l’État, les missions d’enquête sont en cours sur le terrain afin d’établir un premier examen des dégâts occasionnés, uniquement pour les biens endommagés non assurables. Pour le Nord, le Comité départemental d’expertise présentera son avis « entre le 15 et le 20 juillet prochain », annonce Pierrick Huet, directeur de la DDTM 59. Le préfet pourra ainsi, s’il y a lieu, demander la reconnaissance en calamité agricole pour le sinistre considéré.

Entretien des cours d’eau : « Nous tirons la sonnette d’alarme »
Ces événements climatologiques récents remettent sur le devant de la scène la problématique des compétences en matière d’entretien des cours d’eau et des fossés. « N’oublions pas que leur fonction première est l’évacuation de l’eau, interpelle Christian Durlin. Nous tirons la sonnette d’alarme, il est urgent de mettre en place une politique d’entretien réactive et budgétée ». Profitant de la mise en place actuelle de programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI) sur différents bassins versants et en rappelant la nécessité d’entretenir régulièrement les ouvrages hydrauliques, la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais a voté à l’unanimité une motion relative à la gestion des crues lors de phénomènes imprévisibles. « Nous demandons que les zones d’expansion de crues (ZEC) soient définies en concertation avec la profession agricole et que les pertes économiques soient indemnisées et les parcelles remises en état, après des problèmes de sur-inondation », détaille Laurent Verhaeghe, vice-président. Le texte demande aussi que les « lâchers d’eau sur des terres agricoles », tel que celui pratiqué autour de la Marque en mai 2016, « demeurent exceptionnels et correspondent uniquement à des phénomènes imprévisibles ». En cas d’urgence, la Chambre exige que les exploitants des parcelles soient prévenus « dans les meilleurs délais, quand il s’avère indispensable de dévier l’eau pour sécuriser les personnes et leurs habitations sans sous-estimer le temps de mise à l’abri des animaux occupant les prairies concernées ». Matthieu Dewas, directeur de la DDTM du Pas-de-Calais, a indiqué qu’une réunion spécifique, en présence des acteurs du monde agricole et de Voies navigables de France (VNF), serait organisée prochainement.

Des zones vulnérables « à stabiliser »
Parallèlement aux eaux de surface, les eaux souterraines font elles aussi l’objet d’une attention particulière. En effet, le périmètre des zones vulnérables pour le bassin Artois-Picardie est actuellement en révision (cf. notre édition du 26 juin). Le projet était ouvert à la consultation et à l’avis du public du 6 au 30 juin. « C’est la troisième révision du zonage en 4 ans, après 2012 et 2015, mentionne Bruno Roussel, qui suit le dossier pour la Chambre d’agriculture. Cette situation entraîne une confusion dans la compréhension des règles et leur application ». Par vote de motion, les élus demandent donc « que le périmètre des zones vulnérables de la région soit stabilisé pour les prochaines années afin d’avoir une lisibilité la plus saine possible du territoire en prenant en considération les communes entières ». Laurent Verhaeghe poursuit : « Au regard du manque de preuves sur l’origine des nitrates, le Programme d’actions et ses délais de mise en œuvre doivent être adaptés au contexte économique que traverse la profession agricole, et notamment l’élevage ». Une modification du périmètre occasionnerait des changements de normes des capacités de stockage d’effluents en zones vulnérables qui pourraient impacter certaines exploitations déjà soumises à des conditions économiques tendues. Le comité de bassin émettra un avis sur le projet lors de sa séance du 7 juillet prochain. À l’issue de ces consultations, le préfet coordonnateur de bassin arrêtera la désignation des zones vulnérables.

Simon Playoult

Zoom sur... Crise de l’élevage : des annonces structurelles attendues

Les États généraux de l’élevage des Haut-de-France se sont déroulés le 10 juin dernier au siège du Conseil régional à Lille. Leur objectif est d’élaborer des mesures de soutien concrètes pour retrouver des marges de compétitivité. La Chambre d’agriculture Nord-Pas de Calais a donc tenu à émettre rapidement, par voie de motion, sa position sur les premières pistes d’actions à appréhender. « Nous proposons qu’elles soient consacrées à la mise en œuvre d’appels à projets pour des aides à l’investissement accessibles au plus grand nombre d’éleveurs et cohérentes à l’échelle des Hauts-de-France (PCAE - Feader) », résume Laurent Verhaeghe. La proposition suggère, entre autres, un soutien au développement des outils de transformation, d’abattage et de commercialisation et à la contractualisation entre éleveurs, transformateurs et distributeurs. La reprise des travaux, engagés dans le cadre de la préparation de la programmation européenne 2014-2020, « sur des mesures agro-environnementales adaptées aux systèmes d’élevage et de polyculture-élevage de la région (autonomie alimentaire et protéique, maintien et valorisation de l’herbe, compensation de handicap) qui n’avaient pu aboutir », est aussi spécifiée. « Les éleveurs attendent désormais des annonces structurelles et rapides », complète Pierre Hannebique, président de la commission des Productions animales à la Chambre d’agriculture. « Une première réunion pour la restitution des travaux de la journée du 10 juin est programmée le 12 juillet, a répondu Ghislain Tétard, membre de la commission agriculture du Conseil régional. Notre ambition est d’inscrire une stratégie agricole dans le budget 2017 de la Région ».

S. PL

 

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