Le Syndicat Agricole 03 mars 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Inondations : la lutte se poursuit

De nouveaux travaux vont être réalisés dans la vallée de la Hem. Un projet mis en place avec les agriculteurs, sur la base du volontariat.

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Les haies demandent moins d’entretien que les fascines mais s’avèrent moins efficaces en cas de courant trop important.
Les haies demandent moins d’entretien que les fascines mais s’avèrent moins efficaces en cas de courant trop important. - © C. Gloria

Les problèmes d’érosion, d’inondation et de ruissellement des eaux sont récurrents, et même de plus en plus pressants, dans la vallée de la Hem. On constate même une augmentation du débit de l’eau depuis quelques années. La lutte se poursuit : des travaux d’aménagement sont réalisés sur le territoire afin d’atténuer les effets et de limiter les impacts des eaux s’évacuant dans la Hem. Le Symvahem, Syndicat mixte de la vallée de la Hem, lance ainsi son 2e programme de travaux d’hydraulique douce. Les agriculteurs sont les premiers concernés par ces ouvrages qui se trouvent sur leurs champs et permettent de limiter l’érosion des parcelles. Les 16 et 17 février, le Parc naturel régional des caps et marais d’Opale et la Chambre d’agriculture ont fait le bilan du 1er programme et présenté les nouveaux projets prévus aux alentours des communes de Tournehem-sur-la-Hem et de Herbinghen.
Une première tranche de travaux a donc été réalisée durant l’hiver dernier par la Chambre d’agriculture. 42 aménagements ont été mis en place, soit 2,4 km de haies et 250 ml (mètres linéaires) de fascines (cf. encadré « Zoom sur... »). Une vingtaine d’agriculteurs ont été concernés. Le coût de ces travaux s’élève à 45 000 € HT. Ils ont été financés à 35 % par l’Agence de l’eau Artois-Picardie, à 30 % par le Conseil général du Pas-de-Calais et à 35 % par le Synvahem. Aucune participation financière des agriculteurs n’a été demandée. Les exploitants bénéficient au contraire d’une indemnité suite à l’installation d’une haie ou d’une fascine sur leur parcelle. L’indemnité est calculée sur la base de 438,85 €/ha avec un prix plancher de 15 € pour les petites surfaces.


Sur la base du volontariat
Le 2e programme de travaux a été planifié pour trois ans. « Auparavant, ce sont les agriculteurs qui devaient s’occuper de l’entretien des ouvrages, explique Élodie Maurice, assistante d’études sur la vallée de la Hem. Mais cela prend du temps et ce n’est pas toujours évident. Ainsi, le Synvahem a décidé de prendre en charge l’entretien financièrement. » Et c’est l’association Campagnes services qui a été retenue pour ces travaux.
Sont prévus, dans un premier temps, des entretiens de base des différentes haies installées : débroussaillage en juillet-août, recépage en mars, taillage, arrachage annuel. Mais également des entretiens plus spécifiques comme le remplacement des plants morts ou le prolongement d’une haie. Concernant les fascines, il s’agira de débroussaillage et de taillage ; l’association devra également regarnir les fascines en fagots pour qu’elles gardent leur efficacité. Ce plan va être envoyé aux agriculteurs afin qu’ils le valident.
Le Parc naturel régional des caps et marais d’Opale et la Chambre d’agriculture prévoient d’installer environ 90 ouvrages, mais ce sont les agriculteurs qui auront le dernier mot. Les installations se font en effet sur la base du volontariat, après propositions des différents acteurs. « Les emprises sont petites et d’ailleurs insuffisantes pour être supprimées des surfaces déclarées pour les aides PAC », précise François Derancourt, conseiller développement agricole, durable et sociétal à la Chambre d’agriculture de région.


Concertation
D’ici à juin, les agriculteurs seront contactés par les maires des différentes communes concernées pour une première phase de consultation. Lorsqu’un agriculteur est volontaire pour la mise en place d’une fascine ou d’une haie (ou de plusieurs ouvrages), il signe alors une convention pour 10 ans avec les acteurs concernés. Le début des travaux est prévu pour 2016 (dès 2015 pour certains ouvrages). Si l’agriculteur n’est pas chargé de l’entretien, il a tout de même un rôle de veille sur l’ouvrage qui se situe dans son champ et se doit de signaler un éventuel problème.
« C’est un travail qui doit être collectif, souligne François Derancourt de la Chambre d’agriculture. Il s’agit d’une première étape qui s’inscrit dans le programme PAPI (Programme d’actions de prévention contre les inondations) et qui doit permettre de gérer de façon plus globale les problèmes d’inondation. »

Laura Béheulière

Exemple de fascine récemment installée.
Exemple de fascine récemment installée. - © DR

Les fascines : Comment ça marche ?

Les fascines sont des obstacles au ruissellement des eaux constitués de fagots superposés, retenus de part et d’autre par des pieux. Ces obstacles sont disposés entre les parcelles pour freiner l’écoulement de l’eau en complément des haies. Le but : empêcher au maximum l’érosion des parcelles. Ce type d’aménagement est généralement placé dans les creux causés par le passage de l’eau.
Si les fascines sont opérationnelles dès leur installation, elles demandent toutefois un peu plus d’entretien que les haies pour assurer une efficacité optimale. Leur mise en place est longue et les fagots et les pieux doivent être entretenus régulièrement.
Ces aménagements sont encore peu répandus dans la vallée de la Hem. La multiplication de petits obstacles de ce genre permet non seulement de freiner, mais aussi de filtrer, et par la même occasion de ralentir l’eau qui s’écoule le long des pentes de la vallée de la Hem, ce qui peut provoquer par exemple l’apparition de ravins en aval.

Agnès Kaczowka

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