Entreprise
Début de parcours prometteur pour Betaseed France
À Béthune, une société part à la conquête du marché de la semence betteravière.
10 août 2006 Paul Froissart Vu 1580 fois
Le centre d'affaires de l'horlogerie, à Béthune, compte un nouvel occupant depuis un peu plus d'un an : la société Betaseed France. La société mère, leader sur le marché américain de la semence de betterave à sucre (plus de 50 % de part de marché), est née il y a 35 ans à Shakopee, dans le Minnesota, la grande région betteravière des Etats-Unis. Elle est présente en France depuis 14 ans mais via un distributeur, la société Momont, implantée dans le Nord, à Mons-en-Pévèle. En 1995, elle a décidé de distribuer elle même ses produits pour être plus proche de ses clients et de l'ensemble de la filière.

À droite, M. Rose, directeur commercial, et M. Chavron, responsable commercial région Nord et responsable développement. - ©
Une position stratégique
Voilà comment l'équipe de cinq personnes s'est constituée à Béthune, «
choisie pour sa position stratégique tant en Europe qu'au milieu du
bassin français de production de betteraves », déclare Benoît Rose, le
directeur commercial, qui a passé quelques années au sein de la CGB. Il
faut croire que le choix n'est pas mauvais puisque, pour les semis
2006, les ventes de semences betteravières de Betaseed ont augmenté de
30 %, que la qualité des services et des produits a été reconnue avec
un premier parcours sans faute. Il faut dire que deux variétés
remportent un succès certain : Odetta et Alabama, auprès tant des
sucreries que des syndicats betteraviers. Le groupe Téréos, notamment,
les recommande à ses planteurs parmi les 20 variétés de son catalogue.
Betaseed est, depuis les années 90, filiale à 100 % de la grande
société allemande KWS. Si chacune garde sa spécificité et son identité,
les moyens en recherche sont mis en commun. C'est ainsi que pour les
semis 2007, un nouveau process de travail des semences appelé EPD
(Early Plant Development) a été mis au point. Ce process favorise la
vitesse de levée de la betterave, la croissance des jeunes plantules et
l'homogénéité des plantes. Une nouvelle variété est née de cette
technologie : « Carissima ». Et aussi bien Benoît Rose que Sébastien
Chaveron, le responsable développement de Betaseed France, sont
particulièrement fiers que parmi les essais de l'Institut technique
betteravier (ITB), Carissima soit sortie première.
Des variétés multi-tolérantes
Pour l'avenir, cette année verra l'arrivée en pré-inscription de
nouvelles variétés à double tolérance : contre les nématodes et contre
la rhizomanie. Les premiers essais ITB auront lieu en 2007 et les
premiers semis pourront se faire en 2008. Quand on sait que douze ans
sont nécessaires à la création d'une nouvelle variété, on comprend la
force que représente pour une société comme Betaseed la capacité
d'investir chaque année 15 % de son chiffre d'affaires dans la
recherche. Des variétés multi-tolérantes sont d'ores et déjà à l'étude
aux Etats-Unis. Ces recherches sur la génétique sont d'autant plus
importantes que l'industrie phyto-sanitaire considère que les surfaces
betteravières dans le monde ne sont pas assez importantes pour y
consacrer des budgets recherche très importants.
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