Le Syndicat Agricole 18 août 2016 à 12h00 | Par Le Syndicat Agricole

Ils bichonnent leurs moiss'batt cross... avant d'en découdre !

Les JA Pays du Montreuillois présenteront deux moiss'batt cross et six pilotes pour l'épreuve de Terre en folie 2016.

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Maxime et Guillaume Watel, Damien Mariette et Jean Broutier, jeunes agriculteurs du Pays du Montreuillois et pilotes de moiss'batt cross attendent Terre en folie avec impatience. © DR Le montage de l'arceau de sécurité au niveau du poste de pilotage. © DR

Boulons de toutes tailles, barres d'acier biscornues et odeur d'huile de moteur omniprésente... Dans un bric-à-brac d'outils et de tôles, d'étranges machines prennent forme au coeur de l'atelier des Jeunes agriculteurs du Pays du Montreuillois à Beaurainville dans le Pas-de-Calais. À l'occasion de Terre en folie 2016, qui aura lieu à quelques kilomètres de là, le canton s'est fortement mobilisé pour participer à la fameuse course de vieilles moissonneuses-batteuses. Les JA y débarquent en force en présentant six pilotes. Leurs carrosses ? Deux moiss'batt cross prêtes à rugir sur le circuit de Réty. Le fruit d'un travail de longue haleine mais de passionnés avant tout.

Un chantier qui « dynamise le groupe »
Tout démarre au mois de mai dernier lorsque les JA du Montreuillois décident d'investir dans une nouvelle (mais très ancienne) moissonneuse pour participer à l'épreuve : une Clayson 103 authentique et presque entièrement à restaurer. « Le canton possédait déjà une machine du même type depuis une dizaine d'années, explique Maxime Watel, jeune installé à Attin (62) et coprésident du canton. Nous avons donc entrepris de remettre en marche les deux batteuses en même temps ». Depuis quatre mois, l'assemblage du bolide de compétition motive les troupes. « Nous nous réunissons deux à trois soirs par semaine pour avancer sur la construction, parfois jusqu'à 1 h du matin, détaille Jean Broutier, salarié agricole. Le chantier dynamise le groupe, les échanges et l'entraide, et permet aussi d'accroître nos connaissances en mécanique ». Il faut dire que les transformations à effectuer ne manquent pas : la partie moteur a été descendue vers le bas de la machine et entièrement réparée, le variateur a été enlevé et le châssis renforcé.

Une course folle en toute sécurité
À l'extérieur de la moiss'batt cross, les diviseurs, les releveurs, les chasse-pierres, la barre de coupe, la goulotte, les griffes des rabatteurs et tout organe qui pourrait dépasser et s'avérer dangereux lors de la course est à supprimer. « La machine doit tout de même garder l'apparence de la moissonneuse d'origine », précise Guillaume Watel, le frère de Maxime. La protection du pilote est une priorité. Ainsi, la batterie doit être suffisamment éloignée du poste de pilotage, protégée des collisions et attachée. De même, la commande d'accélérateur, à main ou à pied, doit revenir automatiquement à 0 par un système de ressort. La commande d'arrêt sera, elle, signalée par une marque à la peinture visible et accessible facilement. « Dans la cabine, un arceau et un harnais de sécurité (à décrochage unique, type automobile) sont obligatoires, poursuit Damien Mariette, pilote et jeune agriculteur à Campagne-lès-­Hesdin. Un membre des JA Nord-Pas de Calais est venu spécialement pour contrôler les équipements requis avant la course ». La commission technique effectuera une nouvelle visite de sécurité le jour de la compétition. En outre, des tests sur terrain plat pour vérifier l'état des freins et des arceaux de chaque machine seront pratiqués.

Une équipe soutenue dans les stands comme autour du circuit
Paroles de JA, le moiss'batt cross est d'abord « une course amicale, plus folklorique que sportive ». « Des points sont attribués en fonction du classement de chaque machine, mais ce sont surtout l'esthétique de la moissonneuse et le spectacle qui sont jugés », souligne Maxime Watel. Si le nom qu'ils donneront à leur vieille batteuse reste secret à ce jour, l'une sera peinte en orange et l'autre en gris. « Il s'agit des deux couleurs du canton, rappelle Guillaume Watel. Nous serons soutenus par beaucoup d'agriculteurs de notre secteur, aussi bien dans les stands qu'autour du circuit ». Afin de pouvoir alterner sur la piste, trois chauffeurs sont indispensables par véhicule. Le départ est un départ arrêté. Les manches durent environ 10 minutes et la finale 15 minutes. Des critères que les pilotes d'un jour doivent prendre en compte pour définir des stratégies. « Une bonne gestion des virages et de la relance de la moiss'batt en fin de courbe sera primordiale pour aller au bout de la course », assure Jean Broutier. À condition de ne pas être percuté auparavant... Une dizaine de moissonneuses-­batteuses, dignes représentantes des différents cantons, s'affronteront lors de Terre en folie, le 26 août prochain. De quoi faire vibrer la terre des Deux Caps.

Simon Playoult

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